Question de M. BELIN Bruno (Vienne - Les Républicains-R) publiée le 15/05/2025

M. Bruno Belin attire l'attention de Mme la ministre déléguée auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargée du commerce, de l'artisanat, des petites et moyennes entreprises et de l'économie sociale et solidaire sur les conséquences de la décision de Mondial Relay de supprimer 3 500 points relais pour se recentrer sur des casiers automatiques.
Cette décision pèse lourdement sur les petits commerces ruraux, dont beaucoup comptaient sur l'activité de relais-colis pour maintenir leur trésorerie. Il représentait également une forme de publicité locale, attirant des clients potentiels dans leurs boutiques.
Au-delà de l'impact direct sur les commerçants partenaires de Mondial Relay, cette mesure pénalise également l'ensemble de la vie économique locale. Dans de nombreux villages, la venue de personnes des communes voisines pour déposer ou retirer un colis bénéficiait à d'autres commerces alentour. C'est donc tout un tissu économique rural déjà fragilisé qui est touché. À l'heure où le commerce en ligne continue de croître, priver les habitants des territoires ruraux d'un accès simple à ces services représente une forme d'exclusion numérique et logistique.
Pour survivre, les commerces ruraux doivent se réinventer en proposant plusieurs services. Parmi eux, la gestion de colis est devenue essentielle : elle génère un revenu complémentaire, attire de nouveaux clients et renforce leur rôle de point de vie local, indispensable dans les zones peu desservies.
Par conséquent, il demande au Gouvernement s'il envisage de mettre en place une stratégie pour soutenir les petits commerçants touchés par cette décision, et plus largement, pour préserver le dynamisme économique des territoires ruraux.

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Transmise au Ministère des petites et moyennes entreprises, du commerce, de l'artisanat, du tourisme et du pouvoir d'achat


Réponse du Ministère des petites et moyennes entreprises, du commerce, de l'artisanat, du tourisme et du pouvoir d'achat publiée le 30/04/2026

Le désengagement récent de Mondial Relay auprès des commerçants proposant un point relais colis, notamment en zone rurale, est un sujet bien identifié par les services de l'administration. L'entreprise a en effet annoncé la fermeture de 3 500 points relais sur leurs 11 000 établissements du territoire. Pour les commerces de proximité en zone rurale, l'activité de point relais constitue un complément de revenu à la fois direct et indirect. Elle permet d'assurer des revenus complémentaires significatifs pour des petits commerces multiservices et de générer du flux en magasin agissant ainsi comme un levier d'acquisition client. Certains commerces indiquent que cette activité peut générer jusqu'à 1000 euros par mois pour une centaine de colis réceptionnés par jour. Toutefois, la rentabilité de cette activité reste conditionnée à l'atteinte d'un volume suffisant. Certains commerçants ont choisi d'y renoncer d'eux-mêmes, l'augmentation de la charge de travail n'étant ni suffisamment rémunérée, ni compensée par une hausse significative du chiffre d'affaires. Dans les zones les plus fragiles, la substitution des points relais par des casiers automatisés pourrait même fragiliser l'équilibre économique des petits commerces locaux. Si l'État ne saurait contraindre un acteur économique privé tel que Mondial Relay de maintenir un minimum de points de contact, il détient cependant un réel levier d'action via la mission de service public « aménagement du territoire » assurée par la Poste. Dans le cadre de ce service public, la Poste assure un maillage territorial avec 17 000 points de contact présents sur l'ensemble du territoire y compris en zone rurale. Cette exigence, inscrite dans la loi 2010/123 du 9 février 2010, vise à garantir qu'au moins 90 % de la population se situe à moins de 5 kilomètres ou à moins de 20 minutes en voiture d'un point de contact de La Poste. Par ailleurs, l'État soutient le maintien et la diversification des commerces en zones rurale à travers le dispositif de subvention lancé en 2023, le Fonds de Soutien au Commerce Rural. Ce fonds prévoit une aide financière pour soutenir les porteurs de projets labellisés, qu'il s'agisse de l'ouverture d'un commerce en zone rurale ou du développement d'une activité non sédentaire desservant plusieurs communes. Grâce à une enveloppe de 17,5 millions d'euros, le fonds de soutien au commerce rural a permis de soutenir depuis 2023 plus de 1 000 communes dans la création de commerces multiservices en zone rurale,

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