Environnement
Philippe ADNOT
Table des matières
-
I. PRÉSENTATION GÉNÉRALE DES
CRÉDITS
- A. LES GRANDES MASSES DU BUDGET DE L'ENVIRONNEMENT EN 2002
-
B. PRÉSENTATION DES CRÉDITS PAR
AGRÉGAT
- 1. Soutien aux politiques environnementales (213 millions d'euros, + 15 %)
- 2. Protection de la nature, des sites et des paysages (118 millions d'euros, + 7 %)
- 3. Protection de l'eau et des milieux aquatiques (33 millions d'euros, - 23 %)
-
4. Prévention des pollutions et des risques (397
millions d'euros, + 5 %)
- a) La prévention des risques naturels (30 millions d'euros)
- b) La prévention des risques technologiques et des pollutions industrielles (5,64 millions d'euros)
- c) La lutte contre le bruit (12,59 millions d'euros) et la préservation de la qualité de l'air (8,5 millions d'euros)
- d) Les dotations des établissements publics
- II. PRINCIPALES OBSERVATIONS
I. PRÉSENTATION GÉNÉRALE DES CRÉDITS
Les crédits inscrits au budget de l'environnement pour 2002 représentent 761 millions d'euros, soit 0,29 % du budget général de l'Etat.
A. LES GRANDES MASSES DU BUDGET DE L'ENVIRONNEMENT EN 2002
1. Une progression affichée de 6,3 %
Les
crédits du budget de l'environnement pour 2002 s'élèvent
à
761 millions d'euros
,
en progression de 6,3 %
par
rapport aux crédits votés en 2001. Cette progression est
largement supérieure à la norme de progression de 2,2 %,
affichée pour l'ensemble des budgets civils de l'Etat en 2002. Il s'agit
de la deuxième plus forte hausse de tous les fascicules
budgétaires (après l'aménagement du territoire, + 6,8 %).
Si l`on ajoute au budget
stricto sensu
les montants reçus au
titre du « fonds national de solidarité pour l'eau »
(FNSE), les moyens du ministère de l'environnement atteignent en 2002
843 millions d'euros, soit une
augmentation de plus de 7,5 %
par rapport
à 2001.
Evolution des crédits votés au budget de l'environnement (1995-2002)
(en millions d'euros)
|
|
1995 |
1996 |
1997 |
1998 |
1999 |
2000 |
2001 |
2002 |
|
Budget
|
268 |
268
|
285
|
288
|
603
|
656
|
716
|
761
|
|
Fonds de concours ou compte spécial du Trésor |
- |
- |
17 |
17 |
38 |
76 |
76 |
82 |
|
TOTAL |
268 |
268 |
302 |
305 |
641 |
732 |
784 |
843 |
Source : ministre de l'environnement
Ces fortes évolutions depuis 1999 des crédits à la
disposition du ministère de l'environnement traduisent la volonté
du gouvernement de faire apparaître l'environnement comme l'une de ses
priorités.
Si les
modifications de périmètre
dans le budget de
l'environnement pour 2002 sont moins importantes que les années
antérieures, il faut toutefois en mentionner deux :
1- le transfert, en provenance du budget de la santé et de la
solidarité, des crédits de l'ancien office de protection des
rayons ionisants (14 millions d'euros) ;
2- le transfert, en provenance du budget de l'industrie, des
crédits (760.000 euros) et des emplois (14 emplois soit 432.000 euros)
relatifs à la gestion d'un immeuble du ministère
1(
*
)
.
A périmètre constant, l'augmentation du budget est donc
ramenée à 4,1 % par rapport à 2001.
Les annonces du Premier ministre
A la
suite de l'explosion de l'usine AZF à Toulouse en septembre 2001, le
Premier ministre a annoncé un certain nombre de mesures. Ces annonces
seront concrétisées dans le budget pour 2002 par des amendements
du gouvernement présentés à l'occasion de l'examen du
projet de loi de finances pour 2002 en première lecture à
l'Assemblée nationale :
- 100 postes en DRIRE seront créés pour renforcer les effectifs
dédiés à la politique d'inspection des installations
classées (coût : environ 5 millions d'euros) ;
- l'INERIS
2(
*
)
verra ses moyens
renforcés en crédits et en effectifs afin de développement
ses capacités d'expertise (coût : environ 2 millions
d'euros) ;
- des commissions locales sur les risques technologiques seront
créées ou renforcées afin de permettre l'information des
populations locales et de mener des contre-expertises (coût :
environ 1 million d'euros).
Par ailleurs, à la suite du débat national lancé par le
Premier ministre, le gouvernement envisage de déposer un projet de loi
qui instaurera des plans de prévention des risques technologiques sur le
modèle des plans de prévention des risques naturels existants.
Les crédits nécessaires à la mise en place, prévue
sur trois ans, de ces plans, pourraient être intégrés dans
un projet de loi de finances rectificative déposé
ultérieurement.
Ces annonces, d'un coût total approchant les 8 millions d'euros,
porteraient la progression affichée du budget de l'environnement
à 7 %.
2. Les dépenses ordinaires : + 18 %
L'examen
du tableau ci-après fait apparaître la très forte
priorité donnée aux dépenses ordinaires. Celles-ci
progressent en effet entre 2001 et 2002 de 18 % pour s'établir à
624 millions d'euros. Cette évolution ne fait qu'amplifier celle
observée entre 2000 et 2001 qui s'établissait à
déjà + 17 %.
Cette augmentation est plus marquée pour le titre IV (interventions
publiques, en hausse de 22 %) que pour le titre III (moyens de fonctionnement
des services, en hausse de 14 %).
En 2002, les dépenses ordinaires représentent 82 % des
crédits de ce budget alors qu'elles n'en représentaient que 42 %
en 2000.
Répartition des crédits votés pour 2001 et demandés pour 2002 par titre et évolution
(en millions d'euros et %)
|
Nature des dépenses |
2001 |
2002 |
Evolution |
|
Dépenses ordinaires - DO - (titres III et IV) |
527 |
624 |
+ 18 % |
|
. Titre III - Moyens des services |
226 |
258 |
+ 14 % |
|
. Titre IV - Interventions publiques |
301 |
366 |
+ 22 % |
|
Dépenses en capital - CP - (titres V et VI) |
190 |
138 |
- 27 % |
|
. Titre V - Investissements exécutés par l'Etat |
37 |
24 |
- 35 % |
|
. Titre VI - Subventions d'investissement accordées par l'Etat |
152 |
113 |
- 26 % |
|
Total DO + CP |
716 |
761 |
+ 6 % |
|
Autorisations de programme - (titres V et VI) |
455 |
421 |
- 7 % |
|
. Titre V - Investissements exécutés par l'Etat |
51 |
49 |
- 4 % |
|
. Titre VI - Subventions d'investissement accordées par l'Etat |
405 |
371 |
- 8 % |
Source : projet de loi de finances pour 2002
3. Les dépenses en capital : - 27 %
Les
dépenses en capital pour 2002 sont réduites de 27 % par rapport
à 2001 et s'établissent à 138 millions d'euros. Ici
encore, cette évolution ne peut plus être considérée
comme exceptionnelle pour ce budget : entre 2000 et 2001, le montant des
crédits de paiement avait été divisé par deux (- 49
%).
Cette diminution est plus marquée pour le titre V (investissements
exécutés par l'Etat, en baisse de 35 %) que pour le titre VI
(subventions d'investissements accordées par l'Etat, en baisse de 26 %).
Les dépenses en capital ne représentent plus en 2002 que 18 %
du budget de l'environnement alors qu'elles en représentaient 58 % en
2000.
Quant aux autorisations de programme, elles s'établissent pour 2002
à 455 millions d'euros, en retrait de 8 % (elles avaient diminué
de 3 % l'an dernier). La diminution est plus sensible sur le titre VI
(subventions d'investissement accordées par l'Etat, en baisse de 8 %)
que sur le titre V (investissements réalisés par l'Etat, en
baisse de 4 %).
B. PRÉSENTATION DES CRÉDITS PAR AGRÉGAT
Répartition des crédits par agrégat (2000-2001)
|
(en millions d'euros et en %) |
2001 |
2002 |
Evolution |
|
Soutien aux politiques environnementales |
186 |
213 |
+ 15 % |
|
Protection de la nature, des sites et des paysages |
110 |
118 |
+ 7 % |
|
Protection de l'eau et des milieux aquatiques |
43 |
33 |
- 23 % |
|
Prévention des pollutions et des risques |
377 |
397 |
+ 5 % |
|
TOTAL |
716 |
761 |
+ 6 % |
Source : projet de loi de finances pour 2002
1. Soutien aux politiques environnementales (213 millions d'euros, + 15 %)
Comme
l'an dernier, c'est l'agrégat « soutien aux politiques
environnementales » -qui retrace l'ensemble des dépenses
d'administration générale du ministère de l'environnement-
qui bénéficie de la plus forte augmentation parmi les quatre
agrégats de ce budget :
+ 15 % entre 2001 et 2002
3(
*
)
, pour atteindre 213 millions d'euros de
crédits.
Cet agrégat qui représentait 21 % du budget de l'environnement
en 1999 en représente près de 28 % en 2002.
a) 314 emplois budgétaires supplémentaires
La forte
évolution de cet agrégat s'explique principalement par les
300
créations nettes d'emplois
dont bénéficie le
ministère.
Aux coûts directs de ces 300 emplois -9 millions de francs pour 2002-,
s'ajoutent des coûts de fonctionnement induits, incluant des frais de
première installation (environ 6.100 euros par poste créé)
et des frais de fonctionnement courants (environ 7.600 euros par poste
créé). Les coûts induits des 300 créations de postes
prévues en 2002 s'établiront donc à 4,1 millions
d'euros de frais de fonctionnement supplémentaires (hors
rémunérations et indemnités) en 2002.
Sur les 300 créations nettes d'emplois, 75 iront en administration
centrale et 225 en administration déconcentrée, dont 162 en
directions régionales de l'environnement et 63 en directions
régionales de l'industrie, de la recherche et de l'environnement.
Les 35 heures au ministère de l'environnement
Le
ministère de l'environnement est l'un des deux seuls ministères
à avoir signé avec les syndicats, en septembre 2001, un
accord-cadre relatif à la réduction du temps de travail qui sera
effective au 1
er
janvier 2002. Selon les informations recueillies
par votre rapporteur, environ la moitié des trois cents créations
nettes d'emplois budgétaires prévues pour 2002 permettront de
« faciliter » le passage aux 35 heures dans le
ministère.
On peut ainsi évaluer le coût du passage aux 35 heures, de
façon très grossière, à
presque 10 millions
d'euros
pour la seule année 2002 (3 millions d'euros pour le
coût direct, 4,5 millions d'euros pour le coût des
rémunérations de 150 emplois supplémentaires et 2 millions
de frais de fonctionnement induits).
Par ailleurs,
14 emplois sont transférés
du budget de
l'industrie pour assurer la gestion de l'immeuble qui abrite le
ministère.
L'effectif budgétaire total du ministère de l'environnement
s'établit en 2002 à
3.374 emplois, en hausse de plus de 10 %
par rapport à 2001
et de près de 42 % par rapport à
1997.
Evolution des effectifs budgétaires du ministère de l'environnement depuis 1997
|
|
1997 |
1998 |
1999 |
2000 |
2001 |
2002 |
|
Créations d'emplois |
0 |
34 |
139 |
139 |
300 |
300 |
|
Transferts d'emplois |
27 |
0 |
0 |
70 |
0 |
14 |
|
Effectifs totaux 4( * ) |
2.378 |
2.412 |
2.551 |
2.760 |
3.374 |
3.374 |
|
Evolution |
+1,1 % |
+ 1,4 % |
+ 5,8 % |
+ 8,2 % |
+ 11 % |
+ 10,2 % |
Source : ministère de l'environnement
A ces créations et transferts d'emplois, il convient d'ajouter pour 2002
84 créations d'emplois dans les établissements publics
sous la tutelle du ministère et dont tiennent compte les dotations qui
leur sont allouées : 49 emplois dans les parcs nationaux, 15
emplois au conservatoire du littoral, 14 emplois à l'agence
française de sécurité environnementale, 10 emplois
à l'institut français de l'environnement, etc.
b) La montée en puissance des structures récentes
La
montée en puissance de
l'institut de formation de l'environnement
(IFORE)
5(
*
)
, créé en 2001,
conduit à l'affectation d'une dotation complémentaire de 0,23
million d'euros qui s'ajoute au 0,46 million d'euros prévus pour
l'ingénierie.
De même,
la direction des études économiques et de
l'évaluation environnementale (D4E)
, créée en mai
2000, bénéficie de
10 postes supplémentaires
ce qui
porte son effectif budgétaire à 111.
L'inspection générale de l'environnement (IGE)
,
créée en mai 2000, fait largement appel à des mises
à disposition gratuites. Le ministère indique que « ce
principe a des limites et l'inspection doit disposer d'effectifs
budgétaires pour accueillir certains emplois : cadres
administratifs, chargés d'inspection générale
contractuels, le chef de service ».
Quatre créations de
postes
sont donc prévues au budget 2002 ce qui porte l'effectif
budgétaire à 16 et l'effectif réel du service, compte
tenue des mises à disposition d'autres corps de contrôle, à
39 personnes.
c) Les autres postes de cet agrégat
Les associations bénéficient de 8,34 millions d'euros d'aides directes.
Un peu plus de transparence
Le
ministère de l'environnement apporte son soutien financier au
fonctionnement des associations oeuvrant dans son champ de compétence.
Des conventions pluriannuelles d'objectifs sont désormais signées
entre l'Etat et les associations, dont les objectifs et le contenu ont
été définis par une circulaire du Premier ministre du
1
er
décembre 2000 Elles instaurent un partenariat sur trois
ans.
Source : projet de loi de finances pour 2002
Le budget de
l'institut français de l'environnement (IFEN)
pour
2002 s'établit à plus de 6 millions de francs, en progression de
12,5 % et avec la
création de 10 emplois
-ce qui porte son
effectif à 66 emplois-. Ses crédits de paiement
s'établissent à 1,83 million d'euros, en augmentation de 22 %.
L'IFEN a signé n juin 2001 une convention d'objectifs qui
redéfinir ses missions : consolider le système
d'information, venir en appui aux politiques publiques et assurer le service
public de l'information environnementale.
La participation du ministère au budget de
l'agence française
de sécurité sanitaire environnementale (AFSSE)
6(
*
)
pour 2002 s'établit à 2,3 millions
d'euros en fonctionnement (en augmentation de plus de 50 %), avec notamment la
création de 14 postes
. Ses crédits de paiement
s'établissent à 1,14 millions d'euros, en hausse de 87 %. Au
budget de la santé et de la solidarité
7(
*
)
2,6 millions d'euros sont prévus pour 2002 en
fonctionnement et aucune dotation en investissement.
d) Les crédits d'équipement immobilier
Les
crédits d'équipement immobilier diminuent de plus de 16 % en
crédits de paiement raison de l'étalement de plusieurs projets.
Ainsi, le programme immobilier de regroupement des services
déconcentrés se poursuit mais à un rythme inférieur
(3,3 millions d'euros d'autorisations de programme contre 4,3 en 2001).
Concernant l'administration centrale il faut noter que sont
transférés en 2002 3,8 millions d'euros du budget du
ministère de l'économie, des finances et de l'industrie au titre
de la reprise de gestion au 1
er
janvier 2002 de l'immeuble de
l'avenue de Ségur (Paris, 7
e
) par le ministère de
l'environnement.
2. Protection de la nature, des sites et des paysages (118 millions d'euros, + 7 %)
En 2002, la direction de la nature et des paysages disposera d'une dotation de 118 millions d'euros, soit 6,8 % d'augmentation par rapport à 2001. Ces crédits seront principalement consacrés à la mise en oeuvre du réseau Natura 2000 et au développement du réseau des espaces naturels.
a) Mise en oeuvre du réseau Natura 2000 (19 millions d'euros, + 15 %)
Le fonds de gestion des milieux naturels sera doté en 2002 de 40 millions d'euros (en augmentation de 13 %).
Les crédits du FGMN en 2001 et 2002
|
En millions d'euros et % |
2001 |
2002 |
Evolution |
|
Crédits de fonctionnement |
6,3 |
7,1 |
+ 13 % |
|
Crédits d'intervention |
17,6 |
26,7 |
+ 52 % |
|
Crédits d'investissement |
11,7 |
6,5 |
- 44 % |
|
Autorisations de programme |
14,6 |
18,2 |
+ 25 % |
Source : projet de loi de finances pour 2002
Sur, ce
total, 19 millions d'euros (+ 15 % par rapport à 2001) seront
consacré à la mise en oeuvre du
réseau Natura 2000
et devraient permettre la poursuite de l'élaboration des documents
d'objectifs et la mise en oeuvre, en concertation avec les acteurs locaux, des
premières mesures de gestion.
Les autres crédits du FGMN
seront affectés de la
façon suivante : mise en oeuvre du schéma des services
collectifs des espaces naturels et ruraux (0,5 million d'euros) ;
amélioration des connaissance scientifiques et techniques de la
biodiversité (6,5 millions d'euros) et des écosystèmes
forestiers (0,6 million d'euros) ; moyens alloués aux parcs
naturels régionaux (8,1 millions d'euros) ainsi qu'aux conservatoires
régionaux des espaces naturels (1,1 million d'euros) et aux
réserves de biosphère (0,2 million
d'euros) ; développement du réseau des conservatoires
botaniques nationaux (1,3 million d'euros) ; mise en oeuvre du plan
d'actions national pour les récifs coralliens (0,15 million
d'euros) ; poursuite et modernisation de l'inventaire des zones naturelles
d'intérêt écologique, faunistique et floristique (0,4
million d'euros) ; adoption en milieu agricole de mesures soucieuses
de respecter l'environnement (0,4 million d'euros) ; missions
d'intérêt général confiées à l'office
national des forêts (0,4 million d'euros).
b) Développement du réseau des espaces naturels (74 millions d'euros, + 7 %)
74
millions d'euros seront consacrés au développement du
réseau des espaces naturels, notamment par le biais de dotations
à plusieurs établissements :
- 25 millions d'euros (+ 7 %) pour le
conservatoire de l'espace
littoral et des rivages lacustres
, dont 7,2 millions d'euros en
dépenses ordinaires (+ 21 %) qui financeront notamment
15 emplois
supplémentaires
;
- 34 millions d'euros (+ 11 %) aux
parcs nationaux
, dont
25,8 millions d'euros en dépenses ordinaires (+ 15 %) pour financer
notamment
49 emplois supplémentaires
;
- 11 millions d'euros (+ 8 %) aux
réserves naturelles
dont
notamment 10 millions d'euros en dépenses ordinaires (+ 25 %) pour
financer de nouvelles réserves et mettre en oeuvre la nouvelle charte
des personnels établie en 2001.
Les mutations annoncées du conservatoire du littoral
Le conservatoire du littoral a fait l'objet en 2001 de deux rapports : l'un de la Cour des comptes et l'autre de M. Louis Le Pensec, parlementaire en mission. Le contrôle de la Cour des comptes a été l'occasion d'évoquer, à l'exemple de celui déjà effectué en 1995, l'inadéquation entre les missions confiées au conservatoire et les moyens mis à sa disposition. Par ailleurs, plusieurs années marquées par la multiplication de difficultés de nature juridique, institutionnelle et administrative (notamment dans les responsabilités que le conservatoire exerce en tant que propriétaire) ont suscité la mission de notre collègue Louis Le Pensec qui a remis son rapport au mois de juillet 2001. Il y préconise la redéfinition du cadre juridique et institutionnel du conservatoire et le renforcement des moyens, notamment humains, de l'établissement public. Le budget 2002 en tient compte en augmentant de près de 7 % la dotation du conservatoire (25,5 millions d'euros pour 2002) et en prévoyant la création de 15 emplois.
c) Préservation des sites et des paysages (3,8 millions d'euros, - 24 %)
3,8 millions d'euros (dépenses ordinaires et crédits de paiement) seront consacrés à la politique de préservation des sites et des paysages -travaux de réhabilitation et de mise en valeur des paysages remarquables au travers des opérations « grands sites » et lutte contre les abus en matière de publicité extérieure-.
3. Protection de l'eau et des milieux aquatiques (33 millions d'euros, - 23 %)
a) Les dotations de la direction de l'eau (33 millions d'euros, - 23 %)
En 2002,
la direction de l'eau disposera d'une dotation de 33 millions d'euros. La
progression est sensible en dépenses ordinaires (+ 22 %)
« mais les forts reports de crédits de paiement issus des
anciens fonds de concours des agences de l'eau ont amené le
ministère à réduire sa demande en crédits de
paiement qui se trouve inférieure de plus de 50 % à la dotation
2001 ».
Plusieurs postes voient leurs crédits réduits :
- les crédits destinés à la police et à la
gestion de l'eau ainsi qu'aux réseaux d'annonce des crues passent de
près de 11 millions d'euros à moins de six millions d'euros (- 46
%),
- les crédits destinés à la protection des lieux
habités contre les inondations passent de près de 12 millions
d'euros à 3,3 millions (- 73 %).
Deux mesures nouvelles sont soulignées par le ministère :
- 3,8 millions d'euros sont destinés à assurer
l'équilibre financier du conseil supérieur de la pêche qui
se trouve en situation financière difficile : ses dépenses
de personnel augmentent alors que ses recettes tirées de la taxe
piscicole diminuent avec le nombre de pêcheurs ; la dotation du conseil
passe donc de 1,1 million d'euros en 2001 à 4,9 millions d'euros en 2002
soit une augmentation de 345 % ;
- la deuxième phase du plan « Loire grandeur
nature »
8(
*
)
est consolidée par
une dotation de 8 millions d'euros (en progression de 19 % par rapport à
2001) en particulier avec l'installation d'une équipe
pluridisciplinaire chargée d'une mission d'assistance technique pour
accélérer les travaux de renforcement des digues.
Les
dépenses budgétaires de la direction de l'eau sur
1999-2002
(dépenses ordinaires et crédits de
paiement)
Source : projet de loi de finances pour 2002
b) Les crédits complémentaires du FNSE
Le
ministère indique que « la forte diminution qui affecte la
protection de l'eau et des milieux aquatiques est compensée par
l'augmentation des crédits inscrits au fonds national de
solidarité sur l'eau qui supporte des actions complémentaires,
notamment sur l'économie de l'eau dans l'habitat social et la correction
des héritages d'un développement non durable. »
Le fonds national de solidarité sur l'eau (FNSE) sera en effet
doté en 2002 de 82 millions d'euros (en progression de 7 %)
11(
*
)
. Ses recettes sont principalement constituées
par le produit d'un prélèvement, dit de solidarité pour
l'eau, acquitté par les six agences de l'eau.
Cette augmentation est justifiée par la mise en oeuvre de trois mesures
nouvelles : accompagnement financier de l'obligation de couverture des sols
agricoles pendant la période de risques de lessivage sur certains
bassins (mesure intégrée au plan Bretagne annoncé lors du
CIADT du 9 juillet 2001) ; développement des réseaux de
mesure notamment pour les eaux littorales et souterraines (conformément
à la directive du 23 octobre 2000) ; développement de
l'assainissement outre-mer.
Les crédits du fonds national de solidarité pour l'eau
|
|
2000 (exécution) |
2001 (prévision) |
2002
|
|
Bonne gestion de l'eau, des milieux et de leurs usages |
27 |
38 |
40 |
|
Reconquête de la qualité des milieux |
30 |
38 |
40 |
|
Total |
57 |
76 |
81 |
Source : projet de loi de finances pour 2002
4. Prévention des pollutions et des risques (397 millions d'euros, + 5 %)
En 2002, la direction des pollutions et des risques voit sa dotation portée à 397 millions d'euros, en augmentation de 5,4 % par rapport à 2001.
a) La prévention des risques naturels (30 millions d'euros)
Les crédits alloués à la politique de prévention des risques naturels augmentent de 104 % pour atteindre un budget de 30 millions d'euros afin notamment de poursuivre l'élaboration des plans de prévention des risques naturels (7,62 millions de francs, l'autre moitié du financement étant apportée par le fonds de prévention des risques naturels), l'information préventive (2,3 millions de francs) et la modernisation des systèmes de connaissance des risques d'avalanche (7,5 millions de francs).
b) La prévention des risques technologiques et des pollutions industrielles (5,64 millions d'euros)
63 postes sont créés pour renforcer l'inspection des installations classées ( 50 dans les directions régionales de l'industrie, de la recherche et de l'environnement et 13 dans les directions des services vétérinaires). En outre, 100 postes supplémentaires seront créés par amendement gouvernemental à l'Assemblée nationale à la suite de l'accident de Toulouse.
c) La lutte contre le bruit (12,59 millions d'euros) et la préservation de la qualité de l'air (8,5 millions d'euros)
12,59
millions d'euros (dépenses ordinaires et autorisations de programme)
seront consacrés dans le budget pour 2002 à la lutte contre le
bruit.
Le fonctionnement des réseaux de surveillance de la qualité de
l'air mobilisera 17,38 millions d'euros dans le budget pour 2002 (+ 10,6 %) et
près de 6 millions d'euros (dépenses ordinaires et autorisations
de programme) seront affectés à la poursuite d'études et
d'expertises de réduction des émissions de polluants.
d) Les dotations des établissements publics
(1) L'ADEME (90 millions d'euros, - 11 %)
L'ADEME
voit son budget de fonctionnement augmenter de 12 % à 29 millions
d'euros.
En revanche les crédits de paiement (61 millions d'euros) et les
autorisations de programme (250 millions d'euros) diminuent respectivement de
19 % et de 16 %.
Les crédits d'intervention de l'ADEME
|
En milliers d'euros et évolution en % |
AP 2000 |
AP 2001 |
CP 2000 |
CP 2001 |
|
Energie |
44.668 |
80.600
|
8.644 |
14.783
|
|
Déchets ménagers et assimilés |
157.665 |
92.178
|
30.508 |
16.906
|
|
Dépollution des sols |
13.568 |
12.051
|
2.637 |
2.210
|
|
Ramassage des huiles |
21.572 |
18.522
|
21.572 |
18.522
|
|
Isolation acoustique au voisinage des aérodromes |
24.316 |
17.067
|
4.711 |
3.130
|
|
Lutte contre la pollution atmosphérique |
24.239 |
19.064
|
4.695 |
3.496
|
|
Surveillance de la qualité de l'air |
11.487 |
10.534
|
2.226 |
1.933
|
|
Total |
297.515 |
250.016
|
74.993 |
60.980
|
Source : projet de loi de finances pour 2002
En réponse à une question de votre rapporteur, le
ministère indique que « les disponibilités
prévisibles à fin 2001 dans les comptes de cet
établissement lui permettront de faire face à l'ensemble de ses
engagements ».
(2) L'INERIS (24 millions d'euros, + 3 %)
La dotation pour 2002 de cet établissement public est portée à 19,2 millions d'euros en dépenses ordinaires (en augmentation de 6,7 %) et à un peu plus de 7 millions d'euros en autorisations de programme (soit une augmentation de 15 %). En revanche, les crédits de paiement sont réduits de 9 % à moins de 5 millions d'euros.
(3) L'IPSN (242 millions d'euros, + 19 %)
La loi du 9 mai 2001 a créé un établissement public industriel et commercial, l'institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) en réunissant l'institut de protection et de sûreté nucléaire (IPSN) et l'office de protections des rayons ionisants (OPRI). Cet institut aura un budget de près de 242 millions d'euros, grâce notamment au transfert des 14 millions de l'office de protection des rayons ionisants en provenance du budget de l'emploi et de la solidarité, soit une augmentation de 19 %. Si l'on ne considère que les crédits de l'ancien IPSN, ils régressent de 1,1 %.
II. PRINCIPALES OBSERVATIONS
A. UN BILAN DE LÉGISLATURE EN TROMPE-L'oeIL
1. Les changements de périmètre budgétaire expliquent une grande partie des progressions affichées du budget
Le
ministère indique que les moyens mis à sa disposition entre 1997
et 2002 auront été multipliés par 2,7.
C'est
plutôt une hausse -néanmoins remarquable- de 58 % qu'il faut
retenir
et non pas de 270 % en raison des nombreux -et substantiels-
changements de périmètre dont a bénéficié le
ministère.
En effet, le ministère de l'environnement a
bénéficié de très nombreuses extensions de son
périmètre d'action, qui ne correspondent donc pas à de
véritables nouvelles actions ne faveur de l'environnement. Ainsi :
- en 1999, la budgétisation des taxes affectées à l'ADEME
à l'occasion de leur intégration dans la taxe
générale sur les activités polluantes (TGAP) conduit
à une augmentation du budget de l'environnement de
219 millions
d'euros
;
- en 2001, le transfert de l'IRSN en provenance du budget de l'industrie
conduit à majorer le budget de l'environnement de
148 millions
d'euros
;
- en 2002 le transfert de l'OPRI en provenance du budget de la santé et
de la solidarité gonfle le budget de
14 millions d'euros
supplémentaires. .
Ce sont donc
381 millions d'euros
sur les 761 du budget pour 2002,
soit plus de 50 %,
qui résultent de simples modifications du
périmètre budgétaire.
2. Une sous-consommation chronique des crédits : le vote du budget est un exercice de dupes
Les
taux de consommation du budget de l'environnement depuis 1997 ne cessent de
diminuer pour atteindre en 2000 le pourcentage dérisoire de 47 %.
En conséquence, les reports de crédits de 1999 sur 2000
représentent 37 % des crédits ouverts en loi de finances initiale
pour 2000, et les crédits de 2000 reportés sur 2001
représentent 72 % des crédits ouverts par le budget 2001 !
La « dégringolade » des taux de consommation des crédits du budget de l'environnement
|
|
1997 |
1998 |
1999 |
2000 |
|
Taux de consommation |
85 % |
77 % |
62 % |
47 % |
Source : Rapport de la Cour des comptes sur
l'exécution des lois de finances pour l'année 2000
Cette situation s'explique en partie par les crédits de paiement de
l'ADEME établis pour 1999 et 2000 à des niveaux sans commune
mesure avec les besoins réels de l'établissement (
cf.
infra
). Toutefois, la Cour des comptes dans son rapport
précité indique que hors ADEME le taux de consommation demeure
anormalement faible (73 % pour 2000).
Cette faiblesse des taux de consommation, qui permet certes une
réduction du déficit budgétaire de l'Etat en fin
d'exercice, pose deux questions :
- d'une part, à quoi bon voter des progressions de crédits
mirifiques si ces crédits ne sont pas consommés ? Le vote de
crédits élevés n'est alors que pur affichage politique.
- d'autre part, le vote de tels montants de crédits qui
in
fine
ne seront pas utilisés n'évince-t-il pas de la
discussion budgétaire des dépenses qui auraient été
peut-être plus utiles ou plus urgentes ?
Evolution du budget de l'environnement (1997-2002)
|
Millions d'euros et % |
1997 |
1998 |
1999 |
2000 |
2001 |
2002 |
|
Loi de
finances initiale
|
285
|
290
|
603
|
656
|
716
|
761
|
|
Crédits ouverts
|
271
|
287
|
651
|
979
|
|
|
|
Dépenses
|
230
|
221
|
406
|
463
|
|
|
Source : ministère de l'environnement
La Cour
des comptes explique ces taux de consommation anormalement bas par plusieurs
facteurs : des retards dans les programmes, une réorganisation du
ministère qui a désorganisé les circuits habituels, un
nombre élevé de dossiers rejetés pour des questions de
forme, des crédits de paiement trop importants.
La Cour distingue également des causes institutionnelles : un
mauvais contrôle du ministère sur ses 350 ordonnateurs secondaires
délégués qui relèvent le plus souvent d'autres
ministères (équipement, agriculture, industrie
principalement) ; une tutelle insuffisante sur ses
établissements publics ; une formation administrative et comptable
de ses propres agents insuffisante.
En réponse à une question de votre rapporteur spécial, le
ministère a expliqué la faiblesse de sa consommation de
crédits par :
- des raisons conjoncturelles : la mise en place de la nouvelle
direction dite D4E en milieu d'année, le manque de formation des agents
fraîchement recrutés ;
- des raisons « politiques » (
sic
) : les
crédits pléthoriques de l'ADEME ;
- des raisons structurelles : l'existence de 350 ordonnateurs
secondaires délégués, l'absence d'outil de gestion
adéquate notamment dans les DIREN, la croissance trop importante des
moyens financiers au regard des moyens humains
12(
*
)
.
B. LES ACTIONS POUR L'ENVIRONNEMENT DANS LE BUDGET 2002 SONT-ELLES BIEN TRAITÉES ?
1. Une priorité indue accordée au fonctionnement et à la multiplication des emplois publics
Depuis 1997, le ministère a bénéficié d'une progression de 41 % de ses effectifs (près de 1.000 emplois supplémentaires) principalement affectés aux services centraux avec notamment la création de la D4E, de l'IGE, etc. Les moyens de fonctionnement augmenté de 86 %.
La croissance des effectifs budgétaires du ministre de l'environnement
|
|
1997 |
1998 |
1999 |
2000 |
2001 |
2002 |
|
Effectifs
|
2378 |
2412
|
2551
|
2760
|
3060
|
3374
|
Source : dossier de presse du projet de loi de finances pour 2002
2. L'hypocrisie du financement de la politique de l'eau
L'instauration du FNSE constitue le moyen de faire payer la
politique de la direction de l'eau par les agences de l'eau. Les crédits
de la direction de l'eau ont été réduits drastiquement, le
prélèvement du FNSE sur les agences a été
revalorisé.
Votre rapporteur spécial avait déjà
dénoncé
une répartition des dépenses peu claire
entre le budget de la direction de l'eau et le FNSE et dont le critère
objectif était inconnu. Le FNSE a vocation à « financer
les actions d'intérêt général dépassant le
cadre géographique de chaque bassin et les réseaux de
connaissance de la ressource en eau » : n'est-ce pas là
tout simplement la définition d'une politique nationale de l'eau ?
La Cour des comptes a confirmé cette analyse de votre rapporteur spécial
« La Cour constate que la distinction entre les
dépenses qui relèvent respectivement du budget
général et du FNSE n'est pas claire. Les limites de
compétence entre le budget général et le FNSE ont
semble-t-il donné lieu à des interprétations divergentes
et évolutives. On peut se demander, plus généralement, si
les actions de solidarité dabs le domaine de l'eau qui, selon les termes
de la loi de finances pour 2000, définissent le périmètre
d'activité du FNSE, ne devraient pas plutôt toutes relever du
budget général. L'affectation à ce dernier du
prélèvement sur les agences de bassin aurait sans doute permis de
financer des dépenses plus urgentes ».
Source : Rapport sur l'exécution des lois de finances pour
l'année 2000
Cette situation serait acceptable si :
- la réduction des crédits du ministère ne conduisait
à remettre en cause les crédits auparavant affectés
à la police de l'eau, à la gestion de l'eau et aux réseaux
d'annonce des crues ;
- elle ne conduisait pas à de forts retards dans les paiements
réalisés sur le FNSE ; il faut souligner en effet le
très faible taux de consommation
des crédits
affectés à ce fonds en 2000 : 28,5 % des dépenses de
fonctionnement et seulement 4 % des crédits de paiement.
3. La découverte d'une nouvelle priorité : la prévention des risques industriels
« Après l'explosion de l'usine AZF à
Toulouse : la prévention des risques industriels est une
priorité nationale » indique le communiqué de presse du
ministère de l'environnement en date du 1
er
octobre 2001.
Votre rapporteur spécial s'est penché sur les données
budgétaires pour vérifier si cette priorité était
conjoncturelle ou si elle avait bien constitué un axe de
prévention du ministère dans les années
précédentes.
Il n'a pu que constater, s'agissant des crédits votés, que la
prévention des risques industriels était
le « parent
pauvre »
des politiques menées par le
ministère : dans un contexte de très forte progression
générale du budget, les dotations relatives à la
prévention des risques industriels n'étaient, bien souvent, que
reconduites d'année en année.
Crédits votés pour la prévention des risques industriels (2000-2002)
|
En milliers d'euros |
2000 |
2001 |
2002 |
|
Titre
III (chapitre 34-98)
|
1.569
|
1.569
|
1.569
|
|
Titre IV |
|
|
|
|
Titre V (en autorisations de programme) |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Si l'on considère également les emplois qui sont affectés au contrôle des installations classées on s'aperçoit qu'ils ont également moins profité que l'administration centrale des créations d'emplois prévues pour l'ensemble du ministère : la part relative des effectifs affectés dans les DRIRE par rapport à l'effectif total du ministère a régressé.
4. La poursuite de « l'opération vérité » sur les crédits de l'ADEME
Votre rapporteur spécial a publié en mars 2001 un rapport d'information sur l'ADEME 13( * ) qui a notamment dénoncé une gestion très politique des crédits de l'établissement.
La Cour des comptes a confirmé cette analyse de votre rapporteur spécial
« Le montant de subvention à l'Ademe
disponible au
budget 2000 de l'environnement s'est élevé à 2.735 MF (417
ME), y compris les reports, contre 1.787 MF (272ME) en 1999. Sur ce montant,
seuls 510 MF (78 ME) ont été versés. L'Ademe a
utilisé sur ces crédits 289 MF (44 ME), après prise en
compte des reports de crédits non utilisés dont elle disposait de
l'exercice précédent. Elle bénéfice par ailleurs
d'une trésorerie disponible de 1.637 MF (250 ME) pour régler les
dépenses induites par les opérations lancées avant le
1
er
janvier 1999 et financées par le produit de ses anciennes
taxes affectées. La trésorerie abondante de l'Ademe
procède de certaines difficultés de mise en oeuvre de ses
politiques, mais aussi des modalités de financement retenues à
l'occasion de la création de la TGAP qui ont conduit à accorder
à l'agence des moyens de paiement supérieurs au rythme normal de
leur consommation. »
Source : Rapport sur l'exécution des lois de finances pour
l'année 2000
Votre rapporteur spécial estime que les « opérations
vérités » intervenues sur les crédits de
paiement de l'ADEME en 2001 et en 2002 ont été tardives. Il
estime que le financement des 35 heures y a gagné quelques 219 millions
d'euros qui auparavan,t été directement fléchés
vers des actions environnementales. Il craint que les fortes hausses de besoins
de paiement de l`établissement, prévues pour 2003 ou 2004 ne
soient plus difficiles à obtenir de la direction du budget que
l'affectation de la TGAP aux 35 heures ...
En outre, votre rapporteur spécial souhaite que ces réductions de
crédits budgétaires au niveau des besoins de
l'établissement n'amputent pas sa capacité à monter des
projets.
Il s'inquiète en particulier que les autorisations
supplémentaires votées par le Sénat sous forme
d'amendement gouvernemental au budget pour 2000 -pour permettre à
l'ADEME de faire face à ses projets en matière de déchets
ménagers- n'aient pas été utilisées : faut-il
y voir une manoeuvre du gouvernement destinée à ce moment
à calmer les élus inquiets de la création de la
TGAP ? ou la faute en incombe-t-elle aux mauvaises prévisions de
l'ADEME ? ou encore à son dynamisme insuffisant pour monter des
projets ?
C. LE RETOUR À LA RAISON EN MATIÈRE DE FISCALITÉ ÉCOLOGIQUE
Votre
rapporteur se réjouit de l'annulation par le Conseil constitutionnel en
décembre 2000 du projet d'extension de la TGAP aux consommations
intermédiaires d'énergie des entreprises. Il avait
dénoncé dans son rapport sur le budget pour 2001, les travers
anti-constitutionnels et surtout anti-économiques de cette taxe.
Le renoncement du ministère de l'environnement à introduire pour
2002 un nouveau dispositif fiscal le réjouit également.
La réponse du ministère
« Dans le contexte macro-économique
marqué
par une incertitude accrue des prévisions de croissance le gouvernement
a jugé inopportun d'introduire en 2002 des mesures fiscales qui auraient
pu être ressenties comme un impôt supplémentaire. (...) Dans
ces conditions, il a été jugé préférable de
privilégier, au titre des mesures fiscales 2002, la consolidation de
notre dispositif de mesures d'incitations positives à la
réduction des dépenses de consommation d'énergie,
notamment en faveur des ménages, sous forme de crédits
d'impôts, d'incitations budgétaires à s'équiper ou
à utiliser des véhicules ou des carburants non polluants et
à s'équiper de dispositifs permettant d'économiser les
énergies renouvelables. »
Les mesures fiscales environnementales prévues dans le projet de loi de
finances pour 2002 n'ont rien de révolutionnaire : il s'agit le
plus souvent de reconduction ou d'extension de dispositifs incitatifs.
Les mesures fiscales du PLF 2002
1- le
crédit d'impôt dont peuvent bénéficier 15 % des
dépenses payées pour l'acquisition et l'installation par les
particuliers d'équipements au taux plein de TVA et destinés
à la maîtrise d'énergie sera reconduit ; son plafond
sera relevé pour passer, par exemple pour une personne seule, à
4.000 euros ; en outre, la mesure sera étendue aux dépenses
payées pour l'acquisition de matériaux d'isolation thermique et
d'appareils de régulation de chauffage qui bénéficient
déjà d'un taux réduit de TVA ;
2- le dispositif autorisant un amortissement exceptionnel de douze mois en
faveur des matériels destinés à économiser
l'énergie et des équipements de production d'énergies
renouvelables sera prorogé pour quatre ans ;
3- le dispositif de réduction de la base des impôts locaux pour
les investissements antipollution ou économisant l'énergie sera
amélioré ;
4- les bailleurs de locaux professionnels ou commerciaux pourront
déduire les travaux de désamiantage de leur revenus
fonciers ;
5- le crédit d'impôt de 1.525 euros pour l'acquisition par un
particulier d'un véhicule neuf électrique hybride ou fonctionnant
au GPL est reconduit et étendu à l'acquisition d'un
véhicule neuf fonctionnant au GNV ; le crédit d'impôt
sera porté à 2.300 euros lorsque l'acquisition d'un
véhicule propre s'accompagnera de la destruction d'une voiture
particulière immatriculée avant le 1
er
janvier 1992
(date d'entrée en vigueur de disposer de pots catalytiques sur les
voitures neuves).
1
On remarquera avec étonnement
que les
crédits de paiement (760.000 euros) ont bien été
transférés au budget de l'environnement mais que le budget de
l'industrie a conservé les autorisations de programme correspondantes
(3,8 millions d'euros) qui ne seront transférées au budget de
l'environnement qu' en gestion.
2
Institut national de l'environnement industriel et des risques.
3
L'augmentation avait déjà été de 19 %
entre 1999 et 2000, et de 23 % entre 2000 et 2001.
4
Titulaires, contractuels et ouvriers.
5
Service de formation destiné à apporter une culture
commune à l'ensemble des agents du ministère et de ses
établissements publics ainsi que la formation technique très
spécialisée nécessaire à leur activité
(arrêté du 9 juillet 2001).
6
Cette agence a été créée par la loi
n° 2001-398 du 9 mai 2001. Sa mission est d'évaluer les risques
sanitaires liés aux facteurs départementaux.
7
Le ministère de la santé et de la solidarité
exerce la co-tutelle de l'établissement public avec le ministère
de l'environnement.
8
Ce plan est r
econduit jusqu'à 2006.
9
dont 44 millions d'euros de rattachement de fonds de concours.
10
dont 6 millions d'euros de rattachement de fonds de concours
11
Cf. article 15 du projet de loi de finances pour 2002.
12
Rejoignant une remarque « touchante » du
ministre lors de son audition par la commission des affaires économiques
du Sénat : « il n'y avait pas assez d'agents pour
dépenser l'argent » ...
13
« Ademe : la grande illusion », rapport
du Sénat n° 236 (2000-2001).