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Interdiction de l'utilisation des vaccins contre le papillomavirus

14e législature

Question écrite n° 01856 de M. François-Noël Buffet (Rhône - UMP)

publiée dans le JO Sénat du 13/09/2012 - page 1963

M. François-Noël Buffet attire l'attention de Mme la ministre des affaires sociales et de la santé sur les préoccupations que suscitent l'utilisation du vaccin contre les papillomavirus (HPV) et sa recommandation dans le calendrier vaccinal.

L'association Liberté Information Santé s'interroge sur les effets à long terme des vaccins Gardasil et Cervarix actuellement sur le marché.

Les rapports de pharmacovigilance font état de très nombreux effets indésirables tant en France qu'à l'étranger, ce qui a amené le ministère de la santé en janvier 2011 à faire figurer ces deux vaccins dans la liste des médicaments particulièrement surveillés.

L'association souhaite que ces vaccins soient retirés du calendrier vaccinal, que leur commercialisation soit interrompue et que toute publicité soit interdite.

Par conséquent, il lui demande quelles mesures compte prendre le Gouvernement concernant ce dossier de santé publique.



Réponse du Ministère des affaires sociales et de la santé

publiée dans le JO Sénat du 29/11/2012 - page 2735

L'infection à papillomavirus est très fréquente : c'est l'une des trois principales infections sexuellement transmissibles en population générale et il s'agit de la première infection sexuellement transmissible virale. Les papillomavirus sont impliqués dans la survenue de lésions cancéreuses en particulier du col de l'utérus. Une douzaine de papillomavirus différents peuvent être à l'origine de cancers du col utérin ; les types 16 et 18 sont les plus fréquents des papillomavirus à haut risque oncogène et sont estimés responsables d'environ 73 % des cancers du col de l'utérus. Les vaccins actuellement disponibles (Gardasil® et Cervarix®) protègent contre ces deux principaux types. L'efficacité des vaccins contre les papillomavirus sur le cancer invasif du col de l'utérus ne peut pas actuellement être démontrée puisqu'il existe un délai moyen de 15 ans entre l'infection HPV et la survenue de cancer. En revanche, leur efficacité a été démontrée, de manière indirecte, pour la prévention des lésions cervicales précancéreuses de haut grade qui sont en diminution. Ces vaccins, comme pour tout nouveau vaccin mis sur le marché, font l'objet de plans de gestion des risques instaurés au niveau européen et national. Ces plans s'inscrivent dans la surveillance de ces vaccins par des études de suivi post commercialisation et l'analyse des données issues des systèmes de pharmacovigilance. Environ 4 millions de doses de vaccins ont à ce jour été administrées en France (plus de 65 millions dans le monde) et les données de pharmacovigilance ne rapportent pas de signal inquiétant après vaccination. La stratégie de prévention globale du cancer du col de l'utérus s'appuie sur le dépistage par frottis cervico-utérin (FCU) et sur la vaccination, comme souligné dans les avis rendus par les instances scientifiques, le Haut Conseil de la santé publique et la Haute Autorité de santé. À ce jour, sur la base de l'ensemble des données disponibles, le rapport bénéfices / risques de ce vaccin est favorable. Par ailleurs, la vaccination contre les papillomavirus a été introduite dans les calendriers de vaccination nationaux de 18 pays européens. Les États-Unis, l'Australie et le Canada ont aussi introduit cette vaccination dans leurs calendriers.