Question de M. POVINELLI Roland (Bouches-du-Rhône - SOC) publiée le 01/08/2013

M. Roland Povinelli attire l'attention de Mme la ministre des affaires sociales et de la santé sur le risque pandémique que constitue la grippe H7N9.
Deux études chinoises laissent penser que le danger d'une épidémie mondiale viendrait de la grippe aviaire H7N9 dont le risque de transmission d'homme à homme est très élevé.
Il semble y avoir une différence très importante entre les virus présents chez les hommes et ceux chez les animaux. Transposés sur des souris, les premiers ont conduit à une pathologie chez les animaux de laboratoire alors que le virus initial, collecté dans les élevages, semble être inoffensif pour les autres animaux. La mutation du virus aurait donc accru sont risque de transmission.
L'inquiétude des chercheurs vient surtout des résultats obtenus lors de la transmission de ce virus de grippe H7N9 chez le furet, l'animal qui contracte le virus de la grippe le plus proche de l'homme. Non seulement la transmission est possible entre homme et furet, mais elle a été constatée entre furet et furet, par simple voie de transpiration.
L'absence de conséquences pathologiques chez les oiseaux, confirmée par les chercheurs, inquiète d'autant plus : le nouveau virus H7N9 pourrait se développer chez les oiseaux sans que l'on s'en rende compte, avant d'être transmis à l'homme. Ce dernier pourrait alors le transmettre à ses semblables.
La seconde étude publiée en Chine confirme les résultats de la précédente mais augmente encore les préoccupations. Publiée dans la revue Nature, l'étude a découvert que les récepteurs de la grippe humains sont plus sensibles à cette mutation du virus de la grippe aviaire que les récepteurs de la grippe animaux.
La grippe H7N1 a déjà tué quarante-trois personnes sur les cent trente-deux cas répertoriés, soit un risque de décès d'une personne sur trois. Pour les chercheurs, le risque pandémique est réel.
Il lui demande ce que le Gouvernement entend mettre en œuvre pour prévenir tout risque pandémique en France.

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Réponse du Ministère des affaires sociales et de la santé publiée le 19/12/2013

L'épidémie de grippe à virus A (H7N9) reste à ce jour limitée à plusieurs provinces chinoises contiguës. Un cas a été observé à Taiwan ; il s'agit d'un cas importé, pour lequel l'infection a été contractée dans une des provinces atteintes. Aucun cas n'a été observé en territoire français. Le nombre de cas déclarés a notablement chuté depuis avril mais une résurgence est possiblement attendue. Si la sévérité et la létalité importante des cas diagnostiqués sont inquiétantes, le risque de transmission interhumaine est néanmoins très faible à ce jour. Des investigations menées sur un cluster familial sont en faveur d'une contamination intrafamiliale, mais les tests réalisés chez les nombreux autres contacts se sont tous avérés négatifs. Il n'existe donc toujours pas de transmission interhumaine soutenue démontrée. La plupart des cas surviennent de manière sporadique sans lien entre eux. Il est vrai que les virologues ont par ailleurs relevé des caractéristiques génétiques d'adaptation à l'homme et donc un potentiel pandémique. La menace est donc sérieuse même en l'absence actuelle de transmission interhumaine actuelle soutenue. Le ministère des affaires sociales et de la santé est en lien avec les instances sanitaires européennes et mondiales. Il suit de près les évolutions épidémiologiques ainsi que les investigations internationales entreprises pour l'identification précise des sources et des modes de contamination. Le centre national de référence de la grippe est en mesure d'assurer le diagnostic biologique ainsi que le transfert dans les régions de la technologie de diagnostic. Les mesures de contrôle de la transmission reposent sur une identification précoce des cas et des mesures d'hygiène et d'isolement. Le virus est par ailleurs sensible aux antiviraux inhibiteurs de la neuraminidase, offrant la possibilité d'un traitement étiologique. Des indications ont été transmises dans ce sens aux professionnels de santé et aux agences régionales de santé en vue de les préparer à la gestion d'un éventuel cas importé en territoire français. Des conseils sont délivrés aux voyageurs en provenance ou à destination de la Chine (hygiène des mains, évitement des contacts avec les animaux). Aucune restriction de voyage ni mise en place de contrôles aux points d'entrée sur le territoire national ne sont justifiées à ce jour selon l'organisation mondiale de la santé (OMS). Ces mesures seront adaptées en fonction de l'évolution des connaissances et de l'épidémiologie.

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