Question de Mme MULLER-BRONN Laurence (Bas-Rhin - Les Républicains-A) publiée le 18/06/2026

Question posée en séance publique le 17/06/2026

M. le président. La parole est à Mme Laurence Muller-Bronn, pour le groupe Les Républicains. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)

Mme Laurence Muller-Bronn. Monsieur le ministre de l'éducation nationale, le 24 mai dernier, vous avez confirmé votre intérêt pour les langues régionales en permettant aux élèves qui ont appris le breton, le basque, le corse ou l'occitan de passer une épreuve de spécialité du baccalauréat en langue régionale, en vertu de la loi du 21 mai 2021 relative à la protection patrimoniale des langues régionales et à leur promotion, dite Molac, ce qui peut leur permettre d'obtenir des points supplémentaires.

M. Jean-Baptiste Lemoyne. Très bien !

Mme Laurence Muller-Bronn. Nous nous en réjouissons.

J'ai tout de même une question à vous poser, monsieur le ministre : selon vous, quelle est la région de France qui compte le plus de locuteurs en langue régionale ? Eh bien, avec plus de 600 000 locuteurs, c'est l'Alsace ! Or savez-vous quelle langue régionale n'est, paradoxalement, pas enseignée par l'éducation nationale au même titre que les autres langues ? L'alsacien !

Cette situation est due à un recteur, qui a décidé, dans une circulaire du 9 juin 1982, que la langue régionale de l'Alsace, dans l'enseignement en Alsace, était l'allemand.

Il ne s'agit pas ici de faire une psychanalyse des Alsaciens et encore moins d'engager des polémiques sans fin qui opposeraient l'allemand à l'alsacien - cela n'aurait aucun sens. Ce que réclament les Alsaciens, c'est que leur langue soit, au même titre que les autres, reconnue comme une langue régionale et enseignée jusqu'au lycée.

Surtout, ils veulent que le diplôme de compétence en langue (DCL) en alsacien, fruit d'un travail collectif entre l'université et le rectorat de Strasbourg, soit validé par votre ministère, afin de pouvoir certifier les compétences linguistiques en alsacien du personnel de l'éducation et des métiers du soin.

Monsieur le ministre, pouvez-vous nous assurer que la langue régionale la plus parlée en France sera enfin reconnue par nos institutions ? (Applaudissements sur des travées du groupe Les Républicains.)

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Réponse du Ministère de l'éducation nationale publiée le 18/06/2026

Réponse apportée en séance publique le 17/06/2026

M. le président. La parole est à M. le ministre de l'éducation nationale.

M. Edouard Geffray, ministre de l'éducation nationale. Oui. (Sourires.)

Je vais me permettre de développer, puisqu'il me reste encore une minute cinquante-huit secondes de temps de parole... (Nouveaux sourires.)

D'abord, l'alsacien fait partie des langues régionales, donc du patrimoine. Il sera à ce titre soumis exactement aux mêmes règles que celles que j'ai définies pour le baccalauréat, à savoir la possibilité pour les élèves d'attester d'un parcours bilingue en passant l'une de leurs deux spécialités et la moitié du grand oral adossé à celle-ci dans la langue régionale. S'ils obtiennent la moyenne à la fois dans la spécialité présentée et dans la langue choisie, ils pourront obtenir le diplôme avec la mention « bilingue ».

Ensuite, l'alsacien est aujourd'hui pratiqué et enseigné ; 16 000 élèves l'apprennent dans le premier degré. Nous sommes en revanche en retard dans le second degré en Alsace, c'est très clair. Je vous confirme donc que nous avons besoin du diplôme de compétence en langue.

Une première demande avait été adressée à mes services en 2025, mais elle n'a pu prospérer pour des raisons réglementaires. Nous sommes en train de reprendre le dossier, puisque la région et le rectorat y ont retravaillé ensemble, je m'en suis même assuré récemment. Nous allons tout simplement réexaminer ce dossier, afin de lui permettre d'aboutir dans des délais raisonnables. En effet, dans un certain nombre de métiers et de filières, notamment dans le domaine éducatif et périscolaire, le DCL sera particulièrement utile.

Par conséquent, oui, l'alsacien sera bien intégré dans le dispositif, au même titre que les autres langues régionales de ce pays. Vous pouvez compter sur moi. (MM. Jean-Baptiste Lemoyne, Loïc Hervé et Max Brisson applaudissent.)

M. le président. La parole est à Mme Laurence Muller-Bronn, pour la réplique.

Mme Laurence Muller-Bronn. Monsieur le ministre, à ce jour le dossier du DCL pour l'alsacien est bien dans vos services.

L'Office public de la langue régionale d'Alsace (Opla), qui soutient ce projet, et moi-même sommes prêts à vous rencontrer, le plus rapidement possible, pour obtenir la reconnaissance de la langue d'Alsace. (Applaudissements sur des travées du groupe Les Républicains.)

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