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Situation de la pédiatrie de ville

14e législature

Question écrite n° 00426 de Mme Esther Sittler (Bas-Rhin - UMP)

publiée dans le JO Sénat du 12/07/2012 - page 1517

Mme Esther Sittler attire l'attention de Mme la ministre des affaires sociales et de la santé sur la situation de la pédiatrie de ville.
Avec deux enfants en moyenne par femme, la France affiche aujourd'hui le taux de natalité le plus élevé d'Europe. Or, notre pays ne compte qu'un pédiatre pour 5 300 enfants, soit trois fois moins que la moyenne européenne et 8 fois moins qu'en Italie.
La France ne forme en effet pas assez de pédiatres (limitation à 200 par an) et de nombreux départs à la retraite sont attendus au cours des dix prochaines années. Les médecins généralistes sont déjà débordés et ne peuvent faire face aux besoins. La médecine infantile est, en outre, complexe : le suivi de l'enfant en croissance, de sa naissance à son adolescence, réclame des compétences spécifiques et une attention particulière que seul le pédiatre possède grâce à sa formation, son regard, son expertise et ses réflexes de spécialiste.
Elle lui demande par conséquent quelles mesures elle entend prendre afin de pérenniser et redynamiser la pédiatrie ambulatoire.



Réponse du Ministère des affaires sociales et de la santé

publiée dans le JO Sénat du 11/04/2013 - page 1152

La démographie des professions de santé se caractérise par une féminisation accrue, notamment en pédiatrie où les femmes représentent 64 % des médecins en exercice, et un vieillissement des effectifs. La pédiatrie libérale est un exercice vers lequel les nouveaux diplômés se tournent de façon minoritaire. Un pilotage démographique renforcé des professionnels de santé est donc nécessaire et le Gouvernement s'est fixé pour objectif d'adapter les ressources humaines en santé aux besoins croissants de prise en charge de la population et aux évolutions de l'offre de soins. Ainsi, le Gouvernement a recours d'une part au numerus clausus encadrant le passage en deuxième année des études de médecine. Celui-ci a en effet progressivement été augmenté depuis 2000, passant de 3 850 en 2000 à 7 500 en 2012. D'autre part il a instauré un dispositif de filiarisation du 3e cycle des études de médecine au travers des quotas de postes offerts à l'issue des épreuves classantes nationales (ECN) par spécialité et subdivision territoriale pour une période de cinq ans. Ces quotas sont établis en fonction des besoins de soins et à partir des propositions des agences régionales de santé (ARS) examinées par l'Observatoire national de la démographie des professions de santé (ONDPS). Ainsi le nombre de postes offerts à l'issue des ECN en pédiatrie a ainsi été porté de 148 en 1999 à 302 postes en 2012 avec pour objectif d'ouvrir 306 postes en 2016. Enfin, les stages des internes au sein de structures ambulatoires sont développés afin de les sensibiliser à ce type d'exercice. Ces évolutions devraient garantir durablement la présence de praticiens formés et se consacrant à la santé des enfants sur l'ensemble du territoire. En outre, conscient de l'inquiétude des pédiatres, le Gouvernement a décidé d'organiser en 2012, sous l'égide de l'ONDPS, une large consultation de l'ensemble des acteurs en charge de l'offre de soins en ville portant sur les perspectives d'évolution et d'articulation des métiers autour de la prise en charge sanitaire des enfants. Ces moments d'échange réunissent notamment les pédiatres, les médecins généralistes, les sages-femmes, les puéricultrices et les auxiliaires de puériculture. Ils permettront de poursuivre les actions du Gouvernement en faveur du développement des soins de proximité. Par ailleurs, l'élargissement de la Commission nationale de la naissance aux problématiques de soins des enfants, par la création par le décret du 13 mars 2011 de la Commission nationale de la naissance et de la santé de l'enfant (CNNSE), contribue à mieux définir les modalités de prise en charge des enfants sur des thématiques particulières transversales à l'hôpital et à la médecine de ville. Dans ce cadre, des travaux sont actuellement menés sur le parcours de soins des enfants atteints de troubles du langage et des apprentissages ainsi que sur le parcours de soins des enfants atteints de pathologies chroniques.