Question de M. MÉRILLOU Serge (Dordogne - SER) publiée le 25/06/2026

Question posée en séance publique le 24/06/2026

M. le président. La parole est à M. Serge Mérillou, pour le groupe Socialiste, Écologiste et Républicain. (Applaudissements sur les travées du groupe SER.)

M. Serge Mérillou. Madame la ministre de la transition écologique, notre pays suffoque, nos forêts et nos champs s'embrasent, en Dordogne comme partout ailleurs en France...

Ancien président du service départemental d'incendie et de secours (Sdis) de mon département, je tiens d'abord à saluer l'engagement de nos sapeurs-pompiers, professionnels comme volontaires. (Applaudissements.) Je salue aussi l'engagement des associations locales de défense des forêts contre l'incendie (DFCI), en lien avec les maires qui assurent localement une desserte forestière de qualité, la sensibilisation des populations et la surveillance du massif forestier.

Cependant, l'État est-il au rendez-vous face au changement climatique et à l'aggravation du risque ?

Après les « mégafeux » de forêt en Gironde, le Président de la République annonçait en 2022 le remplacement des douze Canadair actuels et le renforcement de la flotte, pour la porter à seize appareils d'ici à la fin du quinquennat.

D'abandon en renoncement, seulement deux Canadair ont été commandés, tandis que deux autres viennent à peine de l'être, le 4 juin dernier. Ces Canadair ne seront livrés qu'en 2032, soit dix ans après l'annonce présidentielle.

Madame la ministre, l'engagement pris en 2022 de disposer de seize Canadair renouvelés d'ici à la fin du quinquennat sera-t-il tenu ? Si ce n'est pas le cas, envisagez-vous un renfort des pélicandromes pour aider nos pompiers ? Où en est-on de la filière française d'avions bombardiers d'eau ?

Surtout, alors que vous affirmez que la France est à la pointe de l'adaptation au réchauffement, que se passera-t-il demain si notre pays est confronté à un mégafeu comme celui que nous avons connu dans l'Aude en 2025 ? (Applaudissements sur les travées du groupe SER, ainsi que sur des travées du groupe GEST.)


Réponse du Ministère de l'intérieur publiée le 25/06/2026

Réponse apportée en séance publique le 24/06/2026

M. le président. La parole est à M. le ministre de l'intérieur.

M. Laurent Nunez, ministre de l'intérieur. Monsieur le sénateur, je vous remercie tout d'abord d'avoir salué le travail et l'engagement des sapeurs-pompiers, quel que soit leur statut - professionnels, volontaires ou militaires.

Dans la période caniculaire que nous connaissons, nous sommes évidemment extrêmement attentifs aux feux. Hier, d'ailleurs, deux incendies ont ravagé une centaine d'hectares dans le Maine-et-Loire et dans le Lot-et-Garonne ; au moment où je vous parle, des incendies sont pris en charge très rapidement.

Il ne faut pas oublier que nous mettons en moyenne huit minutes pour intervenir massivement sur les feux de végétation lorsqu'ils se déclenchent, grâce au dispositif national qui a été mis en place.

Par ailleurs, je peux vous confirmer que nous disposerons bien de douze Canadair : nous en avons en effet commandé quatre à ce jour. Les huit avions Dash seront mobilisés tout au long de la saison, ainsi que les trois avions Beech, auxquels s'ajoutent des appareils loués, dont des hélicoptères permettant d'attaquer le feu et des avions de reconnaissance.

S'y ajoute le pacte capacitaire, dans le cadre duquel l'État s'est engagé sur une dotation de 150 millions d'euros, laquelle a permis de renouveler un certain nombre de matériels. Au 1er juillet, 541 engins seront ainsi à disposition pour combattre les incendies.

Il faut surtout avoir à l'esprit, monsieur le sénateur, que nous travaillons en parfaite coordination avec Météo-France pour prépositionner ces moyens nationaux là où le risque est le plus élevé, afin de pouvoir réagir très rapidement, en huit minutes en moyenne.

S'agissant du renouvellement de la flotte de Canadair et du recours à d'autres industriels, je vous confirme de nouveau que quatre Canadair ont été commandés. Pour ce qui est des autres industriels qui produisent des bombardiers d'eau, qu'ils soient amphibies ou non, nous nous intéressons évidemment à eux et avons d'ailleurs signé des lettres d'intérêt pour suivre l'évolution de leur technologie. (M. François Patriat applaudit.)

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