Question de Mme DUMONT Françoise (Var - Les Républicains) publiée le 23/10/2025

Mme Françoise Dumont attire l'attention de Mme la ministre de l'agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire sur les difficultés rencontrées par la filière lavandicole de Provence (les cultures de lavande et de lavandin), mises en évidence par un article de Var Matin, du 8 octobre 2025.
Les productions de ces cultures sont gravement touchées, ces dernières années, par les incidents climatiques, dus aux sécheresses ou aux excès d'eau, et par l'augmentation des maladies qui attaquent les tiges, du fait de la prolifération des insectes nuisibles. En effet, la réglementation européenne, en retirant un certain nombre de produits phyto sanitaires (dont les herbicides), accentue une situation intenable pour les producteurs, qui ne peuvent plus traiter les plantes et lutter contre les ravageurs de leurs champs.
La situation est d'autant plus difficile à accepter, que les producteurs français n'ont pas le droit d'utiliser certains produits sur leurs cultures, alors que nous importons dans notre pays, des produits identiques, venus de l'étranger et utilisant ces mêmes herbicides, interdits d'utilisation par les producteurs français.
De plus, les normes industrielles de classification imposent désormais l'étiquetage de pictogrammes signalant une toxicité de la lavande et du lavandin, alors que la nocivité n'existe plus lorsque les molécules sont assemblées. Ce pictogramme pourrait donc être de nature à dissuader (et inquiéter) les acheteurs éventuels.
Également, il existe désormais un obstacle important au développement desdites cultures qui réside dans le vieillissement du matériel agricole, du fait d'une augmentation très importante des prix du matériel neuf, influant sur les rendements de production des cultures.
Enfin, le phénomène des photos Instagram et TikTok, au milieu des champs de lavande et de lavandin, a un impact, puisque ces « influenceurs » et vacanciers, abîment souvent les sols et les cultures, pour prendre ces clichés et laissent régulièrement, derrière eux, beaucoup de déchets.
Tous ces facteurs concourent à la crise que traverse la filière.
Aussi, elle lui demande ce que le Gouvernement entend faire pour protéger efficacement nos cultures provençales de lavande et de lavandin et pérenniser la culture de ce symbole de l'agriculture française à travers le monde.

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Réponse du Ministère de l'agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire publiée le 20/08/2026

La filière lavandicole française constitue une filière d'excellence, porteuse de savoir-faire, de forte valeur ajoutée, reconnue à l'échelle internationale. Elle participe pleinement au rayonnement agricole, culturel et économique de la France. Cependant, elle est confrontée à une crise conjoncturelle et structurelle aux effets économiques marqués notamment dans les zones historiques du Sud de la France. Face aux difficultés rencontrées par les producteurs, une enveloppe exceptionnelle de 10 millions d'euros a été votée en loi de finances rectificative de 2022 afin d'accompagner le secteur dans une transition économique et écologique adaptée aux enjeux de durabilité et de compétitivité. Cette enveloppe a permis, en concertation avec les professionnels, de mettre en place un dispositif d'aide exceptionnel afin de compenser les pertes économiques des producteurs d'huiles essentielles de lavande et de lavandin, de financer deux projets de recherche appliquée visant à améliorer la gestion de la cécidomyie (Cecilav et Amelav) portés par l'institut technique de la filière (Iteipmai) et d'appuyer la filière dans son adaptation aux enjeux réglementaires, techniques, économiques et environnementaux, en finançant trois projets stratégiques, (BioSINC, DECO et APAISe), axés sur la production et collecte de données scientifiques indispensables à la défense réglementaire des huiles essentielles dans le cadre des réglementations européennes (REACH et CLP). Le Gouvernement est particulièrement attentif à l'adaptation de la réglementation aux réalités du terrain, aux priorités des professionnels et aux impacts sur les territoires, tout en garantissant un haut niveau de protection pour les consommateurs et l'environnement. En janvier 2026, le comité interministériel relatif aux plantes à parfum, aromatiques et médicinales (PPAM), incluant cinq ministères et les professionnels de la filière, a été réuni pour travailler sur les simplifications réglementaires européennes, notamment dans le cadre du paquet Omnibus Chimie VI, incluant les règlements CLP et Cosmétique. En matière de protection des cultures, la loi n° 2025-794 du 11 août 2025 visant à lever les contraintes à l'exercice du métier d'agriculteur a mis en place le comité des solutions avec deux missions principales : recenser au sein des filières agricoles, les usages pour lesquels des méthodes de lutte contre des organismes nuisibles ou des végétaux indésirables affectant de manière significative la production ne sont pas disponibles ou sont susceptibles de disparaître à brève échéance et recenser les méthodes de lutte potentielles et leurs perspectives de développement. Le décret établissant les modalités de fonctionnement et la composition de ce comité est sorti le 14 avril 2026. Aussi, la question de la réciprocité des standards commerciaux, notamment avec les États membres de l'Union européenne et les pays tiers, fait l'objet d'une vigilance importante dans les négociations européennes. Le Gouvernement poursuit ses efforts pour renforcer les outils de gestion des risques climatiques, notamment à travers des travaux sur l'assurance récolte, afin de mieux protéger les exploitations face aux aléas climatiques croissants. Plus largement, dans le cadre de la loi d'orientation pour la souveraineté alimentaire et le renouvellement des générations en agriculture, promulguée le 24 mars 2025, les conférences de la souveraineté alimentaire ont été lancées par la ministre le 8 décembre 2025 à Rungis. Elles offrent un cadre de concertation entre l'État, les filières et autres parties prenantes au niveau national et territorial et doivent permettre aux acteurs des filières, de définir une stratégie assortie d'objectifs, notamment de production, à l'horizon de dix ans, en vue de l'amélioration de la souveraineté alimentaire ainsi que d'identifier des premiers leviers d'action pour les atteindre. Dans ce cadre, la filière lavandicole et plus largement la filière des plantes à parfum, aromatiques et médicinales (PPAM) élaborent une stratégie tenant compte de la situation conjoncturelle qu'elle traverse mais aussi des tendances de fond en matière d'évolution de la demande et de changement climatique. Les conclusions sont attendus en octobre 2026. Le Gouvernement reste pleinement engagé pour soutenir la structuration et la pérennité de la production française de lavande et de lavandin, dans un contexte de transition et d'adaptation. À ce titre, la démarche de reconnaissance des paysages de lavande au patrimoine mondial de l'UNESCO, qui valorise ce patrimoine culturel et agricole unique et renforce l'attractivité des territoires concernés, est pleinement soutenue.

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