Question de M. SALMON Daniel (Ille-et-Vilaine - GEST) publiée le 18/06/2026
Question posée en séance publique le 17/06/2026
M. le président. La parole est à M. Daniel Salmon, pour le groupe Écologiste - Solidarité et Territoires. (Applaudissements sur les travées du groupe GEST.)
M. Daniel Salmon. Ma question s'adresse à Mme la ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature.
Après l'épisode caniculaire du mois de mai, une nouvelle vague de chaleur envahit la France et nous ne sommes que le 17 juin... On attend 40 degrés dimanche prochain à Paris ! Et le G7, actuellement réuni à Évian, refuse d'aborder la question du réchauffement climatique pour ne pas froisser l'internationale réactionnaire.
Des personnes suffoquent dans des bouilloires thermiques, où la température s'élève à plus de 30 degrés la nuit. Le plus souvent, ce sont les personnes les moins favorisées, qui vivent dans des logements mal isolés, sans inertie thermique, parfois sous les toits, qui subissent de plein fouet ces températures extrêmes. Et vous temporisez en parlant des logements classés F et G au diagnostic de performance énergétique (DPE) ! La rénovation de ces passoires thermiques permettrait pourtant d'éviter des coûts de santé de 10 milliards d'euros par an, selon le ministère de la transition écologique.
Le fonds vert, lui, est raboté : 2,5 milliards d'euros en 2024, puis 650 millions en 2026, alors qu'un euro investi dans l'adaptation permet d'éviter 8 euros de dommages. Que de temps perdu, de reculs et de détricotage systématique des politiques climatiques.
Depuis la mise à jour, en 2024, du plan national d'anticipation des vagues de chaleur, il n'y a eu aucune annonce à la hauteur pour prendre à bras-le-corps ce phénomène qui s'amplifie. Le troisième plan national d'adaptation au changement climatique (Pnacc) aurait dû définir des mesures stratégiques et structurelles ; il se contente pourtant de réponses dramatiquement faibles.
L'adaptation au changement climatique ne peut plus se limiter à un simple ajustement des politiques existantes. Elle nécessite une transformation profonde, en premier lieu de la politique du logement. Nous attendons que vous sortiez de l'inaction.
À quand un plan Grand chaud pour répondre à l'urgence ? À quand un plan massif d'isolation des écoles et des hôpitaux ? À quand une sortie des politiques erratiques de rénovation des logements ? (Applaudissements sur les travées du groupe GEST. - Mme Audrey Bélim applaudit également.)
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Réponse du Ministère de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature publiée le 18/06/2026
Réponse apportée en séance publique le 17/06/2026
M. le président. La parole est à Mme la ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature.
Mme Monique Barbut, ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature. Monsieur le sénateur, il est vrai que nous connaissons un épisode caniculaire extraordinaire, qui va certainement, comme vous le soulignez, devenir la norme dans les années qui viennent.
Il est également vrai que les vagues de chaleur sont de plus en plus fréquentes et de plus en plus intenses.
Il nous faut aujourd'hui prendre des mesures d'urgence. Avec mes collègues du Gouvernement, nous avons annoncé hier une série de mesures pour faire face à l'épisode de la fin de cette semaine, où nous atteindrons des pics à 40 degrés.
Par ailleurs, le Gouvernement travaille depuis quelques années sur des programmes d'adaptation au changement climatique. Le troisième Pnacc, qui a aujourd'hui un an, comprend plus de 200 mesures, qui ont été mises en oeuvre. Ainsi, en 2025, nous avons consacré 1,7 milliard d'euros à des travaux destinés à l'adaptation au changement climatique.
Certes, ce montant n'est toujours pas à la hauteur de ce que nous devons faire et il faudra augmenter ces ressources. C'est pourquoi j'ai demandé que la moitié des ressources du fonds vert soient consacrées aux questions d'adaptation au climat.
Nous travaillerons également sur un certain nombre de propositions. Vous avez parlé de logement : avec mon collègue Vincent Jeanbrun, nous annoncerons tout à l'heure plusieurs mesures destinées à renforcer l'endurance de nos territoires face aux vagues de chaleur qui se succèdent.
M. le président. La parole est à M. Daniel Salmon, pour la réplique.
M. Daniel Salmon. Merci, madame la ministre, de reconnaître que les mesures ne sont pas à la hauteur...
À quand des politiques ambitieuses ? Quand allez-vous faire payer les nantis, qui doivent faire des efforts pour que la solidarité nationale s'impose ? (Applaudissements sur les travées du groupe GEST, ainsi que sur des travées du groupe SER.)
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