Question de M. ROJOUAN Bruno (Allier - Les Républicains-R) publiée le 10/07/2025
M. Bruno Rojouan attire l'attention de Mme la ministre d'État, ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche sur la nécessité de renforcer l'enseignement de l'anglais en France, afin d'améliorer durablement le niveau d'anglais des élèves.
En 2023, le baromètre EF EPI (Education First English Proficiency Index) place la France à la 49e position mondiale, un résultat en baisse depuis plusieurs années, loin derrière un grand nombre de nos voisins européens comme l'Allemagne ou les Pays-Bas. À l'échelle européenne, notre pays se classe 33e sur 35, juste devant la Turquie et l'Azerbaïdjan.
Alors que le niveau B2 est officiellement visé en langue vivante 1 en fin de lycée, la réalité est bien souvent éloignée de cet objectif. La maîtrise orale reste particulièrement lacunaire : si les Français ont parfois un bon niveau à l'écrit, ils éprouvent souvent des difficultés quand il s'agit de s'exprimer à l'oral. Or, la maîtrise de l'anglais est aujourd'hui déterminante dans de nombreux parcours professionnels et académiques. Cette faiblesse constitue un réel handicap : près de 60 % des actifs interrogés déclarent avoir raté une opportunité professionnelle en raison de leur manque de compétences linguistiques.
Pourtant, les causes de cette situation sont bien identifiées : formation insuffisante ou peu modernisée des enseignants, méthodes pédagogiques peu axées sur l'oral, manque d'immersion linguistique, ou encore valorisation insuffisante de l'oral.
Conscients de la nécessité de maitriser cette langue, les pouvoirs publics des pays placés en haut du classement ont fait de l'apprentissage de l'anglais une priorité nationale. C'est bien ce manque de priorité donnée à l'anglais qui explique notre retard.
Ainsi, il souhaite savoir quelles mesures le Gouvernement compte mettre en oeuvre pour améliorer durablement la maîtrise de l'anglais chez les élèves français, notamment en modernisant les outils pédagogiques, en renforçant la formation des enseignants et en développant l'expression orale et l'immersion linguistique dès le plus jeune âge.
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Transmise au Ministère de l'éducation nationale
Réponse du Ministère de l'éducation nationale publiée le 05/03/2026
L'amélioration des compétences des élèves en langues vivantes, notamment en anglais, est un enjeu majeur du ministère de l'éducation nationale. Dès l'école maternelle, l'éveil à la diversité linguistique est inscrit dans le programme d'enseignement. Depuis 2013, la loi a rendu obligatoire l'enseignement de langue vivante dès le CP. Dans les enseignements, la priorité est donnée à l'oral. En 2024, 2 425 écoles bilingues (parcours « enseignement d'une matière par l'intégration d'une langue étrangère » ou EMILE) accueillent plus de 275 000 élèves, dont 97 000 en anglais, souvent avec des locuteurs natifs pour renforcer l'exposition à la langue. Au collège, 99,59 % des élèves étudient l'anglais et plusieurs leviers favorisent la pratique de l'oral : dispositifs bilangues, enseignement de disciplines non linguistiques (DNL), projets associant activités artistiques, sportives et linguistiques. Par ailleurs, depuis 2022, le test de positionnement Ev@lang collège, généralisé à tous les élèves de 3e, permet d'évaluer notamment la compréhension orale et d'accompagner les progrès de chacun. Au lycée, l'anglais demeure la langue la plus étudiée (99,96 % en voie générale et technologique et 96,96 % en voie professionnelle). De plus, à la rentrée 2024, 61 827 élèves de terminale ont choisi la spécialité « Langues, littératures et civilisations étrangères et régionales » (LLCER) en anglais, qui vise un niveau B2/C1 du cadre européen commun de référence pour les langues (CECRL). Les élèves des filières technologiques bénéficient également d'un enseignement technologique en langue vivante (ETLV), en anglais pour la plupart d'entre eux (98 %). L'enseignement de langues et cultures européennes au collège, les sections européennes, les sections internationales et le baccalauréat français international (BFI) offrent en outre des parcours renforcés privilégiant la pratique de l'oral. Chaque année, près de 4 000 assistants de langue vivante étrangère - dont plus de 50 % pour la langue anglaise - interviennent de l'école au lycée pour soutenir la pratique orale des élèves et enrichir l'accompagnement des enseignants. Le ministère soutient également les enseignants par des formations ciblées inscrites dans les plans de formation nationaux et académiques, des ressources innovantes (exemple : J'apprends l'anglais avec Essie, Réseau Canopé) et des outils d'intelligence artificielle (exemple : Captain Kelly pour l'oral à l'école élémentaire). Dans le secondaire, la réflexion sur les usages de l'IA pour l'enseignement des langues et la citoyenneté numérique est une priorité des plans de formation. À compter de la rentrée 2025, les nouveaux programmes de langues vivantes étrangères renforcent la place de l'oral, ainsi que la pédagogie de projet et l'approche actionnelle. Ils fixent des objectifs plus ambitieux que ceux définis dans les programmes de 2020. Ces mesures s'accompagnent de la valorisation des certifications internationales (dont Cambridge Assessment English pour l'anglais) et du développement de la mobilité, qu'elle soit physique ou virtuelle, grâce notamment au dispositif eTwinning, qui met en relation des classes de différents pays européens autour de projets collaboratifs communs. L'anglais est majoritairement la langue de communication de ces échanges. L'ensemble de ces actions vise à offrir à tous les élèves des occasions régulières et authentiques de pratiquer l'anglais, et à consolider leurs compétences orales afin d'atteindre les niveaux attendus du CECRL.
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