Question de Mme RENAUD-GARABEDIAN Évelyne (Français établis hors de France - Les Républicains-R) publiée le 10/07/2025

Mme Évelyne Renaud-Garabedian attire l'attention de Mme la ministre d'État, ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche sur le positionnement stratégique de la France au sein du programme Erasmus + Éducation-Formation. La France s'est affirmée ces dernières années comme le premier pays d'envoi de participants dans le cadre du programme Erasmus +, avec près de 150 000 mobilités financées en 2024, tous volets confondus, dont plus de 57 000 pour le seul enseignement supérieur. Ce dynamisme témoigne de l'attractivité des dispositifs de mobilité européens portés par l'agence Erasmus + Éducation-Formation chargé de leur mise en oeuvre. Il l'interroge sur les actions envisagées pour renforcer cette dynamique hors Union européenne, notamment à travers le développement d'accords bilatéraux stratégiques avec des pays tiers. Il souhaiterait également savoir si de nouveaux États partenaires sont en cours d'adhésion au programme Erasmus + dans le cadre des actions clés 1 et 2, et si des mesures spécifiques sont prévues pour accompagner les établissements dans cette ouverture internationale.

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Transmise au Ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'espace


Réponse du Ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'espace publiée le 24/09/2026

Le ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'espace soutient le maintien d'un niveau ambitieux d'ouverture internationale du programme Erasmus+, contribuant à renforcer la visibilité et l'attractivité des systèmes européens d'enseignement supérieur. Cette ouverture doit reposer sur un principe de réciprocité entre l'Union européenne et les États tiers, fondé sur la confiance mutuelle. Le ministère soutient également le renforcement des partenariats développés par les établissements situés dans les pays et territoires d'outre-mer et les régions ultrapériphériques. Il encourage, à ce titre, le développement de stratégies de bassin reposant sur des partenariats régionaux et soutenues notamment par les actions de mobilité du programme Erasmus+. Il est ainsi essentiel de poursuivre les actions de sensibilisation dans ces territoires afin que les jeunes qui en sont issus puissent bénéficier pleinement des programmes d'excellence en matière d'éducation et de formation financés par l'Union européenne. Dans cette perspective, le soutien aux actions Erasmus Mundus demeure essentiel. Celles-ci visent à renforcer l'excellence et l'internationalisation des établissements d'enseignement supérieur grâce à des programmes de master établis en Europe et ouverts aux établissements d'autres pays du monde. Elles contribuent à développer la coopération internationale entre partenaires, à améliorer les compétences et l'employabilité des étudiants et à renforcer les synergies entre l'enseignement supérieur, la recherche et l'innovation. Elles participent ainsi activement à la construction de l'espace européen de l'enseignement supérieur comme à son ouverture internationale. La France occupe à cet égard une place de premier plan : 376 coordinateurs et partenaires français ont participé au pilotage de masters Erasmus Mundus au cours des vingt premières années d'existence du programme, entre 2004 et 2024. Dans le prolongement de cette dynamique de coopération en matière de formation, le ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'espace a activement oeuvré, avec ses partenaires européens, à la création d'un label préfigurant un futur diplôme européen conjoint. Cet instrument contribuera à renforcer la coopération transnationale ainsi que l'internationalisation de l'enseignement supérieur et de la recherche. Les alliances d'universités européennes constituent également un levier majeur de cette ambition. La France y occupe une place particulièrement importante, avec 65 établissements d'enseignement supérieur français membres de 57 des 65 alliances existantes. Ces alliances favorisent le développement de modèles de formation innovants, le renforcement de la recherche collaborative et l'attractivité des établissements européens auprès des talents issus de l'Union européenne comme des pays tiers. C'est pourquoi le ministère soutient le développement d'un modèle de financement global et pérenne, intégrant notamment les dimensions de recherche et d'innovation, afin de conforter leur rôle en matière d'internationalisation et de développement des compétences d'avenir. Le nouveau règlement relatif au programme Erasmus+ pour la période 2028-2034, publié le 17 juillet 2025, prévoit, à la différence du programme actuel 2021-2027, des possibilités plus souples d'association et de coopération avec les pays tiers, notamment à travers une association totale ou partielle au programme. Il ouvre ainsi de nouvelles modalités de participation aux pays membres de l'Association européenne de libre-échange et de l'Espace économique européen, aux micro-États européens, aux pays en voie d'adhésion, candidats ou candidats potentiels, aux pays relevant de la politique européenne de voisinage ainsi qu'à d'autres pays tiers. Le ministère accompagne par ailleurs la structuration des alliances européennes d'universités en soutenant financièrement les établissements français qui y participent. Une enveloppe de 100 Meuros sur dix ans a ainsi été prévue dès 2017 dans le cadre du programme d'investissements d'avenir, aujourd'hui intégré à France 2030 (PIA3/France 2030). Ce soutien national permet aux établissements de développer de nouvelles initiatives au sein de leurs alliances, notamment dans le domaine de la recherche - fonds d'amorçage pour des projets, mobilité scientifique, bourses de doctorat et de post-doctorat - ainsi que pour le déploiement de leurs actions à l'international. Au-delà de ces dispositifs européens, le ministère soutient plusieurs instruments dont les établissements d'enseignement supérieur peuvent se saisir dans le cadre de leur stratégie internationale. C'est notamment le cas de certains campus franco-étrangers, au sein desquels des établissements réunis en consortium développent une offre de formation à l'étranger. D'autres programmes soutiennent des projets interétablissements par le financement de mobilités étudiantes croisées, à l'image des programmes « France Ingénieurs Technologie », destinés aux établissements proposant des formations d'ingénieurs et souhaitant développer des coopérations avec des pays d'Amérique latine. Un soutien est également apporté à plusieurs institutions, parmi lesquelles l'Institut des Amériques, l'Agence universitaire de la Francophonie et la Maison universitaire franco-mexicaine, qui mettent à la disposition de leurs établissements membres des outils permettant d'initier et de développer des actions à l'international. Enfin, les établissements peuvent encourager leurs étudiants à candidater à des programmes de bourses individuelles, tels que le programme Fulbright, qui peuvent également favoriser, à terme, le développement de coopérations internationales plus larges.

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