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Fermeture programmée des centres d'information et d'orientation

15e législature

Question écrite n° 04965 de Mme Laurence Cohen (Val-de-Marne - CRCE)

publiée dans le JO Sénat du 17/05/2018 - page 2328

Mme Laurence Cohen interroge Mme la ministre du travail sur la suppression annoncée des 390 centres d'information et d'orientation (CIO) de France.

En effet, dans le cadre du projet de loi (AN, n° 904, XVe leg) pour la liberté de choisir son avenir professionnel, le Gouvernement envisage le recentrage sur les établissements scolaires des missions confiées aux psychologues de l'éducation nationale spécialité éducation, développement et conseil en orientation. Leur travail d'accueil et d'accompagnement au sein des CIO sera donc ainsi supprimé.
Cette mesure est une remise en cause du rôle même des CIO et des personnels, qui permettent de faire des liens avec des partenaires extérieurs à l'éducation nationale, qui accueillent tous types d'élèves (exclus, décrocheurs, phobiques scolaires) et ce, dans un lieu neutre.

Cette disparition risque d'entraîner l'ouverture d'officines privées et de substituer à un service public gratuit de proximité, un service payant, renforçant encore davantage les inégalités d'accès à l'information.
Le projet de loi prévoit également de transférer les directions régionales de l'office national d'information sur les enseignements et les professions (ONISEP) aux régions, ce qui laisse craindre, là aussi, un renforcement des inégalités d'une région à l'autre, en matière d'accès à l'information.
Aussi, elle lui demande si elle entend les inquiétudes exprimées et si elle entend revenir sur ces projets afin que l'État continue à assumer la responsabilité qui est la sienne, d'un maintien d'un service public gratuit de proximité, d'accueil et d'orientation, au travers les 390 CIO répartis sur le territoire national.



Transmise au Ministère de l'éducation nationale



Réponse du Ministère de l'éducation nationale

publiée dans le JO Sénat du 09/08/2018 - page 4165

En France l'orientation ne fonctionne pas de façon satisfaisante. Face à ce constat largement partagé, le gouvernement entend apporter des réponses mieux adaptées aux besoins spécifiques de chaque élève tout au long de la scolarité. Cela se traduit par une nouvelle conception de l'orientation et par un nouveau partage de compétences entre l'Etat et les régions pour une meilleure éducation à l'orientation dès le collège. C'est un des objectifs du projet de loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel. Ce projet de loi prévoit que les régions, qui sont au contact du tissu économique et des opportunités de l'avenir, auront clairement en charge l'information sur les métiers et les formations. Les établissements scolaires seront le lieu du processus de l'orientation au plus près des aspirations et des besoins des élèves (information, conseil, accompagnement, vœux). L'Etat conservera naturellement l'affectation des élèves. Afin de permettre aux régions d'exercer pleinement leur mission d'information des élèves et des étudiants, le projet de loi prévoit notamment de renforcer leur implication dans la production et la diffusion de l'information à l'attention des publics scolaires et universitaires portant sur les métiers et les formations : - en transférant aux régions les missions actuellement exercées par les délégations régionales de l'ONISEP (DRONISEP) en matière de diffusion régionale de la documentation et d'élaboration des publications à portée régionale ; - en instaurant expressément un lien entre l'opérateur national ONISEP et les régions en matière de diffusion de la documentation. Les dispositions du projet de loi ne remettent pas en cause l'existence de l'ONISEP qui continuera ainsi à assurer ses deux missions essentielles au niveau national : - la production de bases documentaires nationales des formations diplômantes et certifiantes ; - la production éditoriale de ressources pédagogiques d'orientation scolaire, d'information sur les parcours de formation et sur les métiers. Par ailleurs, afin de garantir une unité dans le service public offert aux usagers sur tous les territoires, une réflexion est en cours concernant la définition d'un cadre national d'actions pédagogiques en faveur de l'information et l'orientation des élèves. Ce cadre pourrait être établi conjointement entre l'Etat et les régions par l'intermédiaire de l'association Régions de France. Cet accord se substituerait à celui conclu à la suite du vote de la loi n°  2014-288 du 5 mars 2014 relative à la formation professionnelle, à l'emploi et à la démocratie sociale. Ce nouvel accord permettrait de garantir la diffusion d'une information exhaustive et objective, non limitée aux offres de formation ou aux bassins d'emploi du seul territoire régional, tout en restant adaptée à la diversité des territoires et aux différents publics collégiens, lycéens ou étudiants. Dans ce contexte, l'objectif est que l'État concentre son action dans les établissements scolaires pour renforcer l'accompagnement de proximité des élèves et des équipes pédagogiques, et parvenir à un maillage territorial plus fin. C'est pourquoi les professeurs et les psychologues de l'éducation nationale (PsyEN) ont vocation à voir leur rôle renforcé en matière d'accompagnement des élèves dans leurs choix d'orientation. En marge du processus d'élaboration de la loi, compte tenu du transfert de l'information sur les formations et les métiers aux régions et d'un investissement plus important attendu des personnels dans les établissements scolaires, une évolution du maillage territorial des CIO est envisagée. Tout en respectant l'obligation légale (art. L. 313-4 du code de l'éducation) de maintenir au moins un centre public d'orientation dans chaque département, une réflexion autour de l'évolution de la carte des CIO doit être menée avec les régions. Cette réflexion prendra en compte les besoins des différents publics.