Question de M. REDON-SARRAZY Christian (Haute-Vienne - SER) publiée le 10/07/2025

M. Christian Redon-Sarrazy attire l'attention de Mme la ministre déléguée auprès du ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation, chargée de la ruralité sur la disparition des relais-colis chez les commerçants, remplacé par des consignes automatiques.

En parallèle des services postaux, on observe depuis quelques années le développement d'autres réseaux de distribution de colis. Initié par des opérateurs privés type Mondial Relay, ce système s'appuie, entre autres, sur les commerçants locaux qui agissent comme intermédiaires et proposent, en supplément de leur activité principale, de servir de point-relais.

Outre qu'il permet au commerçant d'obtenir une rémunération importante pouvant atteindre 1 000 euros par mois, ce système contribue à faire connaître et à soutenir son activité commerciale.

Cependant, pour des raisons économiques, certains opérateurs ont choisi de réorienter leur stratégie vers l'usage de consignes automatiques (Lockers). En 2025, 3 500 contrats liant Mondial Relay à des commerçants locaux seront ainsi résiliés, les privant ainsi d'une source de revenus complémentaires souvent essentielle pour continuer leur activité principale.
Certains ainsi contraint à chercher une activité à mi-temps, voire à fermer définitivement leur commerce.

Dans les zones rurales, où il est déjà difficile de maintenir les commerces de proximité, le système actuel est bénéfique pour le tissu économique local et la vie rurale.

Il demande donc au Gouvernement quelles mesures il envisagerait pour préserver ce système vertueux, soutenir les commerçants et protéger les ruralités fragiles.

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Transmise au Ministère des petites et moyennes entreprises, du commerce, de l'artisanat, du tourisme et du pouvoir d'achat


Réponse du Ministère des petites et moyennes entreprises, du commerce, de l'artisanat, du tourisme et du pouvoir d'achat publiée le 16/04/2026

Le désengagement récent de Mondial Relay auprès des commerçants proposant un point relais colis, notamment en zone rurale, est un sujet bien identifié par les services de l'administration. L'entreprise a en effet annoncé la fermeture de 3 500 points relais sur leurs 11 000 établissements du territoire. Concernant les commerces de proximité en zone rurale, l'activité de point relais représente en effet une source intéressante de complément de chiffre d'affaires (CA), directe et indirecte : (i) en créant un flux piétons dans les magasins pouvant, levier d'acquisition de clientèle ; et (ii) en garantissant des revenus complémentaires non négligeables pour des petits commerces multiservices. Certains commerces de villages affirment en effet que la compensation mensuelle peut représenter jusqu'à 1000 euros par mois à raison d'une centaine de colis réceptionnés par jour. Cela étant, un certain volume doit être garanti pour que cette activité apporte un revenu suffisant et permette ainsi de compenser le temps consacré : cela a pu décourager de nombreux commerçants les poussant à cesser cette activité d'eux-mêmes, l'augmentation de la charge de travail n'étant ni compensée par la rémunération, ni par une réelle hausse de leur CA. Ainsi, si le rôle compensateur endossé par l'activité de point relais n'est pas systématique, il n'est cependant pas rare que certains commerçants de zone rurale comptent particulièrement sur ce complément de revenu comme l'une des possibles voies de diversification de l'activité permettant d'atteindre la stabilité économique. Ainsi, il est probable que dans ces zones sous dotées, où les modèles économiques se trouvent particulièrement fragiles, le remplacement des points relais par des casiers automatisés puisse nuire à l'équilibre économique des petits commerces locaux. Cela étant, certaines formes de casiers automatisés pourraient garantir a minima un certain flux s'ils sont positionnés à l'intérieur du commerce ou devant ce dernier. Si l'État ne saurait contraindre un acteur économique privé tel que Mondial Relay de maintenir un point minimum de points de contact, il détient cependant un réel levier d'action via la mission de service public « aménagement du territoire » assurée par la Poste. Dans le cadre de ce service public, la Poste assure un maillage territorial avec 17 000 points de contact présents sur l'ensemble du territoire y compris en zone rurale. Cette obligation inscrite dans la loi (loi 2010/123 du 9 février 2010) permet de s'assurer qu'au moins 90% de la population se trouvent à moins de 5 kilomètres ou 20 minutes en voiture d'un point de contact de La Poste. De plus, le soutien de l'État au maintien et à la diversification des commerces en zones rurale se traduit notamment par un dispositif de subvention lancé en 2023 prévoyant notamment de financer les frais de diversification de l'activité et dont les porteurs de projets intéressés pourraient utilement prendre connaissance.

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