Question de M. COURTIAL Édouard (Oise - UC) publiée le 25/06/2026

M. Édouard Courtial attire l'attention de M. le garde des sceaux, ministre de la justice sur l'incident survenu dans la nuit du 25 au 26 décembre 2025, au cours de laquelle un drone a été détecté survolant à plusieurs reprises un centre pénitentiaire de l'Oise, avant que son opérateur, un jeune homme de 18 ans, ne soit interpellé grâce à la lumière de son téléphone. Cet incident illustre une vulnérabilité structurelle des établissements pénitentiaires face aux nouvelles menaces technologiques. Selon le rapport de la Contrôleure générale des lieux de privation de liberté publié en 2024, les projections par drone de téléphones portables, de stupéfiants et d'armes blanches ont augmenté de 43 % en trois ans dans les établissements pénitentiaires français. La réponse technique (brouilleurs, filets anti-drones) est coûteuse et inégalement déployée selon les établissements. Or les prisons situées en zones périurbaines ou rurales, comme dans l'Oise, présentent un périmètre étendu particulièrement difficile à surveiller. Il lui demande quelle est la stratégie du Gouvernement en ce qui concerne le déploiement des dispositifs anti-drones dans les établissements pénitentiaires.

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Réponse du Ministère de la justice publiée le 20/08/2026

La lutte contre les drones malveillants est une priorité de l'administration pénitentiaire, afin de garantir la sécurité des établissements, en empêchant la circulation en détention de produits illicites et les communications illégales des personnes détenues avec l'extérieur. L'installation massive des filets anti-drones dans les établissements pénitentiaires est une opération couteuse et complexe impliquant la prise en compte de nombreuses spécificités techniques (types de filet, niveau de tension, dimension des cours de promenade). Pour garantir la solidité et la pérennité du montage, des études doivent être réalisées incluant des expertises géotechniques et densimétriques préalablement. En outre, la complexité de ces installations ne peut concerner tous les établissements pénitentiaires, sous peine de favoriser les évasions. Dans ces conditions, un plan de déploiement des dispositifs de détection, caractérisation et neutralisation des drones (DCND) a été engagé, afin d'équiper en priorité les établissements les plus exposés aux livraisons par drone. Au 4 août 2026, 71 dispositifs ont été déployés sur les 78 commandés en février 2026. Les 7 dispositifs restants seront installés d'ici la fin du second semestre 2026. La direction générale de l'administration pénitentiaire a conclu en 2026 un nouveau marché de maintenance des DCND, permettant de prendre en compte les nouvelles menaces et évolutions technologiques, sous réserve des disponibilités budgétaires. Ce dispositif permettra d'étendre le nombre de sites équipés. Ces dispositifs de lutte contre les drones demeurent des outils efficaces au service des agents pénitentiaires, fortement mobilisés à ce sujet. En coopération avec les forces de sécurité intérieure locales, de nombreux établissements équipés de DCND ont d'ailleurs mis en oeuvre des protocoles permettant l'interpellation des télépilotes. Les résultats sont d'ores et déjà efficaces et renforcent substantiellement la sécurité des établissements.

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