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Avenir des RASED

13e législature

Question écrite n° 23610 de M. Michel Savin (Isère - UMP)

publiée dans le JO Sénat du 31/05/2012 - page 1314

M. Michel Savin attire l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale sur la disparition des aides spécialisées à l'école qui conduit les parents à se tourner vers le secteur privé ou à espérer qu'une place se libère dans un centre médico-psychologique, dépendant de l'hôpital, pour qu'une aide soit apportée à leur enfant.
La compétence des réseaux d'aides spécialisées aux élèves en difficulté (RASED) et leur efficacité dans l'accompagnement des élèves en difficulté n'est plus à démontrer. Leur mission d'intérêt général est d'ailleurs reconnue par tous. Un rapport parlementaire est venu confirmer cette réalité. Les dispositifs RASED, constitués d'enseignants spécialisés et de psychologues, sont indispensables dans le traitement de la difficulté scolaire. Alors que les moyens des RASED ont toujours été insuffisants pour couvrir les besoins et que les statistiques sur les enfants en difficulté laissent apparaître une situation de plus en plus difficile, des milliers de postes ont été supprimés ou vont l'être.
Il lui demande, en conséquence, quelle solution peut être proposée afin de venir en aide aux familles.



Réponse du Ministère de l'éducation nationale

publiée dans le JO Sénat du 11/10/2012 - page 2237

Le Gouvernement précédent a, au cours des cinq dernières années, supprimé plus de 77 000 postes dans l'éducation nationale, dont 14 000 suppressions avaient été programmées pour cette rentrée. L'école française s'en trouve dans une situation particulièrement dégradée. Une des conséquences les plus graves de cette politique réside dans la mise à mal des Réseaux d'aide spécialisée aux élèves en difficulté (RASED), essentiels pour aider les élèves les plus fragiles. Le Président de la République a souhaité faire de la jeunesse le cœur de sa stratégie pour le redressement de la France. Il a fixé au ministère de l'éducation nationale un objectif : faire réussir tous les élèves. La lutte contre la difficulté scolaire doit donc redevenir une priorité. Il s'est engagé à refonder le système scolaire et à recréer sur cinq ans 60 000 postes d'enseignants et de personnels éducatifs, médico-sociaux, administratifs et techniques qui sont indispensables à la bonne marche des établissements scolaires. Aussi, au regard de l'urgence, le Gouvernement a-t-il décidé de faire tout son possible et d'attribuer dans des délais très courts des moyens nouveaux. 1 000 professeurs des écoles ont été recrutés parmi le vivier des candidats admissibles aux concours de l'enseignement, garantissant ainsi la valeur professionnelle de ces enseignants. Les postes nouveaux ont été répartis dans les académies par les rectorats, dans le souci de l'intérêt général, selon une méthode transparente et juste reposant sur des critères objectifs : le niveau d'encadrement et la variation attendue des effectifs d'élèves, la difficulté sociale et scolaire et, enfin, la ruralité. Une partie de cette dotation supplémentaire est venue renforcer les RASED dans les écoles qui en ont le plus besoin. Toutefois, pour réussir cette belle mission de refondation de l'école de la République, pour participer au redressement du pays et préparer son avenir, le ministère de l'éducation nationale aura besoin de temps et de tous : des professeurs, des personnels, des parents, des associations, mais également des élus qui, sur le terrain ou dans leurs assemblées, agissent, proposent, innovent au service des enfants. Il faut un contrat nouveau entre l'école et la Nation dans son ensemble. C'est le sens même de la concertation nationale qui a été lancée le 5 juillet dernier en Sorbonne à Paris. Cet exercice d'intelligence collective et de démocratie est déjà, à ce jour, un réel succès. L'affluence et la participation sont fortes, les travaux au sein des ateliers riches et les débats de grande qualité. Après l'état des lieux, s'ouvre désormais la phase d'échanges sur les orientations qui devront nourrir le rapport, remis au début du mois d'octobre, et la loi présentée au Parlement d'ici la fin de l'année 2012.