Question de M. ARNAUD Jean-Michel (Hautes-Alpes - UC) publiée le 30/04/2026

M. Jean-Michel Arnaud attire l'attention de Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées sur la stratégie nationale relative au développement de la pilule masculine.

Alors que la responsabilité contraceptive repose encore majoritairement sur les femmes, plusieurs recherches scientifiques ont permis, ces dernières années, d'importantes avancées concernant des méthodes hormonales masculines, notamment sous forme de pilule. Pourtant, ces solutions restent à ce jour peu accessibles, insuffisamment soutenues et encore absentes de l'offre courante de soins. Cette situation soulève des enjeux importants en matière d'égalité entre les femmes et les hommes, de partage de la charge contraceptive, mais également de santé publique et de liberté de choix des couples.

Dans ce contexte, il souhaiterait connaître les intentions du Gouvernement quant au soutien à la recherche et au développement de la contraception masculine, aux perspectives de mise sur le marché et de remboursement de ces dispositifs, ainsi qu'aux actions envisagées pour mieux informer le public et les professionnels de santé sur les méthodes de contraception masculine existantes ou en cours de développement. Il lui demande également si une stratégie nationale spécifique est envisagée afin de favoriser un accès plus équitable à la contraception pour tous.

- page 2068


Réponse du Ministère de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées publiée le 27/08/2026

La diversification de l'offre contraceptive et le partage de la responsabilité entre les membres du couple constituent un enjeu d'égalité entre les femmes et les hommes, ainsi qu'un objectif de santé publique inscrit dans les politiques de santé sexuelle. À ce jour, la contraception masculine disponible en pratique courante repose principalement sur le préservatif et sur la contraception définitive par vasectomie, cette dernière connaissant une progression marquée en France au cours des dernières années. En matière d'accès, plusieurs dispositifs facilitent déjà la prévention et la contraception, notamment la prise en charge à 100 % de certains préservatifs pour les moins de 26 ans, sans prescription, ainsi que leur mise à disposition dans certaines structures de santé sexuelle. Par ailleurs, la consultation longue santé sexuelle est accessible sans avance de frais pour les jeunes de moins de 26 ans, afin de renforcer l'information, l'orientation et l'accès aux méthodes existantes. S'agissant du développement d'une contraception masculine hormonale (dont une forme de « pilule »), des pistes de recherche existent, mais ces solutions ne relèvent pas encore de l'offre de soins courante, notamment en l'absence d'évaluation complète et d'autorisation de mise sur le marché. Des essais cliniques internationaux sont conduits, notamment sur des approches hormonales par voie transdermique combinant progestatif et testostérone, illustrant le dynamisme des travaux en cours ; ces recherches conditionnent toutefois les étapes ultérieures : démonstration d'efficacité et de sécurité, appréciation du rapport bénéfice/risque, puis, le cas échéant, instruction réglementaire et évaluation en vue d'une éventuelle prise en charge. L'action publique s'inscrit dans le cadre de la Stratégie nationale de santé sexuelle (2017-2030), qui prévoit de garantir l'accès aux méthodes de contraception pour les femmes et pour les hommes, de renforcer l'information du public, la formation des professionnels et de promouvoir la recherche et l'innovation. Dans ce cadre, l'amélioration de l'information sur les méthodes masculines existantes (préservatif, vasectomie) et le soutien à la production de connaissances peuvent être poursuivis, tandis qu'une éventuelle extension de l'offre (mise sur le marché et remboursement de nouveaux produits) dépendra des procédures d'évaluation applicables une fois les développements scientifiques aboutis.

- page 4045

Page mise à jour le