Question de M. BROSSAT Ian (Paris - CRCE-K) publiée le 02/07/2026
Question posée en séance publique le 01/07/2026
M. le président. La parole est à M. Ian Brossat, pour le groupe Communiste Républicain Citoyen et Écologiste - Kanaky.
M. Ian Brossat. Monsieur le ministre du logement, la France vient de subir un deuxième épisode de canicule en l'espace d'un mois, et certains en prédisent un troisième dans les jours à venir. Cet épisode a été un puissant révélateur de la crise du logement et des inégalités qui existent en la matière.
Assurément non, tout le monde n'est pas logé à la même enseigne face à ces grandes chaleurs. À bien des égards, la canicule est une violence de classe. (Protestations sur les travées des groupes UC et Les Républicains.)
En témoigne le fait que 60 % des habitants des quartiers populaires, c'est-à-dire une proportion supérieure de 20 points à la moyenne nationale, disent souffrir de la chaleur dans leur logement. De telles conditions d'habitation ne les exposent pas seulement à l'inconfort ; elles leur font aussi courir un risque mortel. Ainsi, lors de la canicule de 2003, la mortalité dans les quartiers populaires a été trois fois plus élevée que dans l'ensemble du pays.
Nul ne devrait accepter qu'en France des hommes et des femmes meurent de chaud dans leur appartement, faute des protections nécessaires pour y vivre dignement.
Monsieur le ministre du logement, comment pouvez-vous justifier, après un pareil épisode de canicule, que les crédits consacrés à MaPrimeRénov' diminuent de 300 millions d'euros en 2026 ? Comment pouvez-vous justifier que, dans le projet de loi visant la relance et la décentralisation du logement, qui sera débattu la semaine prochaine dans cet hémicycle, rien ne soit prévu pour lutter contre les bouilloires thermiques ? Pis, 700 000 logements, qui sont des passoires énergétiques, seront remis en location, alors qu'ils devraient sortir du marché.
Monsieur le ministre, ma question est simple : qu'allez-vous modifier dans votre projet de loi sur le logement pour faire en sorte que ces problématiques soient véritablement prises en compte ? (Applaudissements sur les travées du groupe CRCE-K, ainsi que sur des travées des groupes SER et GEST.)
- page 5490
Réponse du Ministère de la ville et du logement publiée le 02/07/2026
Réponse apportée en séance publique le 01/07/2026
M. le président. La parole est à M. le ministre de la ville et du logement.
M. Vincent Jeanbrun, ministre de la ville et du logement. Monsieur le sénateur Ian Brossat, je vous remercie d'évoquer le fait que, dès la semaine prochaine, le Sénat examinera le projet de loi visant la relance et la décentralisation du logement, qui constitue un texte important, puisqu'il comporte tout un volet sur la rénovation énergétique des logements, et notamment celle des fameux logements classés F et G, que nous souhaitons en effet remettre sur le marché pour faire en sorte qu'ils soient rénovés. C'est le pacte gagnant-gagnant que nous voulons conclure avec les propriétaires, mais aussi avec les locataires, avec tous nos artisans et, au fond, avec la planète et le climat, puisque l'idée est bien de rénover ces logements.
Toutefois, monsieur le sénateur, permettez-moi de vous rappeler quelques éléments fondamentaux. Le Gouvernement a maintenu ses efforts en matière de transition du logement et des bâtiments. Le budget de MaPrimeRénov' a ainsi été conforté en 2026. L'ambition du dispositif a même été renforcée : alors que 103 000 logements ont fait l'objet d'une rénovation dans ce cadre en 2025, ils seront 130 000 en 2026. Notre ambition est intacte. (M. Fabien Gay s'exclame.) Je le dis devant l'ensemble des membres du Gouvernement, qui soutiennent cette politique importante.
Les sénateurs pourront amender le projet de loi sur le logement pour veiller à ce que le confort d'été soit pleinement pris en compte. Cette dimension n'est pas oubliée par MaPrimeRénov', puisque ce dispositif permet déjà, depuis plusieurs années, de financer l'installation de volets ou de ventilateurs, par exemple. Nous pouvons cependant aller plus loin ensemble, notamment lors de l'examen de ce texte au Sénat.
Enfin, monsieur le sénateur, charité bien ordonnée commence par soi-même : la Ville de Paris, où vous avez été adjoint à la maire, chargé du logement, n'est pas vraiment exemplaire en la matière. Vous aviez promis 5 000 logements sociaux rénovés. Où sont-ils ? Les habitants des quartiers populaires de Paris les attendent toujours. (Bravo ! et applaudissements sur les travées des groupes Les Républicains et UC, ainsi que sur des travées du groupe INDEP. - Protestations sur les travées des groupes CRCE-K et SER.)
Mme Cécile Cukierman. Ce n'est pas au niveau, monsieur le ministre !
Mme Audrey Linkenheld. Votre réponse n'est pas à la hauteur !
M. le président. La parole est à M. Ian Brossat, pour la réplique.
M. Ian Brossat. Monsieur le ministre, s'il est bien un sujet sur lequel vous ne devriez pas dire un seul mot, c'est celui de la rénovation du parc social, car les aides de l'État en la matière sont de zéro euro !
Les 5 000 logements sociaux qui sont rénovés chaque année à Paris le sont sans une seule aide de l'État. Si j'étais vous, monsieur le ministre, j'aurais honte ! Pour ce qui nous concerne, nous sommes très fiers de notre bilan et nous allons continuer à agir sans votre aide ni votre concours ! (Huées sur les travées des groupes Les Républicains et UC. - Vifs applaudissements sur les travées des groupes SER, CRCE-K et GEST.)
- page 5490
Page mise à jour le