Question de Mme JOUVE Mireille (Bouches-du-Rhône - RDSE) publiée le 02/07/2026
Question posée en séance publique le 01/07/2026
M. le président. La parole est à Mme Mireille Jouve, pour le groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen. (Applaudissements sur les travées du groupe RDSE, ainsi que sur des travées du groupe RDPI.)
Mme Mireille Jouve. Monsieur le Premier ministre, devenir la première grande nation à réussir une transition juste et efficace, rester à la pointe de la biodiversité, tel est le cap fixé par le Président de la République et tout un chacun se félicite du plan France 2030.
Si la nécessité d'accompagner les besoins croissants en électricité en développant des technologies innovantes et de rupture est comprise, la méthode employée dans les Landes, en Seine-Maritime, dans la Somme ou encore en Camargue interroge.
Dans les Bouches-du-Rhône, nous souscrivons tous à la décarbonation de la zone industrialo-portuaire de Marseille-Fos-Berre, car nous profitons tous des richesses de ce territoire.
Cependant, le projet de création d'une ligne aérienne à très haute tension de plus de 60 kilomètres entre le Gard et Fos-sur-Mer prévoit l'implantation de 180 pylônes de 50 à 90 mètres de hauteur à travers la Crau, la Terre d'Argence et surtout la Camargue.
Ce projet est situé au coeur de l'une des plus vastes zones humides d'Europe, qui bénéficie notamment de protections au titre du réseau Natura 2000, de l'Unesco, du parc naturel régional de Camargue et de plusieurs réserves naturelles.
Alors que l'instruction de la déclaration d'utilité publique vient d'être lancée, de nombreux élus, agriculteurs et associations d'habitants ont fait part de leur émoi.
Nous sommes, tant en Camargue que dans les Landes ou en Normandie, région qui vous est chère, monsieur le Premier ministre, farouchement opposés au manque de dialogue et à l'absence d'études de solutions de substitution. Et pourtant, celles-ci existent.
Monsieur le Premier ministre, à l'occasion de votre venue demain, dans les Bouches-du-Rhône, pouvez-vous user de votre légendaire sens du compromis (Sourires.) afin de dégager une solution viable pour la Camargue, pour la décarbonation du grand port maritime de Marseille et de la zone industrielle de Fos ? (Applaudissements sur les travées du groupe RDSE.)
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Réponse du Ministère délégué, porte-parole du Gouvernement auprès du Premier ministre, et ministère délégué, chargé de l'énergie auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique publiée le 02/07/2026
Réponse apportée en séance publique le 01/07/2026
M. le président. La parole est à Mme la ministre déléguée, porte-parole du Gouvernement.
Mme Maud Bregeon, ministre déléguée auprès du Premier ministre, porte-parole du Gouvernement, ministre déléguée auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique, chargée de l'énergie. Madame la sénatrice, je tâcherai, pour vous répondre, de faire preuve d'autant de sens du compromis que M. le Premier ministre. (Sourires.)
Vous le savez, cette ligne est indispensable à l'industrialisation du territoire. Derrière cette question, ce sont d'usines et d'emplois dont nous parlons.
Cette réalité technique nous conduit, depuis plusieurs années maintenant, à mûrir la réflexion autour de ce projet, en lien étroit avec Réseau de transport d'électricité (RTE), car c'est la sécurité des réseaux qui est en jeu.
La création d'une telle ligne aérienne n'a pas été décrétée. La décision a été prise sur des critères non pas politiques, mais avant tout techniques.
Comme vous le savez, une consultation publique préalable a eu lieu en 2024, ainsi que des échanges portant sur le projet dans le cadre du débat public sur l'avenir industriel de la zone.
Je le répète, ce projet est nécessaire pour le réseau, pour la transition écologique et pour les industriels. RTE a d'ailleurs mobilisé des moyens renforcés - je remercie ses équipes - pour échanger notamment avec les élus locaux. Je sais combien ces derniers sont inquiets ; nous nous tiendrons bien évidemment à leurs côtés et faciliterons autant que possible les échanges.
Madame la sénatrice, vous aimeriez qu'un temps spécifique soit organisé sur place. J'y suis favorable et je m'engage à organiser ce moment d'échange avec les élus concernés. Ces derniers comprennent bien le pragmatisme dont il faut faire preuve pour trouver un équilibre entre la préservation de la biodiversité, celle de l'agriculture et la réindustrialisation du territoire, qui est absolument essentielle.
Je précise que l'État a nommé des tiers facilitateurs sur lesquels nous pourrons aussi nous appuyer.
Ce sujet est complexe et provoque des tensions, mais le projet est absolument indispensable au territoire et sera bénéfique pour ses habitants, notamment en termes d'emploi.
Si vous le souhaitez, je prendrai tout le temps nécessaire pour venir sur place organiser les échanges qui s'imposent et me tenir à l'écoute des élus locaux. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)
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