Question de Mme MALET Viviane (La Réunion - Les Républicains) publiée le 22/05/2025

Mme Viviane Malet appelle l'attention de M. le ministre d'État, garde des sceaux, ministre de la justice sur la situation des établissements pénitentiaires réunionnais.

Leurs personnels déplorent en effet une dégradation avancée des structures, une insuffisance dramatique des effectifs, et un accroissement sans précédent des missions qui leur sont confiées, dans un contexte d'explosion de la population carcérale.

Dans le sud de l'île, la maison d'arrêt de Saint-Pierre est un établissement vétuste datant de la Compagnie des Indes, où l'encellulement est collectif.
Il apparaît urgent de le remplacer par une structure pénitentiaire moderne et adaptée.

Face à ce constat les organisations syndicales demandent des renforts d'effectifs, notamment par un additif à la commission administrative paritaire (CAP) en cours et la création des équipes locales de sécurité pénitentiaire manquantes et inscrites dans le protocole d'Incarville, la création d'un nouvel établissement dans le sud de l'île et d'unités adaptées, une accélération des transferts de détenus vers l'hexagone, et une sécurisation des infrastructures.

Aussi, elle la prie de lui indiquer quelles actions le Gouvernement compte initier sur ce sujet important pour le territoire.

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Transmise au Ministère de la justice


Réponse du Ministère de la justice publiée le 23/04/2026

Le ministère de la Justice poursuit son engagement afin d'améliorer les conditions de travail des personnels pénitentiaires, ainsi que les conditions de détention des personnes placées sous main de justice (PPSMJ) dans les établissements pénitentiaires ultramarins. Le protocole d'accord signé le 13 juin 2024 par le garde des Sceaux et les organisations syndicales est venu redéfinir les moyens déployés par les services de l'administration pénitentiaire afin de renforcer la sécurité des personnels et de poursuivre la sécurisation des établissements, particulièrement les établissements pénitentiaires réunionnais. Un dispositif de suivi de la mise en oeuvre du protocole a été mis en place, sous forme d'un comité de suivi composé de représentants de l'administration pénitentiaire et des organisations syndicales signataires. Ce comité s'est réuni une fois par trimestre depuis janvier 2024 et le 13 novembre 2025 pour la dernière fois. Ce protocole prévoit le déploiement d'une équipe locale de sécurité pénitentiaire (ELSP) au sein des établissements pénitentiaires réunionnais. Dans le cadre du vote du projet de loi de finance pour l'exercice 2026, la direction de l'administration pénitentiaire demande ainsi l'ouverture de 28 postes d'ELSP au centre pénitentiaire de Saint-Denis et au centre de détention du Port pour une prise de fonction anticipée à l'été 2026. Le lancement d'une brigade cynotechnique destinée à renforcer la lutte contre le trafic de stupéfiants en Outre-mer est également prévu par le protocole. Après une première phase expérimentale menée en Martinique, ce dispositif va être étendu aux établissements de l'île de La Réunion. Le déploiement est prévu prochainement. Par ailleurs, dans le cadre du plan « Zéro portable » lancé par le ministre le 21 novembre 2025, un budget spécifique va être demandé pour la sécurisation des établissements pénitentiaires réunionnais afin de doter le centre pénitentiaire de Saint-Denis d'un portique à onde millimétriques, d'un nouveau tunnel à rayons X dit « Bagages X » et de nouveaux brouilleurs mobiles de communications illicites. S'agissant des travaux d'amélioration engagés pour la rénovation de la maison d'arrêt (MA) de Saint-Pierre, un programme pluriannuel est actuellement mis en oeuvre. En 2023, l'installation de filets antiprojection au-dessus de toutes les cours de l'établissement a permis une nette réduction des projections vers l'établissement. La même année, des travaux de réfection des cellules ont été effectués afin d'y intégrer des douches. En 2024 et 2025, des travaux de mise en accessibilité de l'établissement ont été réalisé, accompagnés de la réfection de plusieurs espaces de l'établissement, notamment les parloirs. Ainsi, depuis 2023, 2 270 000 euros de crédits d'investissement ont été engagés pour le maintien en état de la structure, l'amélioration des conditions de travail des personnels et des conditions de détention des personnes hébergées. Ce programme de travaux se poursuivra en 2026, avec notamment, le lancement de la réhabilitation et l'extension de l'unité sanitaire sous réserve de moyens budgétaires. S'agissant de la création d'un nouvel établissement dans le sud de l'ile, aucune étude n'est actuellement en cours, le territoire de La Réunion étant déjà pourvu de trois sites pénitentiaires.

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