Allez au contenu, Allez à la navigation

Utilisation des plates-formes numériques dans les écoles

14e législature

Question écrite n° 00852 de M. Michel Le Scouarnec (Morbihan - CRC)

publiée dans le JO Sénat du 19/07/2012 - page 1631

M. Michel Le Scouarnec attire l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale sur l'utilisation de plates-formes numériques éducatives dans les établissements scolaires. En effet, certains établissements auraient adopté la plate-forme « it's learning », déjà largement utilisée par 800 000 élèves norvégiens. Avec un taux d'équipement parmi les plus élevés en Europe, plus de 24 ordinateurs pour 100 élèves, la Norvège se félicite de l'amélioration de 30 % des notes de ces élèves de 5ème utilisant un tel logiciel, selon une étude de l'université d'Oslo parue en janvier 2010.
Or la même étude révèle « qu'un usage trop intensif de l'ordinateur, au-delà de trois heures par semaine en moyenne, n'améliore pas le niveau scolaire ». Alors que de nombreuses restrictions budgétaires ont été annoncées dans l'éducation nationale et que le manque de professeurs est souvent dénoncé, l'utilisation de plates-formes numériques éducatives ne doit pas devenir une généralité au détriment d'un apprentissage collectif et humain au sein d'une classe. Ces plates-formes ne doivent pas être non plus envisagées comme un moyen de substitution à l'emploi ou au remplacement du personnel enseignant. Même si le système éducatif français doit tout mettre en œuvre pour assurer la réussite des élèves, il lui rappelle que l'étude précédemment citée démontre aussi l'implication d'autres facteurs dans l'amélioration du niveau scolaire, comme le niveau d'études des parents ou leur implication dans le suivi du travail scolaire de leurs enfants.
C'est pourquoi il lui demande quel bilan il tire des premières expérimentations et quelles précautions il compte prendre pour encadrer l'utilisation de plates-formes numériques d'apprentissage dans les établissements scolaires afin d'offrir aux élèves un enseignement de qualité dispensé par des professionnels formés et compétents.



Réponse du Ministère de l'éducation nationale

publiée dans le JO Sénat du 10/01/2013 - page 74

Depuis 2003, le ministère chargé de l'éducation nationale s'est engagé dans un programme de déploiement d'espaces numériques de travail (ENT). Ces espaces constituent des cadres de confiance pour les élèves et les enseignants, au sein desquels ils disposent, entre autres de services de communication et de publication, de services de stockage et d'échanges de documents. Ils peuvent aussi accéder simplement et facilement à un ensemble de ressources numériques. Ces espaces constituent des ensembles d'outils et de ressources à destination de la communauté éducative, utilisés par les enseignants dans leurs pratiques pédagogiques quotidiennes. Chaque projet de mise en place d'un ENT est local, porté par les acteurs concernés au sein des académies, des collectivités et des établissements. Au-delà du volet technique de ces projets, le ministère reste très attentif à l'accompagnement et à la formation des enseignants et travaille sur les usages pédagogiques en animant un réseau d'acteurs académiques, en promouvant des usages novateurs ou particulièrement pertinents, et en aidant les enseignants à s'approprier les technologies mises à leur disposition. En particulier, l'effort de formation des enseignants au numérique, qui est une priorité, fait partie des mesures du plan pour le développement des usages du numérique à l'école et d'un travail régulier avec les académies. Les plates-formes numériques permettent des usages pédagogiques en classe et dans la continuité de la classe sous la conduite d'un enseignant. Elles ne sont pas des plates-formes d'apprentissage individuel même si de plus en plus de plates-formes de e-learning sont proposées aux enseignants par les ENT. Dans ce cas, comme pour le cahier de textes numérique qui se substitue au cahier de textes papier, l'objectif pédagogique est de favoriser la personnalisation des apprentissages en adapatant les exercices et les travaux demandés aux besoins et à la diversité des élèves. Afin d'apprécier les usages des ENT, le ministère conduit plusieurs enquêtes. De plus, il propose et met à la disposition des académies et des collectivités un dispositif d'évaluation des usages à travers les ENT. Il a lancé en 2006 l'enquête nationale sur les technologies de d'information et de la communication (ETIC) destinée à fournir des indicateurs sur le numérique dans les établissements. Pour compléter cette étude, il a également lancé en 2011 l'enquête PROFETIC afin de connaître les pratiques numériques des enseignants. Il ressort de ces enquêtes que la très grande majorité des enseignants (90 %) demeurent convaincus de l'intérêt du numérique pour diversifier les pratiques, préparer les cours et les rendre plus attractifs. Près des deux tiers estiment par ailleurs que l'utilisation des TIC est insuffisamment développée dans leur établissement. Enfin, si les enseignants manifestent quelques réserves, elles portent essentiellement sur l'insuffisance de l'équipement informatique.