Question de M. SZCZUREK Christopher (Pas-de-Calais - NI) publiée le 02/07/2026
Question posée en séance publique le 01/07/2026
M. le président. La parole est à M. Christopher Szczurek, pour la réunion administrative des sénateurs ne figurant sur la liste d'aucun groupe.
M. Christopher Szczurek. Monsieur le président, monsieur le Premier ministre, ma question s'adresse à Mme la ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature.
« Je suis horrifiée, on me dit qu'il faut mettre la clim partout, mais cela va éviter quoi ? » Madame la ministre, ce sont vos mots. Et pourtant, la climatisation permet d'éviter que nos anciens ne suffoquent dans les Ehpad, que nos enfants ne passent leurs examens dans des sous-sols ou des gymnases de fortune, que des millions de Français ne vivent plusieurs jours dans des logements transformés en étuves. Elle sauve des vies lors des épisodes de chaleur extrême, tout simplement.
Cette vague de chaleur, avant la prochaine, aura eu un mérite : elle a révélé non seulement que l'air est devenu irrespirable, mais aussi que c'est bien l'accumulation de biais idéologiques qui empêche notre pays de s'adapter.
Pourquoi la France compte-t-elle si peu d'écoles, d'Ehpad, de logements et de bâtiments publics climatisés, quand ces équipements sont devenus la norme dans la plupart des pays du sud de l'Europe, en Amérique ou en Asie ? Parce qu'un décret de près de 1 900 pages décourage le refroidissement des bâtiments ; parce que l'installation d'une climatisation peut dégrader le diagnostic de performance énergétique ; parce que MaPrimeRénov' refuse toujours d'accompagner les particuliers qui souhaitent installer une pompe à chaleur réversible ; parce que le fonds vert ne finance pas les équipements de rafraîchissement des bâtiments publics.
Vous annonciez préparer une France à 4 degrés Celsius supplémentaires ; vous demandez surtout à nos compatriotes de s'adapter au déclassement français. Bien sûr, je n'accuse pas le Gouvernement d'être responsable du climat et je ne vous jugerai pas responsable, comme ce fut le cas hier à l'Assemblée nationale, du nombre de morts. Je ne vous dirai pas non plus que la climatisation est la seule solution.
Ce que nous vous reprochons, c'est d'avoir traité comme méprisable une solution, certes ponctuelle, mais qui a au moins le mérite de répondre aux urgences. Vous avez ainsi pris le risque de la rendre moins pertinente aux yeux des Français qui en ont le plus besoin. Or nous savons que les inégalités sociales renforcent la fragilité face aux températures extrêmes.
Nous vous reprochons de n'avoir rien fait contre ce syndrome très français qui paralyse notre pays devant chaque aléa climatique. Nous vous reprochons votre faiblesse face aux extrémistes qui ont empêché le pays de s'équiper progressivement et de mettre en place cette complémentarité pourtant logique : il faut évidemment isoler et refroidir.
Ma question est donc simple : niez-vous que l'« impossibilisme » et l'immobilisme soient surtout la conséquence de la situation financière de la France et que vous camoufliez des arbitrages budgétaires derrière des choix forcément vertueux ? (M. Joshua Hochart applaudit.)
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Réponse du Ministère de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature publiée le 02/07/2026
Réponse apportée en séance publique le 01/07/2026
M. le président. La parole est à Mme la ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature. (Exclamations ironiques sur des travées du groupe Les Républicains.)
Mme Monique Barbut, ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature. Monsieur le sénateur, je veux tout d'abord m'associer au Premier ministre et à l'ensemble des membres du Gouvernement qui se sont exprimés sur ce sujet pour adresser une pensée aux proches des victimes, aux soignants et à l'ensemble des professionnels qui ont souffert de cet épisode de canicule.
Je veux être très claire : oui, la climatisation permet de sauver des vies. (Ah ! sur des travées du groupe Les Républicains.) Il n'a jamais été question de remettre cela en cause et je l'ai d'ailleurs affirmé publiquement à plusieurs reprises.
Le vrai débat n'est pas d'être pour ou contre la climatisation. Nous y sommes tous favorables au Gouvernement. Simplement, monsieur le sénateur, climatiser une maison ou un appartement sans avoir pris certaines précautions au préalable pour rafraîchir la pièce, c'est aussi provoquer un désastre pour les personnes concernées. Je vous laisse imaginer les factures d'électricité si les premiers gestes n'ont pas déjà été faits : installer des stores, fermer des volets, etc.
C'est ce que nous essayons de rappeler. La climatisation est bien évidemment nécessaire. Elle l'est dans les hôpitaux - nous y avons vu des situations inacceptables -, dans les écoles et là où se trouvent des personnes fragiles.
Je tiens aussi à vous dire que j'ai annoncé le 17 juin que le fonds vert allait dorénavant financer la climatisation. Par ailleurs, à compter du 1er septembre 2026, la TVA sur les pompes à chaleur air-air passera à 5,5 %, ce qui signifie que nos concitoyens auront la possibilité d'acquérir des équipements moins onéreux qu'ils ne l'étaient jusqu'à présent.
Vous conviendrez toutefois avec moi que la climatisation n'est pas la seule réponse au dérèglement climatique,...
M. le président. Il faut conclure !
Mme Monique Barbut, ministre. ... et je souhaite que nous puissions également consacrer du temps aux autres solutions.
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