Question de Mme HERZOG Christine (Moselle - UC-R) publiée le 25/12/2025
Mme Christine Herzog interroge M. le ministre de l'intérieur sur la légalité et l'encadrement de l'usage, par certaines municipalités, de silhouettes grandeur nature représentant des forces de l'ordre pour réguler la vitesse.
Face à la persistance d'incivilités routières et à une tension croissante sur les effectifs de la gendarmerie nationale, de nombreuses communes rurales ont investi dans ces dispositifs de signalisation non conventionnels. Ces figurines, installées aux abords des zones sensibles notamment les arrêts de bus scolaires et les entrées d'agglomération visent à provoquer un réflexe de freinage chez les automobilistes par un effet de surprise.
Elle souhaite donc savoir si l'installation de ces silhouettes est conforme au droit en vigueur.
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Réponse du Ministère de l'intérieur publiée le 20/08/2026
La signalisation routière en France est régie par des textes visant à garantir son homogénéité, sa lisibilité et sa crédibilité sur l'ensemble du territoire, et se doit de respecter la Convention de Vienne sur la signalisation routière de 1968. Ces textes reposent sur les principaux critères d'efficacité de la signalisation routière comme l'uniformité et l'homogénéité. À ce jour, les silhouettes représentant des forces de l'ordre ne figurent dans aucune des catégories de signalisation prévues par l'instruction interministérielle sur la signalisation routière (signalisation verticale, horizontale, lumineuse, temporaire, etc.). Elles ne constituent pas un dispositif de signalisation réglementaire. De plus, le code de la route précise qu'il est interdit d'apposer des placards, papillons, affiches ou marquages sur les signaux réglementaires et leurs supports ainsi que sur tous autres équipements intéressant la circulation routière. Cette interdiction s'applique également sur les plantations, les trottoirs, les chaussées et d'une manière générale sur tous les ouvrages situés dans les emprises du domaine routier ou surplombant celui-ci. Les installations de silhouette de forces de l'ordre n'étant pas autorisées par les textes réglementaires, la responsabilité de la collectivité peut être engagée en cas d'accident lié à un effet de surprise excessif ou de contestation fondée sur une signalisation non conforme. De plus, il est à noter que l'effet de sensibilisation de ces silhouettes tend à diminuer une fois l'effet de surprise passé par les usagers. Cependant, l'utilisation de silhouettes peut être tolérée dès lors que cela ne crée pas d'obstacle, notamment à la visibilité pour les conducteurs de véhicules, ou ne constitue pas un point dur dangereux, en particulier pour les usagers vulnérables. Le Gouvernement reste attentif au sujet de la signalisation routière et aux usages de dispositifs non réglementaires.
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