Question de M. WEBER Michaël (Moselle - SER) publiée le 25/06/2026
Question posée en séance publique le 24/06/2026
M. le président. La parole est à M. Michaël Weber, pour le groupe Socialiste, Écologiste et Républicain. (Applaudissements sur les travées du groupe SER.)
M. Michaël Weber. Madame la ministre, hier, la France a battu un nouveau record : la journée la plus chaude jamais enregistrée. Ce n'est pas le genre de record dont un gouvernement peut être fier...
Plus inquiétant encore, tout laisse à penser que nous ne tarderons pas à le battre de nouveau. Ce nouvel épisode caniculaire nous rappelle les conséquences dramatiques des canicules d'août 2003 et de juillet 2019.
Il nous rappelle aussi l'évidence : le réchauffement climatique est sans doute le phénomène naturel le mieux documenté et le plus prévisible. Pourtant, pour y faire face, notre impréparation est flagrante et notre manque d'anticipation total.
La lutte contre le réchauffement climatique est-elle une priorité absolue du Gouvernement ? Au-delà des annonces, quels moyens concrets entendez-vous mobiliser pour accélérer l'adaptation de notre pays, en particulier de notre agriculture, et pour protéger efficacement la santé des Français face à ces épisodes de chaleur extrême ? (Applaudissements sur les travées des groupes SER et GEST.)
Réponse du Ministère de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature publiée le 25/06/2026
Réponse apportée en séance publique le 24/06/2026
M. le président. La parole est à Mme la ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature.
Mme Monique Barbut, ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature. Comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire, oui, nous vivons un événement exceptionnel par son intensité. Et oui, nous aurons certainement à en vivre d'autres.
Pour autant, je ne peux accepter que l'on dise que la France ne se prépare pas au dérèglement climatique. À l'heure actuelle, en Europe, notre pays est le plus en avance sur ces questions, à tel point que la Commission européenne a demandé à la France de lui présenter ses documents pour s'en inspirer et construire une politique européenne d'adaptation. (Exclamations sur les travées du groupe GEST.)
Cela ne va jamais assez vite, nous sommes d'accord. Aujourd'hui, nous traitons une situation d'urgence. Et pour ce faire, je suis aussi obligée de dire, puisque vous ne voulez pas le reconnaître de vous-même, que l'État s'est bien organisé. (Mme Audrey Linkenheld et M. Alexandre Basquin le contestent.)
Nos hôpitaux sont en bon état de fonctionnement. Le ministre de l'éducation nationale et moi-même avons pris les mesures qu'il fallait pour assurer les examens. Nous avons fait de même pour les Ehpad.
En outre, avec le ministre de l'intérieur, nous avons pris toutes les mesures qu'il fallait pour éviter les feux de forêt. Je vais vous donner un chiffre : davantage de feux se sont déjà déclarés cette année qu'à la même période l'année dernière. Comme nous avons été capables de les arrêter bien plus vite, vous n'en avez pas entendu parler.
Parler d'impréparation n'est donc pas acceptable.
En revanche, comme je l'ai souligné tout à l'heure, l'adaptation va demander des années. C'est toute notre vie, toutes nos infrastructures qu'il va falloir revoir.
Pour ce qui est de l'urgence, nous sommes là ; pour ce qui est de l'avenir, il nous faut le construire ensemble.
M. le président. La parole est à M. Michaël Weber, pour la réplique.
M. Michaël Weber. Madame la ministre, si vous voulez des chiffres, je vais vous en donner, mais je voudrais tout d'abord souligner que, par votre passivité au sein de ce gouvernement, vous laissez passer des reculs en permanence.
Vous avez accepté de revenir en arrière sur le ZAN, dont il a été question voilà quelques instants.
Mme Monique Barbut, ministre. Non ! Je ne suis pas d'accord !
M. Michaël Weber. Nous pouvons aussi parler de la décision du Premier ministre, le 28 mai dernier, de raboter le fonds vert de plus de 30 %. De même, les crédits de MaPrimeRénov' ont été réduits de 234 millions d'euros, soit autant de moyens en moins pour la rénovation du bâti. Aucune rénovation thermique des écoles n'a été engagée.
Ce dont nous avons besoin, c'est de moyens supplémentaires par le biais de la dotation d'équipement des territoires ruraux (DETR) et du fonds vert !
Et puis, madame la ministre, j'ai trouvé assez cocasse de vous entendre dire, la semaine dernière, que cette canicule rencontrait le débat sur le projet de loi d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles. Ce texte s'en prend aux zones humides, qui sont autant de tampons de captation carbone pour lesquels vous ne vous battez pas.
Mme Monique Barbut, ministre. Ah bon ?
M. Michaël Weber. Aussi, je vous le demande : si ce texte est adopté le 16 juillet prochain à l'issue de la commission mixte paritaire, avec tous les reculs que l'on constate, resterez-vous au Gouvernement ? (Oh là là ! sur les travées du groupe Les Républicains.) Serez-vous suffisamment solide pour mettre en adéquation vos idées et ce que vous défendez aujourd'hui ? (Applaudissements sur les travées des groupes SER et GEST.)
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