Question de M. LONGEOT Jean-François (Doubs - UC) publiée le 10/10/2024

M. Jean-François Longeot attire l'attention de Mme la ministre de la santé et de l'accès aux soins sur le traitement du paludisme par une plante issue de la pharmacopée traditionnelle chinoise, l'Artemisia annua. Alors que les médecines « naturelles » ont le vent en poupe, l'emploi de cette plante fait polémique en France. Pourtant, c'est de cette espèce qu'est extraite l'artémisinine, principe actif contenu dans les principaux traitements pour traiter la maladie du paludisme. Alors qu'un débat portant sur l'efficacité de divers produits non pharmaceutiques à base d'Artemisia tels que les infusions ou des produits d'herboristerie agite la communauté scientifique, certains estiment que ces traitements à base de plante auraient un rôle à jouer dans la lutte contre le paludisme notamment dans les zones endémiques et reculées. Cette plante a des atouts non négligeables pour la santé, pourtant elle n'est pas reconnue en France. Aussi, il lui demande de l'informer des données acquises de la science des recommandations données par les scientifiques pour l'utilisation de cette plante et si l'État entend reconnaitre en France cette plante.

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Transmise au Ministère de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées


Réponse du Ministère de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées publiée le 27/08/2026

La plante artemisia annua contient de l'artémisinine, principe actif également présent dans la plupart des traitements utilisés dans le traitement du paludisme. Il est néanmoins important de souligner que les traitements antipaludiques les plus couramment utilisés, s'appuient sur des Combinaisons thérapeutiques à base d'artémisinine (CTA) mais contiennent également d'autres principes actifs nécessaires à la prise en charge thérapeutique de ces cas de paludisme. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) souligne ainsi que les monothérapies, bien que réduisant rapidement le nombre de parasites dans le sang ne permettent pas un maintien de l'efficacité thérapeutique dans le temps et entraînent des taux élevés de recrudescence de la maladie. À l'inverse, les CTA profitent de l'action rapide des dérivés de l'artémisinine, tandis que le médicament partenaire aide à prévenir la recrudescence. L'OMS souligne également que l'utilisation d'artémisinine en monothérapie continue de représenter une menace pour l'artémisinine et ses dérivés par les risques accrus de développement de résistances. De plus, l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) indique que la preuve de son efficacité n'a pas été démontrée et que des patients ayant eu recours à ce traitement ont développé des formes graves de paludisme lors d'un séjour à l'étranger. Plusieurs cas graves ont été rapportés avec des produits nommés Artemisia ou à base d'Artemisia annua et ont nécessité pour deux jeunes patients un transfert en réanimation. L'ANSM conclut donc à une inefficacité de ce traitement et au fait que celui-ci constitue une perte de chance pour les patients. Au regard de l'ensemble de ces éléments, le ministère de la santé n'envisage pas de recommander cette plante comme traitement possible contre le paludisme.

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