Question de Mme JOSEPH Else (Ardennes - Les Républicains) publiée le 10/07/2025
Mme Else Joseph attire l'attention de Mme la ministre de la culture sur les difficultés de couverture de l'offre radiophonique dans certains territoires des Ardennes comme celui de la communauté de communes Ardennes Rives de Meuse.
Cette couverture n'est pas intégrale et dans certaines parties de ce territoire, les habitants ne peuvent pas bénéficier de toutes les radios, ni même du service public radiophonique, notamment en raison de saturation de la bande FM (proximité avec la Belgique). Malgré des demandes auprès de l'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (ARCOM) afin d'obtenir une couverture étendue, différentes impossibilités sont invoquées. Il n'y aurait pas de déficit d'ordre radiophonique en raison d'une fréquence FM pour 1 000 habitants. On admet que l'offre radiophonique n'est pas homogène sur l'ensemble du territoire de la communauté de communes. Mais un tel constat est difficilement opposable aux habitants qui n'arrivent pas à bénéficier d'une offre variée et satisfaisante. Enfin, au sujet de la couverture du service public radiophonique, on estime qu'il n'y aurait pas d'obligation de couvrir en FM l'intégralité du territoire de la métropole. On affirme que les habitants doivent recourir au déploiement de la radio numérique terrestre (DAB+). Or l'accès à la radio par la bande FM reste souvent la seule démarche accessible, à portée de tous. Ces justifications sont insuffisantes, car les habitants de la communauté de commune Ardenne Rives de Meuse doivent bénéficier d'une offre radiophonique variée et satisfaisante dans les mêmes conditions que le reste de tous nos concitoyens.
Elle aimerait savoir comment le Gouvernement envisage de mettre fin à cette fracture territoriale radiophonique.
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Transmise au Ministère de la culture
Réponse du Ministère de l'éducation nationale publiée le 01/04/2026
Réponse apportée en séance publique le 31/03/2026
M. le président. La parole est à Mme Else Joseph, auteure de la question n° 675, adressée à Mme la ministre de la culture.
Mme Else Joseph. Ma question porte sur les difficultés de couverture de l'offre radiophonique.
À l'époque des réseaux sociaux, les médias traditionnels ne doivent pas être oubliés, notamment dans nos territoires.
Je veux parler de la couverture de l'offre radiophonique dans certaines parties des Ardennes, comme dans la communauté de communes Ardenne rives de Meuse, frontalière avec la Belgique, dont les habitants ne peuvent bénéficier de toutes les radios, ni même du service public radiophonique, en raison de la saturation de la bande FM due à cette proximité.
Malgré nos demandes répétées, nous n'avons pas de réponse.
L'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) a été saisie plusieurs fois, mais on invoque l'existence de contraintes qui rendraient cette couverture impossible. Ainsi, il n'y aurait pas de déficit d'offre radiophonique, dès lors qu'il y aurait une fréquence FM pour 1 000 habitants. L'offre radiophonique ne serait pas homogène sur l'ensemble du territoire de la communauté de communes.
En ce qui concerne la couverture du service public radiophonique, on se retranche même derrière l'absence d'obligation de couvrir en FM l'intégralité du territoire de la métropole, au motif que les habitants doivent recourir au déploiement de la radio numérique terrestre, le fameux DAB+. On nous répond donc toujours avec le même aplomb, alors qu'il y a urgence.
Cette réponse ne convient pas aux habitants, qui veulent bénéficier d'une offre variée et satisfaisante, ce qui est plus que légitime.
On se plaint de la disparition du pluralisme, on dénonce certains médias, mais le problème est aussi d'ordre matériel. Comment assurer le pluralisme s'il devient matériellement impossible de permettre une couverture radiophonique satisfaisante ?
Commençons par le commencement : le web, c'est bien, mais les ondes, c'est peut-être mieux ! La réponse qui nous est donnée est curieuse, alors que l'on se plaint de l'invasion du tout-numérique et de l'addiction aux écrans.
L'accès à la radio par la bande FM reste parfois la seule démarche à la portée de tous, et il s'agit d'informations locales. Les habitants de la communauté de communes Ardenne rives de Meuse doivent bénéficier d'une offre radiophonique variée et satisfaisante dans les mêmes conditions que tous les autres citoyens.
Monsieur le ministre, il ne s'agit pas seulement de résoudre une énième difficulté territoriale : l'enjeu est tout simplement de respecter le principe d'égalité. Je compte sur vous afin d'aider nos territoires à ne pas subir une fracture territoriale radiophonique qu'ils ne méritent pas.
M. le président. La parole est à M. le ministre.
M. Edouard Geffray, ministre de l'éducation nationale. Madame la sénatrice Joseph, comme précédemment, je réponds au nom et pour le compte de ma collègue ministre de la culture.
Le Gouvernement réaffirme son attachement aux médias radio, auxquels les citoyens accordent un haut niveau de confiance et qui jouent un rôle essentiel dans la diffusion de la culture, de l'information et de la communication, notamment en situation de crise.
En complément de l'écoute par internet, le Gouvernement soutient la pérennité de la radio hertzienne terrestre, en FM comme en DAB+. Celle-ci conserve des atouts structurants : gratuité, universalité d'accès, simplicité d'usage et résilience des réseaux.
Toutefois, dans les Ardennes, vous l'avez dit, le partage de la bande FM avec la Belgique voisine limite les fréquences disponibles pour étendre la couverture des services par rapport au reste du territoire, où cette bande est déjà saturée.
Je salue le travail de l'Arcom, qui a su trouver de nouvelles fréquences ces dernières années, au prix d'une optimisation minutieuse de la diffusion FM. Néanmoins, cet exercice montre désormais ses limites techniques, qui, pour l'heure, empêchent le déploiement de la FM dans la communauté de communes Ardenne Rives de Meuse.
C'est la raison pour laquelle, dans la continuité des conclusions du livre blanc de la radio publié par l'Autorité en 2024, le Gouvernement s'est engagé en faveur du développement du DAB+, qui constitue une évolution majeure pour la radio, comparable à la TNT pour la télévision.
Le DAB+ permet une meilleure homogénéité de l'offre sur le territoire, notamment grâce à la diffusion de vingt-six services à vocation nationale, ainsi que de plusieurs services locaux et régionaux. Sa couverture progresse et devrait atteindre 80 % de la population d'ici à la fin de l'année. Il est prévu que son déploiement suive les grands axes routiers, pour que le plus grand nombre de Français puissent en disposer.
Le déploiement du DAB+ dans la communauté de communes Ardenne Rives de Meuse devra donc être réalisé dans les prochaines années, en fonction du rythme d'extension de ce mode d'écoute.
Madame la sénatrice, soyez assurée que le Gouvernement, aux côtés du régulateur, sera particulièrement attentif à ce que la couverture du DAB+ ne délaisse, à terme, aucun territoire. Il s'agit en effet d'un outil important de lutte contre la fracture numérique et informationnelle.
Afin de promouvoir ce mode d'écoute, le Gouvernement fait preuve d'un engagement financier concret, depuis la fin 2022, en soutenant les campagnes de communication incitant à l'équipement en récepteurs compatibles, ainsi qu'en accompagnant les radios associatives, via le fonds de soutien à l'expression radiophonique locale, pour leur diffusion en DAB+.
Nous entendons désormais poursuivre et amplifier ce déploiement aux côtés du secteur, tout en accompagnant les auditeurs, afin de garantir une offre radiophonique durable, accessible et résiliente sur l'ensemble du territoire.
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