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Port du masque lors des accouchements

15e législature

Question écrite n° 18203 de Mme Laurence Cohen (Val-de-Marne - CRCE)

publiée dans le JO Sénat du 15/10/2020 - page 4674

Mme Laurence Cohen interroge M. le ministre des solidarités et de la santé sur le port du masque lors des accouchements dans le contexte pandémique de Covid-19. Le conseil national des gynécologues obstétriciens a rendu un avis le 30 septembre 2020 dans lequel il recommande le port du masque, sans pour autant l'imposer.
Cette recommandation, suivie par une majorité de maternités, inquiète de nombreuses femmes, associations, et des professionnels de santé, qui jugent cette pratique inhumaine et violente, rendant encore plus difficiles les conditions de l'accouchement (période de travail qui peut durer de nombreuses heures et efforts expulsifs).
L'impact du port du masque pendant l'accouchement est réel et peut provoquer des traumatismes et des complications, comme le prouvent de nombreux témoignages récents recueillis par le collectif « stop aux violences obstétricales et gynécologiques ».
Si bien évidemment la protection des soignants, notamment des sages-femmes, doit être une priorité, elle lui demande pourquoi ne pas faire plutôt le choix d'équiper ces mêmes soignants de masques FFP2 et de lunettes de protection afin d'éviter tout risque de contagion.
Cet équipement maximal permettrait ainsi aux parturientes d'accoucher et d'accueillir leur nouveau-né dans les premiers instants sans masque.
Aussi, elle lui demande, d'une part, s'il entend prendre en compte la voix de ces femmes dans cette période particulière de leur vie et, d'autre part, s'il entend équiper toutes les équipes soignantes des maternités du matériel de protection nécessaire à assurer leur sécurité et à garantir aux patientes un accouchement le plus « normal » possible dans ce contexte anxiogène.
Enfin, elle lui demande s'il entend définir un protocole national commun à toutes les maternités pour bannir le masque lors de l'accouchement et le travail mais également pour permettre la présence du conjoint ou de la conjointe à la maternité, même en période de Covid 19.
Elle rappelle que certains pays, eux, ne recommandent pas le port du masque pendant l'accouchement afin de mieux tenir compte de l'intérêt des femmes et des nouveau-nés.



Réponse du Ministère des solidarités et de la santé

publiée dans le JO Sénat du 03/12/2020 - page 5740

La circulation active du virus sur le territoire national est associée à une augmentation du nombre de porteurs symptomatiques et asymptomatiques. Dans ce contexte, le Haut conseil de la santé Publique (HCSP) a émis des recommandations concernant les mesures de prévention de la transmission du SARS-CoV2 durant l'accouchement en période de forte circulation virale. Dans son avis du 12 novembre 2020, qui prend notamment en compte la position du Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) ainsi qu'une synthèse des recommandations internationales, le HCSP a établi que lors de l'accouchement, et notamment lors de la phase d'expulsion, le risque d'émission d'aérosols n'est pas clairement tranché par la littérature scientifique et ne fait pas consensus. Il reste néanmoins possible. Aussi, en période de forte circulation virale, le HCSP considère, par précaution, que lors des efforts expulsifs avec hyperventilation, un double masquage avec le port d'un masque à usage médical (par le (s) professionnel (s) et la femme qui accouche, présentant ou non des symptômes du Covid-19) est recommandé. Cependant, sur la base des témoignages de femmes recueillis, il apparaît que le port du masque pendant l'accouchement peut être vécu différemment voire mal toléré par la femme enceinte. C'est pourquoi le HCSP recommande que le port du masque par la femme qui accouche ne doit pas être rendu obligatoire et doit tenir compte du souhait de la femme enceinte et de sa tolérance au port du masque. De plus, il n'est pas recommandé de porter un masque de type FFP2 pour une femme qui accouche. La réalisation d'un test par RT-PCR, RT-LAMP ou encore antigénique est vivement recommandé pour faciliter la connaissance du statut infectieux de la femme parturiente et permettre d'adapter les mesures de protection. Afin que ces recommandations soient mises en œuvre dans les établissements hospitaliers, une instruction ministérielle leur a été adressée dès la réception de cet avis, le 12 novembre 2020.