Question de Mme PAIRE Sandra (Alpes-Maritimes - Les Républicains-R) publiée le 02/07/2026
Question posée en séance publique le 01/07/2026
M. le président. La parole est à Mme Sandra Paire, pour le groupe Les Républicains. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)
Mme Sandra Paire. Monsieur le président, monsieur le ministre de l'intérieur, le meurtre du jeune Louis à Narbonne a bouleversé notre pays. Au-delà de l'émotion légitime qu'il suscite, ce drame nous interroge sur la capacité de nos institutions à protéger nos enfants et à détecter les situations de danger avant qu'il ne soit trop tard. Chaque drame révèle parfois des signalements, des alertes ou des informations qui n'ont pas permis d'éviter l'irréparable.
Nos concitoyens attendent des réponses, mais surtout des actes. Quelles mesures le Gouvernement entend-il prendre pour renforcer la coordination entre les services de la justice, les forces de l'ordre, l'aide sociale à l'enfance (ASE), les professionnels de la santé et l'éducation nationale, afin que chaque signalement fasse l'objet d'un traitement rapide et efficace ?
Vous avez vous-même souligné, monsieur le ministre, la montée inquiétante de la violence chez certains jeunes. Après Elias, Lyhanna et tant d'autres victimes, ce nouveau drame nous apparaît insupportable.
Au-delà de la barbarie des agresseurs, une autre question se pose : celle de la défaillance de notre chaîne de protection. Les Français ne le supportent plus. Quelle réponse concrète leur apportez-vous aujourd'hui ? (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)
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Réponse du Ministère de l'intérieur publiée le 02/07/2026
Réponse apportée en séance publique le 01/07/2026
M. le président. La parole est à M. le ministre de l'intérieur.
M. Laurent Nunez, ministre de l'intérieur. Vous avez raison, madame la sénatrice, de rappeler que l'homicide du jeune Louis est un drame qui a évidemment bouleversé l'ensemble de notre pays. Je veux exprimer de nouveau toute ma compassion envers sa famille. À la suite de ce drame abominable, une enquête est en cours, puisque les auteurs ont été interpellés très rapidement, et que les investigations permettront de déterminer le rôle de chacun.
Je vais répondre très directement à votre question, mais je tiens auparavant à mettre en lumière ce qu'a été le parcours éducatif des auteurs. Il est extrêmement important que nous comprenions ce qui s'est passé avec ces jeunes qui, pour la plupart, étaient passés par l'aide sociale à l'enfance, étaient placés et avaient eu une vie quelque peu chaotique. Nous devrons nous efforcer de retracer les alertes et les signaux qui ont pu être envoyés. Sur ce point, nous serons totalement transparents.
Vous avez raison de le souligner, et je le dis depuis longtemps, y compris lorsque j'étais haut fonctionnaire, l'une des préoccupations principales de nos forces de sécurité, mais aussi de l'ensemble de la société, est la violence des jeunes. Cette violence s'exprime de manière de plus en plus visible, de plus en plus terrible, et elle a cours dans des activités délictueuses où nous avions plutôt l'habitude de voir des majeurs être mis en cause : les vols avec violence, les home-jackings et, malheureusement, les homicides et les violences physiques aux personnes.
Une réponse doit être apportée. C'est d'abord, évidemment, une réponse sécuritaire. Je vous redis ce que vous m'avez toujours entendu dire : les forces de sécurité intérieure ne sont pas bornées par l'excuse de minorité. Nous interpellons tous les auteurs. Il y aura évidemment des questions à se poser à cet égard.
Mais la réponse doit être globale : elle ne saurait concerner uniquement la justice et le ministère de l'intérieur ; elle concerne l'ensemble de notre société, à commencer par les milieux éducatifs, les milieux associatifs et le monde de la protection de l'enfance, qui est tout particulièrement concerné en l'espèce. Une fois encore, c'est une réponse globale qu'il faudra apporter, avec l'ensemble des acteurs.
Pour finir, permettez-moi une fois encore de vous faire part de l'émotion du Gouvernement, et particulièrement de la mienne, face à ce drame. (M. François Patriat applaudit.)
M. le président. La parole est à Mme Sandra Paire, pour la réplique.
Mme Sandra Paire. Monsieur le ministre, les Français n'attendent pas seulement des constats ni des intentions : ils attendent des résultats. Derrière cette affaire, il y a un enfant qui ne grandira jamais, des familles endeuillées et une société en colère devant des vies brisées.
Si des dispositifs existent, ils doivent être réévalués, renforcés et mieux coordonnés. Devant de telles violences commises par des jeunes, la justice pénale des mineurs doit absolument être réformée. Nous le devons à Louis ; nous le devons à tous les enfants de France. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains. - Mme Anne-Sophie Romagny applaudit également.)
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