Question de M. DÉTRAIGNE Yves (Marne - UC) publiée le 09/03/2023

M. Yves Détraigne souhaite appeler l'attention de M. le ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire sur les difficultés que rencontrent les entreprises de la viande française.
Depuis 2016, le cheptel bovin a diminué de 10 %. Concernant le porc, depuis le début de l'année 2023, l'offre a déjà baissé de 6 % avec un cours à un niveau historique en France de 2,40 € le kilo !
Il est essentiel que les pouvoirs publics, aussi bien aux niveaux européen que français, se mettent en ordre de bataille et trouver des solutions pour inverser cette tendance. Les entreprises de la viande et les éleveurs ont déjà contractualisé ensemble mais il faut aller plus loin en ciblant mieux les besoins des marchés et des clients français tout en sécurisant la filière de l'élevage : adapter l'offre à la demande, créer de la valeur à tous les niveaux et s'assurer de la bonne rémunération de l'ensemble des maillons de la chaîne. Il faut également faire preuve de pédagogie auprès des consommateurs, en particulier dans le contexte d'inflation actuel.
Les professionnels s'inquiètent également de la baisse des volumes et des difficultés d'approvisionnement qui ne permettent plus d'optimiser leur appareil de production et qui fragilisent leur modèle économique alors même que les coûts industriels flambent, avec notamment l'augmentation de la facture énergétique prévue pour 2023.
Or, faute de pouvoir faire passer les hausses de tarifs indispensables, ces entreprises qui maillent notre territoire vont disparaitre et déjà plusieurs d'entre elles se déclarent en cessation de paiement. Elles représentent plus de 36 000 emplois partout en France, non délocalisables. Côté éleveurs, faute d'une rémunération attractive, on pourrait assister à la fin de l'élevage français.
Pour compléter ce tableau déjà morose, les importations de viandes augmentent fortement. Pour la viande bovine, il est question de 30 % (+ 22 % par rapport à 2021), et pour la viande de porc, de 25 % sur les pièces et de 15 % sur la charcuterie. La restauration hors domicile - et particulièrement la restauration rapide - se tourne de plus en plus vers les importations, même chez des enseignes qui privilégiaient jusqu'à présent l'offre française. Cette tendance - également observable dans la grande distribution - fragilise encore un peu plus notre souveraineté alimentaire...
Par conséquent, il lui demande quelles actions il compte entreprendre en faveur d'un élevage et d'un coeur de filière fort pour préserver notre souveraineté alimentaire.

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La question a été retirée pour cause de fin de mandat.

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