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Grand Paris

14e législature

Question d'actualité au gouvernement n° 0072G de Mme Sophie Primas (Yvelines - UMP)

publiée dans le JO Sénat du 07/12/2012 - page 5767

Mme Sophie Primas. Ma question s'adresse à M. le ministre délégué chargé de la ville.

Monsieur le ministre, le 2 septembre dernier, il a été confié à M. Pascal Auzannet une mission visant à fixer les priorités concernant les équipements de transport du Grand Paris.

La présentation du rapport a été différée, et le Gouvernement fait preuve d'un étonnant mutisme sur le sujet. Même si, parfois, l'attente suscite le désir, il génère, en l'occurrence, une véritable angoisse, partagée par de nombreux élus locaux, quelles que soient leurs tendances politiques.

Ce sentiment est naturellement alimenté par le choix du Gouvernement de renoncer à inscrire dans la loi de programmation budgétaire le milliard d'euros nécessaire à la poursuite de ce projet, par la suppression du Commissariat général pour le développement de la vallée de la Seine, présidé par M. Antoine Rufenacht, par le gel des grands travaux engagés – je citerai, à titre d'exemple, le canal Seine-Nord ou le port d'Achères – et par les nombreux questionnements sur l'avenir des lignes de métro et de RER du Grand Paris des transports.

Aussi mon interrogation portera-t-elle particulièrement sur l'une de ces infrastructures, le RER E, dit Eole, et son prolongement à l'ouest jusqu'à Mantes-la-Jolie, que certaines hypothèses remettraient en cause. Une telle décision, monsieur le ministre, serait dramatique, et je pèse mes mots, pour le développement du territoire Seine-Aval décrété « opération d'intérêt national ».

M. Gérard Larcher. Absolument !

Mme Sophie Primas. Tous les élus de ce territoire se sont engagés avec volontarisme dans la construction de logements, 2 500 par an. Ils ne pourront pas défendre ces projets d'urbanisation si l'État ne tient pas ses engagements et si le projet de RER est abandonné.

Or ce territoire industriel est particulièrement touché par les difficultés des constructeurs automobiles Renault et Peugeot et de l'ensemble des sous-traitants. Il connaît une vive accélération des pertes d'emplois ainsi qu'une dégradation très forte et continue des conditions des transports, véritable frein à l'implantation de nouvelles entreprises. Pourtant, paradoxalement, ces entreprises contribuent, pour une large part, au financement du Grand Paris par la taxe spéciale d'équipement et la taxe sur les bureaux, qui grèvent leur compétitivité et, en contrepartie, ne leur apportent pas d'attractivité.

Dans un tel contexte, monsieur le ministre, ma question est simple : pouvez-vous nous confirmer votre engagement en faveur du prolongement du RER E, dit Eole, qui, vous l'aurez compris, conditionne la construction de plusieurs milliers de logements par an ? Pouvez-vous nous assurer, en particulier, que la phase 1 du projet sera en priorité la ligne Mantes-la-Jolie-La Défense, promesse historique de l'État ?

Cette décision rejoindrait vos propres objectifs en matière de logements et permettrait d'améliorer l'attractivité industrielle et économique de ce territoire du nord des Yvelines, qui en a un besoin vital. (Très bien ! et applaudissements sur les travées de l'UMP.)



Réponse du Ministère chargé de la ville

publiée dans le JO Sénat du 07/12/2012 - page 5768

M. François Lamy, ministre délégué auprès de la ministre de l'égalité des territoires et du logement, chargé de la ville. Madame la sénatrice, le Gouvernement a en effet nommé Pascal Auzannet pour accomplir une mission sur le Grand Paris, sur des options de séquencement de l'ensemble de ce projet, qui tient à cœur au Gouvernement, attaché à ce qu'il soit mené à bien. M. Auzannet va rendre ses conclusions dans quelques jours. Vous n'avez donc plus longtemps à attendre pour que vos désirs soient exaucés.

En ce qui concerne Eole, qui consiste à prolonger le RER E vers l'ouest de Paris, c'est un projet structurant et important. Il participe des enjeux du transport quotidien pour les Parisiens et les autres Franciliens. Outre son intérêt en termes de report modal, il permettra une meilleure desserte des territoires et participera à leur développement économique. Il est, par ailleurs, l'un des éléments clés pour mettre un terme à la saturation de la ligne A du RER, qui assure aujourd'hui la plupart des trajets quotidiens entre l'est et l'ouest de la région parisienne.

Ce projet ambitieux a été amené à évoluer dans le temps et, surtout, dans son évaluation. En effet, lors du débat public en 2010, le coût du projet avait été estimé entre 2,2 milliards et 2,8 milliards d'euros. En 2012, l'enquête publique a été menée sur une base d'études plus précises. Un nouveau chiffrage a été établi à hauteur de 3,7 milliards d'euros.

Vous connaissez les priorités du Gouvernement en termes de déplacements : amélioration des conditions de transport quotidien, réduction de la fracture territoriale et rénovation des réseaux existants. Soyez donc assurée, madame la sénatrice, que le Gouvernement soutient fortement ce projet, partie intégrante du plan de mobilisation de la région Île-de-France. Ses premiers financements sont, d'ailleurs, prévus dans la convention spécifique signée avec le conseil régional.

En lien avec le syndicat des transports d'Île-de-France et la région, le Gouvernement fera donc tout son possible pour que ce projet soit, malgré son coût, mené à bien, car il est l'un des éléments clés de l'amélioration des transports au quotidien en région Île-de-France. (Applaudissements sur les travées du groupe socialiste et du groupe écologiste.)