Question de Mme BRIANTE GUILLEMONT Sophie (Français établis hors de France - RDSE) publiée le 20/08/2026
Mme Sophie Briante Guillemont attire l'attention de M. le ministre de l'Europe et des affaires étrangères sur la réduction particulièrement importante des moyens humains du dispositif diplomatique, consulaire et éducatif français au Mali. Selon les informations portées à sa connaissance, 57 postes d'agents de droit local (ADL) seraient supprimés sur les 77 que compte actuellement le dispositif, après sept suppressions déjà intervenues quelques mois auparavant. Dans le même temps, le nombre de personnels expatriés passerait de 23 à 8 et plusieurs recrutements prévus seraient annulés.
L'ampleur et la brutalité de cette restructuration suscitent une profonde inquiétude. Les agents ont été informés qu'une très large majorité des postes seront supprimés sans savoir encore lesquels d'entre eux seront concernés. Dans le contexte économique malien, les conséquences humaines et sociales de ces licenciements seront particulièrement lourdes pour les personnels et leurs familles. Cette réduction massive des effectifs interroge également sur la capacité à maintenir un service public consulaire satisfaisant auprès des plus de 4 000 Français inscrits au registre à Bamako, auxquels s'ajouteraient, selon les estimations locales, environ 2 000 Français non inscrits.
Le dispositif d'enseignement français est également directement affecté. À la suite de la décision des autorités françaises, communiquée le 7 août 2026, imposant aux personnels détachés et résidents auprès du lycée Liberté de Bamako de quitter leurs fonctions et le territoire malien, l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger (AEFE) a dénoncé la convention qui la liait à l'établissement, avec effet au 1er septembre 2026.
Cette décision intervient à seulement quelques semaines de la rentrée, en pleine période de congés, et concerne un établissement où sont inscrits plus de 1 150 élèves. Dans ces conditions et dans un délai aussi contraint, la constitution d'une nouvelle équipe pédagogique apparaît particulièrement difficile. Si l'AEFE indique souhaiter poursuivre sa coopération avec le lycée dans le cadre d'un nouvel accord de partenariat, les conditions concrètes permettant d'assurer la rentrée et la continuité de l'enseignement demeurent à préciser, de même que les éventuels moyens financiers qui pourraient être mobilisés pour accompagner l'établissement dans cette situation exceptionnelle.
Elle lui demande donc quelles considérations ont conduit le Gouvernement à décider une réduction aussi massive et aussi rapide de la présence française au Mali, si les conséquences de ces décisions pour la communauté française au Mali ont été pleinement évaluées, quelle concertation a été conduite en amont avec les responsables des postes et les représentants des personnels, quelles mesures d'accompagnement sont prévues pour les agents de droit local concernés et leurs familles, et quelles garanties peuvent être apportées quant au maintien d'un service consulaire effectif pour les Français établis au Mali ainsi qu'à la continuité de l'enseignement français à Bamako, notamment par un accompagnement financier du lycée Liberté lui permettant de faire face aux conséquences immédiates de ces décisions.
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En attente de réponse du Ministère de l'Europe et des affaires étrangères.
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