Question de M. CHANTREL Yan (Français établis hors de France - SER) publiée le 30/07/2026

M. Yan Chantrel attire l'attention de M. le ministre de l'Europe et des affaires étrangères sur les conséquences du projet de rapprochement entre l'Institut de recherche pour le développement (IRD) et le Centre national de la recherche scientifique (CNRS), tant pour la recherche française que pour le rayonnement international de notre pays. Ce projet de réorganisation suscite de vives inquiétudes alors même que le CNRS est engagé dans une profonde recomposition de son organisation, avec notamment une réduction annoncée du nombre de ses instituts.

Au-delà de sa mission de recherche en partenariat, l'IRD constitue un instrument essentiel de la diplomatie scientifique française. Seul établissement public français pluridisciplinaire entièrement consacré à la recherche pour le développement durable et solidaire, il est présent en outre-mer et dans une cinquantaine de pays partenaires, principalement en Afrique, en Asie et en Amérique du Sud. Grâce à cette implantation de longue date, il développe une coopération scientifique fondée sur la confiance, la réciprocité et la co-construction des connaissances. Dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques croissantes et une concurrence accrue en matière d'influence scientifique, cette présence constitue un atout stratégique majeur pour la France.

L'expertise de l'IRD est largement reconnue à l'international. Son modèle inspire d'ailleurs plusieurs États qui développent leur propre stratégie de diplomatie scientifique, à l'image du Canada. La disparition de son identité propre ou son intégration dans un ensemble plus vaste pourraient ainsi fragiliser un outil reconnu de l'influence scientifique française.

Il souhaite donc connaître les intentions du Gouvernement concernant ce projet de rapprochement. Plus précisément, il lui demande de préciser le contenu de la lettre de cadrage adressée aux présidents-directeurs généraux de l'IRD et du CNRS, les objectifs poursuivis par cette réforme ainsi que le calendrier envisagé pour sa mise en oeuvre.

Il appelle également son attention sur les conséquences qu'une telle réorganisation pourrait avoir sur les partenariats scientifiques et diplomatiques construits de longue date entre la France et ses partenaires, en particulier dans les pays du Sud. La remise en cause du modèle de recherche partenariale porté par l'IRD risquerait d'affaiblir durablement une coopération scientifique qui fait aujourd'hui la singularité et la force de cet établissement.

Enfin, il lui demande quelles garanties le Gouvernement entend apporter afin que cette réforme fasse l'objet d'une concertation approfondie avec les personnels des établissements concernés, leurs conseils d'administration et conseils scientifiques, ainsi qu'avec les partenaires scientifiques et institutionnels des pays dans lesquels l'IRD est implanté.

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En attente de réponse du Ministère de l'Europe et des affaires étrangères.

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