Question de M. BAZIN Arnaud (Val-d'Oise - Les Républicains) publiée le 11/06/2026
M. Arnaud Bazin interroge M. le ministre de l'intérieur sur les risques matériels et humains de la survenance d'une inondation en Île-de-France.
Une récente étude réalisée par l'Institut Paris région démontre les lourdes conséquences qu'aurait une inondation sur le territoire et la population francilienne au point que près de 5,1 % de la population régionale serait directement ou indirectement impactée dans un scénario de crue. « Un tel événement aurait un impact considérable sur la vie sociale et économique de la région, affectant, à des degrés divers, plusieurs millions de personnes, ce qui en fait l'une des catastrophes naturelles les plus redoutées en France par les acteurs de la prévention des risques naturels et de la gestion de crise », souligne cette étude.
Au regard de celle-ci, il lui demande si le Gouvernement serait en capacité de faire face à un tel événement.
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Réponse du Ministère de l'intérieur publiée le 20/08/2026
En cas de crue centennale de la Seine à Paris, on estime que plus de 630 000 personnes se trouveraient en zone inondable et près d'un million supplémentaire vivrait dans une zone dite de fragilité, exposée à des coupures d'électricité, d'eau potable, de chauffage et des télécommunications. Une telle crue pourrait paralyser la vie quotidienne de plusieurs centaines de milliers d'habitants et avoir des répercussions à l'échelle nationale. Ces enjeux rendent les démarches de préparation et d'anticipation absolument nécessaires pour la protection des populations et la résilience du territoire francilien. En région parisienne, le préfet de Police, en tant que préfet de la zone de défense et de sécurité de Paris, et le préfet de la région Île-de-France sont chargés de la mise en oeuvre des mesures de prévention et d'anticipation en cas de crue historique de la Seine à plus de 8 mètres. L'organisation des secours, la prise en charge des populations, la sauvegarde des personnes, des biens et de l'environnement prennnent trois formes différentes : la planification de l'organisation de la réponse de sécurité civile (ORSEC), les exercices (incluant une centaine d'entités participantes) et les retours d'expériences. En outre, le dispositif FR-Alert, permet de prévenir en temps réel toute personne détentrice d'un téléphone portable de sa présence dans une zone de danger afin de l'informer des comportements à adopter pour se protéger, a pu être testé à cette occasion. Les établissements situés en zone inondable (administrations, opérateurs de réseaux de fluides et de transport, musées ) doivent se doter d'un Plan de protection contre les inondations (PPCI). Soumis à l'avis du préfet de police, ce document doit contenir un diagnostic des vulnérabilités de l'établissement, l'analyse des dommages potentiels et les mesures nécessaires pour assurer la protection des personnes, la préservation des biens et la continuité des activités en cas de crue majeure. Par ailleurs, les collectivités et leurs groupements exercent la compétence de gestion des milieux aquatiques et de prévention des inondations. À cet égard, ils mettent en oeuvre des programmes d'actions de prévention des inondations, incluant des aménagements utiles contre les crues. Les services de l'État contribuent également à l'élaboration de la stratégie locale de gestion du risque inondation (SLGRI) visant à promouvoir des actions de prévention au niveau régional pour améliorer la connaissance du risque et réduire les vulnérabilités. Par ailleurs, des actions de sensibilisation sont menées par la préfecture de police et ses partenaires auprès des parisiens et franciliens, à travers notamment des journées d'actions dédiées au grand public et aux scolaires. L'information du public passe également par plusieurs dispositifs : l'outil cartographique CARTOVIZ aide les opérateurs de réseau à connaître les risques d'inondation et leur impact sur les réseaux structurants ; 7 départements d'Île-de-France, dont la Ville de Paris, possèdent un Dossier départemental des risques majeurs (DDRM) décrivant les risques, leurs conséquences et les mesures de prévention et de sauvegarde prévues pour limiter leurs effets ; des informations sont également accessibles au public via les sites internet du service public Episeine ou encore de la préfecture de police ; le dispositif Vigicrues permet à chaque citoyen de s'abonner à un dispositif d'alerte, afin de suivre le niveau de la Seine ; en cas d'événement majeur, le préfet de police peut également activer la « cellule d'information du public » (CIP), armée par un vivier de fonctionnaires volontaires, formés pour répondre aux questions de la population par téléphone. Enfin, la préfecture de police a entamé des travaux sur le « retour à la normale » post-crue. En collaboration avec la préfecture de Paris, préfecture de la région Île-de-France, des groupes de travail thématiques ont été organisés début 2026 avec l'ensemble des acteurs concernés (collectivités territoriales, opérateurs réseaux, services déconcentrés de l'État) afin d'anticiper les thématiques à enjeux à traiter après la phase de décrue (gestion des déchets, inspections des bâtiments fragilisés, retour des populations évacuées ). Ces travaux, effectués à l'échelle du département de Paris, seront étendus à l'ensemble de la zone de défense et de sécurité d'Île-de-France et seront inclus dans la prochaine mise à jour de la disposition spécifique ORSEC zonale « inondation ».
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