Services du Premier ministre : Conseil économique et social
Claude LISE
Table des matières
- I. UN BUDGET 2002 DE CONTINUITÉ, APRÈS UN BUDGET 2001 DE RENOUVEAU
-
II. LA POURSUITE DES RÉFORMES ENGAGÉES
- A. LES TRAVAUX DU CONSEIL ÉCONOMIQUE ET SOCIAL
- B. UNE COMMUNICATION PLUS OFFENSIVE, PIVOT D'UNE POLITIQUE D'OUVERTURE
-
C. DES RELATIONS INTERNATIONALES PLUS POUSSÉES
- 1. Développer l'existence de Conseils économiques et sociaux ou d'institutions similaires dans d'autres parties du monde
- 2. Participer activement au développement de l'Association internationale des conseils économiques et sociaux et institutions similaires (AICESIS)
- 3. Des priorités ont été dégagées
- D. DES LIENS RENFORCÉS AVEC LES CONSEILS ÉCONOMIQUES ET SOCIAUX RÉGIONAUX (CESR)
- III. PRINCIPALES OBSERVATIONS
I. UN BUDGET 2002 DE CONTINUITÉ, APRÈS UN BUDGET 2001 DE RENOUVEAU
Dans le
cadre d'un programme pluriannuel de revalorisation de ses moyens, engagé
en 1999, le Conseil économique et social avait
bénéficié l'an dernier d'une très forte progression
de son budget (+ 8,2%), qui lui a donné un nouvel élan en
permettant la création d'un service International, d'un service de la
Communication et la mise en place d'un réseau informatique.
Les crédits demandés, en augmentation naturellement plus
modeste (+ 1,6 %), s'élèvent à 31,8 millions d'euros
(208, millions de francs).
A. LES INDEMNITÉS DES MEMBRES DU CONSEIL ET DES SECTIONS
1. Evolution d'ensemble
Le chapitre 31-01 , qui comprend les indemnités versées aux 303 membres du Conseil et de sections (231 conseillers et 72 membres de section) augmente de 2 % pour atteindre 19,9 millions d'euros (130,5 millions de francs). Cette augmentation est liée à l'évolution du point fonction publique.
2. La Caisse des pensions des anciens membres du CES
Cette
caisse perçoit les cotisations des membres, les revenus d'un
portefeuille géré par la Caisse des dépôts et
consignations, et une contribution inscrite au budget du CES, dans le
présent chapitre. Cette contribution comprend une « part
patronale » égale au double des cotisations versées par
les membres et une subvention d'équilibre.
Le régime de retraite des membres du CES est basé sur la
répartition. Seuls les membres du Conseil, au nombre de 231,
acquièrent des droits. Les membres de section (72 personnes) n'en
bénéficient pas. Les pensions ne sont versées qu'à
partir de l'âge de 55 ans et leur montant varie en fonction du nombre de
mandats effectués.
En 2000, l'effet en année pleine du renouvellement de 1999 avait
entraîné une augmentation de 10 % des dépenses de la caisse
de retraite, qui se sont élevées à 8,32 millions d'euros
(54,589 millions de francs).
Pour 2001, le coût des pensions est estimé 8,54 millions d'euros
(56 millions de francs), en augmentation de 2,6 %.
Au 1
er
juillet 2001, la Caisse servait 712 pensions (499 pensions
viagères normales, 202 pensions de réversion et 11 pensions
d'orphelins). Le montant moyen de la pension viagère normale
s'élevait à 1075,53 euros (7.055 francs).
En 2002,
le coût des pensions devrait atteindre
8,69 millions
d'euros
(57 millions de francs).
3. L'observation de la Cour des comptes
Dans son
rapport de juin 2001 sur l'exécution des lois de finances pour
l'année 2000,
la Cour des comptes, regrettait que le chapitre
31-01
, qui représente plus de 60 % des crédits du Conseil,
ne comporte aucun détail
. Elle préconisait un ajustement
de la nomenclature des crédits et des dépenses, notamment pour
améliorer l'information du Parlement.
Votre rapporteur, qui a fait une demande en ce sens, a reçu la
réponse suivante : « Le Conseil économique et
social, depuis sa création en 1947, a toujours
bénéficié de dispositions spécifiques le
distinguant sur le plan budgétaire et comptable du reste de
l'administration. Cette spécificité a été maintenue
après l'ordonnance de 1958. Elle est la reconnaissance du degré
d'indépendance dont doit disposer cette institution qui fonctionne comme
une Assemblée. »
Votre rapporteur note cependant que le Conseil économique et social
ne peut être tout à fait assimilé à une
assemblée élue au suffrage universel
.
B. DÉPENSES DE PERSONNEL
Les
dépenses de personnel avaient enregistré pour 2001 une
augmentation de 7 % destinée notamment à financer 5 nouveaux
postes d'encadrement.
Pour 2002, elles atteignent un montant de
8,084 millions d'euros
(53 millions de francs), marquant ainsi une
hausse plus modeste :
2,8 %.
Cette augmentation correspond à l'augmentation des
rémunérations de la fonction publique.
Après les créations de poste de 2001, les effectifs sont stables
en 2002.
|
1997 |
1998 |
1999 |
2000 |
2001 |
2002 |
|
|
(01/07) |
(01/07) |
(01/07) |
(01/07) |
(01/07) |
(01/07) |
|
|
PERSONNEL TITULAIRE |
|
|
||||
|
|
|
|||||
|
- catégorie A |
32 |
32 |
32 |
32 |
35 |
35 |
|
- catégorie B |
16 |
16 |
18 |
18 |
18 |
18 |
|
- catégorie C |
98 |
98 |
96 |
96 |
96 |
96 |
|
|
||||||
|
TOTAL PERSONNEL TITULAIRE |
146 |
146 |
146 |
146 |
149 |
149 |
|
|
||||||
|
PERSONNEL NON TITULAIRE |
20 |
20 |
20 |
20 |
22 |
22 |
|
TOTAL GÉNÉRAL |
166 |
166 |
166 |
166 |
171 |
171 |
Il
convient de préciser que le Conseil économique et social fait
appel à des fonctionnaires détachés.
Au 1
er
juillet 2000, 10 des 32 postes d'agents titulaires de
catégorie A étaient occupés par des fonctionnaires en
position de détachement.
Au 1
er
juillet 2001, la proportion passe à 12 sur 35 (5 du
ministère de l'économie, des finances et de l'industrie, 4 du
ministère de l'emploi et de la solidarité, 1 du ministère
de l'intérieur, 1 du ministère de l'agriculture et de la
pêche, 1 du ministère de l'éducation nationale).
C. DÉPENSES DE MATÉRIEL
Le
chapitre 34-01 « Dépenses de matériel »
regroupe tous les crédits nécessaires au fonctionnement courant
du Conseil.
Il a, pour 2001, fait l'objet d'une augmentation tout à fait
inhabituelle (près de 78 %), pour les besoins de la nouvelle
organisation décidée par le président et le bureau :
installation de nouvelles structures, équipements informatiques et mise
en place d'un réseau intranet.
Les modifications ont essentiellement porté sur l'automatisation et la
rationalisation des systèmes d'information, le perfectionnement du site
internet. De nombreuses bases, qui font l'objet de mises à jour
régulières, sont désormais accessibles (base calendrier,
base président, base rapports, etc.)
En matière comptable, les progiciels de comptabilité
budgétaire, de comptabilité générale et de paye mis
en service en 2000 ont été, en 2001, installés dans leur
version « euro ».
Enfin, l'informatique documentaire fait également l'objet de
développements.
Pour 2002
, qui verra la poursuite de ces efforts de modernisation,
les besoins sont encore nombreux
et les crédits de ce chapitre ne
diminuent que de 3,8 %.
Les dépenses concerneront essentiellement la
poursuite de la
modernisation du système informatique et les premières phases du
développement d'un intranet
pour l'élaboration des rapports,
la gestion des bases de données documentaires et l'archivage
électronique.
D. ÉQUIPEMENT ADMINISTRATIF
Les
crédits inscrits à ce chapitre financent les opérations de
gros entretien et de rénovation du Palais d'Iéna, classé
monument historique.
Les travaux visent à améliorer les conditions de
sécurité et l'aspect qualitatif des espaces de réunion et
d'accueil.
En 2001, ils ont notamment permis la création de salles de
réunion et de bureaux, ainsi que la rénovation de
l'éclairage de la salle des séances.
Après une augmentation de 35 % en dernière loi de finances,
le
montant estimé pour 2002 est quasiment stable
par rapport à
2001 (824 000 euros ou 5,4 millions de francs), pour des travaux
s'inscrivant dans la continuité des opérations
précédentes de rénovation et d'entretien des locaux du
Palais d'Iéna et qui permettront notamment la climatisation de la salle
des séances. Des locaux plus surs et mieux adaptés aux besoins,
tel est donc encore le but qui sera poursuivi en 2002.
Mais l'extension du Palais d'Iéna en 1995 a entraîné des
litiges, qui à ce jour, ne sont pas tous réglés.
Notamment, une étanchéité défectueuse de la
façade de la nouvelle aile du Palais pourrait conduire le CES à
engager une procédure juridictionnelle, conjointement avec le
ministère de l'Economie, des finances et de l'industrie, maître
d'ouvrage à l'époque.
Par ailleurs, des brise-soleil ont posé de graves problèmes de
sécurité, l'un d'eux ayant implosé. Le coût des
travaux de remise en état, lesquels devraient être achevés
au printemps prochain, n'aura pas d'impact sur le budget du CES.
II. LA POURSUITE DES RÉFORMES ENGAGÉES
Au cours
de la période 2000-2001 a été mise en place, par le
président et le bureau, une nouvelle politique, de modernisation et
d'ouverture sur l'extérieur de l'institution, que le Parlement avait
avalisée en votant, pour l'année 2001, des crédits en
augmentation de plus de 8 %.
L'année 2002 verra la poursuite de la politique engagée, qui vise
à
donner au Conseil économique et social un rôle
accru.
A. LES TRAVAUX DU CONSEIL ÉCONOMIQUE ET SOCIAL
1. Mesure de l'activité du Conseil, saisines gouvernementales
En 1999,
le CES a adopté 19 avis et 2 études et en 2000, 18 avis et
1 étude, dont chaque fois 4 sur demande du Gouvernement.
Pour 2001, l'activité est plus soutenue puisqu'au 1er juillet 2001,
15 avis ou études, donc 5 sur saisine gouvernementale, ont
été adoptés.
Sur les 7 premiers mois de 2001, le gouvernement avait sollicité l'avis
du Conseil sur les thèmes suivants : les archives orales, l'avenir
des chambres de commerce et d'industrie, le harcèlement moral au
travail, les personnes âgées dans la société, le
médiation et la conciliation de proximité.
Alors qu'au cours de la mandature 1989-1994, le Conseil avait été
saisi 35 fois par le gouvernement, au cours de la mandature 1994-1999, il
ne l'a été que 18 fois. Il est toutefois permis d'espérer
que ce nombre sera dépassé pour la mandature 1999-2004.
Le nombre des saisines gouvernementales, mais aussi l'importance des sujets
traités, sont de bons indicateurs de l'intérêt que portent
les pouvoirs publics à l'opinion du CES. A cet égard, votre
rapporteur regrette que
le gouvernement ne consulte pas assez le Conseil
en amont du processus législatif et n'ait pas sollicité son avis
sur des thèmes aussi essentiels que la modernisation sociale, la
réduction du temps de travail, l'épargne salariale, la lutte
contre les exclusions, la couverture maladie universelle ou la loi
d'orientation pour l'outre-mer.
Enfin, ce n'est que si le gouvernement intègre dans sa réflexion
les travaux du CES que l'on peut dire de ce dernier qu'il est réellement
écouté. Ce fut en partie le cas, en 2000 et 2001, des travaux
suivants : « l'euro et le citoyen »,
« Famille et insertion économique et sociale des adultes de 18
à 25 ans », « La décentralisation et le
citoyen », « Endettement et surendettement des
ménages », « Harcèlement moral au
travail ».
2. La recherche d'une plus grande efficacité
Les
travaux du Conseil, qui, si le sujet le nécessite, peuvent être
communs à plusieurs sections, découlent d'orientations
prioritaires du Bureau. Ils prennent mieux en compte les évolutions
fondamentales de notre société telles que le cheminement vers
l'égalité entre les femmes et les hommes, la construction
européenne.
Moins consensuels qu'auparavant, ils se veulent
plus incisifs, alimentant
ainsi le débat au sein de l'institution
, voire, dans certains cas,
les controverses dont la presse a pu se faire l'écho.
A l'instar du rapport de M. René Teulade, sur l'avenir du système
des retraites qui n'avait pas manqué de susciter des réactions en
janvier 2000, celui de M. Gérard Alezard, en décembre 2000, sur
les perspectives de la France, ainsi que celui de M. Dominique Taddei sur la
conjoncture économique, ont alimenté des réflexions plus
approfondies, permettant aux différentes catégories
socioprofessionnelles représentées d'exprimer plus nettement leur
opinion.
Enfin, le Bureau du Conseil a décidé d'examiner les suites
réservées à certains de ses avis (évolution de la
situation, mesures prises) et, selon les cas, de renouveler ou
d'aménager ses recommandations.
B. UNE COMMUNICATION PLUS OFFENSIVE, PIVOT D'UNE POLITIQUE D'OUVERTURE
La
stratégie de communication du président et du Bureau a pour but
de mieux faire connaître l'institution et ses travaux et d'affirmer
l'identité de celle-ci.
Les crédits votés l'an dernier ont permis de doter le CES de
moyens humains et matériels dédiés à la
communication, avec la création, en janvier 2001, d'un service de
la communication et de la presse auquel 2 emplois nouveaux avaient
été octroyés.
1. La diffusion classique des documents imprimés
La
direction des Journaux officiels, avec laquelle le CES a signé une
convention en 1997, assure la diffusion la plus large possible des avis et
rapports du Conseil. Chaque rapport est diffusé à 5000
exemplaires, et davantage en cas de besoin. Le nombre d'exemplaires vendus au
public varie
en fonction du thème traité. Toutefois le
tirage « papier » n'est pas le seul indicateur de l'ampleur
de la diffusion de ces documents puisque ceux-ci sont également
disponibles sur le site internet du Conseil.
Le « Bulletin d'Iéna » (1 feuille recto-verso)
annonce toutes les manifestations impliquant le CES. Il est diffusé
à près de 500 exemplaires.
Les « Notes d'Iéna » (4 pages) ont pour principal
objet de présenter les avis du CES. Leur tirage varie de 500 à
1000 exemplaires selon les thèmes et les publics concernés.
Ces tirages peuvent paraître modestes mais ces documents sont
téléchargeables sur le site du Conseil.
2. L'intensification des relations avec la presse
Le
service de la communication et de la presse développe diverses actions
pour améliorer ses contacts avec la presse en amont du vote et de la
publication de ses rapports et avis, auxquels il cherche à donner un
plus large écho.
Afin d'assurer la promotion des travaux du Conseil, il organise
régulièrement et le plus souvent possible des conférences
de presse, des relations presse au bénéfice des rapporteurs,
publie de nombreux communiqués de presse et résumés.
Par ailleurs, chaque mois, les « Cercles d'Iéna »
expérimentés en 2001, réunissent un panel de journalistes
pour un débat sur un sujet traité par le Conseil.
Enfin, une rubrique « spécial presse » a
été créée sur le site internet du Conseil.
3. Le développement d'opérations de relations publiques
Une
nouvelle initiative verra le jour en 2002 avec le lancement d'une lettre
d'actualité (mensuelle ou bi-mensuelle) sur papier et sur le site
internet du Conseil.
Par ailleurs, le Conseil accueille et organise de grands débats ou
manifestations publics afin de communiquer sur les suites de ses travaux ou
les grands problèmes de société. Ainsi, les
« forums d'Iéna » qui ont lieu 5 fois par an,
réunissent 400 à 500 participants.
Tout au long du second semestre 2001, le CES s'investit beaucoup dans la
célébration du centenaire de la loi de juillet 1901 sur la
liberté d'association, en organisant des colloques dont le premier, en
juin, a rassemblé près de 700 personnes.
4. Un site internet plus complet et plus attractif
Le CES a
ouvert son site Internet (
www.ces.fr)
en juin 1999.
Avec plus de 400 000 connexions par mois en moyenne en 2001, la
fréquentation du site a augmenté de 76 % par rapport à
2000. Dans le même temps, le nombre moyen mensuel de visiteurs est
passé de 2800 à 4500.
Le téléchargement des rapports et avis, la diffusion du dossier
de presse avant les assemblées plénières notamment
renforcent l'attractivité du site.
Divers moyens concourent à attirer les internautes :
développement du fichier des destinataires d'information, mise en place
en janvier 2001 d'un service d'abonnement, amélioration du ciblage des
publics, et prochainement, possibilité d'interaction et de dialogue.
Le site, qui fait l'objet de mises à jour fréquentes, regroupe
trois rubriques qui donnent une vision complète de l'institution
: « Tout savoir sur le CES », « Travaux et
publications » et « Actualité ».
5. Mais le renoncement à la chaîne parlementaire
Pour toucher un public plus large, le Conseil économique et social avait songé à participer à la chaîne parlementaire. Il y a renoncé, ses moyens budgétaires ne lui permettant pas d'en supporter le coût.
C. DES RELATIONS INTERNATIONALES PLUS POUSSÉES
Le président Jacques Dermagne poursuit en l'intensifiant la politique engagée par son prédécesseur, Jean Mattéoli, d'ouverture à l'international. Le service des relations internationales, récemment créé et qui a bénéficié l'an dernier de 3 emplois budgétaires, sert ces objectifs ambitieux.
1. Développer l'existence de Conseils économiques et sociaux ou d'institutions similaires dans d'autres parties du monde
Le CES
français aide à la création de CES étrangers et
accueille régulièrement ses homologues étrangers.
De nouveaux CES se créent partout dans le monde et le service des
relations internationales est très sollicité pour organiser des
formations pour les cadres de ces jeunes CES, notamment africains.
En dix ans, le nombre de CES ou d'institutions similaires est passé de
12 à 60.
2. Participer activement au développement de l'Association internationale des conseils économiques et sociaux et institutions similaires (AICESIS)
L'association internationale des conseils économiques et
sociaux ou institutions similaires (AICESIS) est une organisation
internationale à personnalité juridique propre,
créée en juillet 1999.
Le CES français, qui en a rédigé les statuts, assure le
secrétariat exécutif de cette association. Le président de
l'AICESIS est M. Wijffels, président du CES néerlandais.
L'AICESIS a pour but d'aider et de renforcer la représentation de la
société civile dans le monde entier. Pour ce faire, elle oeuvre
à l'émergence de nouvelle assemblées consultatives et
coordonne les conseils existants. Afin de mieux faire entendre cette
société civile auprès des organisations internationales,
elle entretient des relations avec l'Organisation internationale du travail,
l'organisation mondiale du commerce et l'ECOSOC des Nations-Unies. Par
ailleurs, l'AICESIS a récemment obtenu un siège à
l'ONU.
Le CES s'est beaucoup mobilisé pour la préparation de la
VII
ème
rencontre internationale de La Haye, en juillet
2001, avec pour thème « la maîtrise de la globalisation,
une nécessité pour les faibles ». 37 institutions
ont participé. Par de telles actions, l'AICESIS veut apporter des
réponses aux légitimes inquiétudes que suscite la
mondialisation.
Sur un plan plus pratique, l'Association prépare une mise en
réseau sur internet de toutes les assemblées.
3. Des priorités ont été dégagées
En
assemblée plénière, le 28 février 2001, le CES a
arrêté les principales orientations de sa politique internationale.
- L'Europe : la délégation pour l'Union européenne
récemment créée travaille au renforcement de la
coopération du Conseil avec le Conseil économique et social
européen. Elle analyse et traite les affaires européennes en
s'appuyant notamment sur un fonctionnaire détaché auprès
du CES européen. Elle prépare actuellement la contribution du
Conseil au débat sur l'avenir de l'Union européenne dans la
perspective d'une réforme des institutions à horizon 2004.
- Les relations euro-méditerranéennes : le Conseil,
notamment dans le cadre de sommets euro-méditerranéens depuis
1995, veut participer activement à la constitution, à horizon
2010, d'une zone de paix, de sécurité et de libre-échange
dans les pays du pourtour méditerranéen. Cependant, le Sommet
2001, qui devait se tenir à Alger, a été reporté en
2002, en raison de difficultés organisationnelles rencontrées par
les autorités algériennes.
- L'Afrique et les pays francophones : pour des raisons historiques, et
depuis longtemps, le CES entretient des relations étroites et continues
avec les CES des pays africains francophones. C'est notamment le cas, en 2001,
avec le Mali et l'Algérie.
- Les démocraties émergentes : le CES a participé
à l'organisation d'un colloque à Varsovie sur le thème
« du dialogue social au dialogue civique ». Par ailleurs,
une attention particulière est portée à création
d'un CES au Liban et aux liens avec le Mexique et le Nicaragua qui attachent un
intérêt particulier au modèle français de conseil.
- La Chine : les liens permanents que le Conseil entretient avec ce pays datent
de 1994, lorsque M. Jean Mattéoli, alors président, s'y
était rendu à l'invitation du président de
l'assemblée consultative de Chine. Sept années d'échanges
approfondis, dans le cadre de groupes de travail, ont conduit à
certaines réformes et à la création en juillet 2001 d'un
véritable CES chinois.
D. DES LIENS RENFORCÉS AVEC LES CONSEILS ÉCONOMIQUES ET SOCIAUX RÉGIONAUX (CESR)
Le
président Jacques Dermagne a voulu un resserrement des liens, une plus
large coopération entre les CESR et le CES.
Il marque lui-même sa volonté de rapprochement en participant
régulièrement aux assemblées annuelles des CESR et a
nommé à son cabinet un conseiller chargé des relations
territoriales.
Le Conseil associe les CESR à ses travaux sur tous sujets
nécessitant un éclairage territorial : leurs
présidents sont auditionnés dans le cadre de la
préparation des rapports et avis. Ce fut par exemple le cas de
l'étude consacrée à l'Erika.
Les nouvelles technologies facilitent ce rapprochement : un réseau
internet s'est mis en place ; il est destiné à l'ensemble
des conseils, y compris le Comité économique et social
européen.
Enfin, le CES met à disposition des moyens et des locaux pour les
réunions mensuelles de l'association des CESR de France.
III. PRINCIPALES OBSERVATIONS
1.
Comme attendu, l'augmentation des crédits 2002 reste modeste,
après la forte revalorisation de l'année passée
En augmentation de 1,6 %, les crédits demandés
s'élèvent à 31,8 millions d'euros (208 millions de
francs). Très peu de mesures nouvelles sont inscrites puisque 2002 verra
la réforme des poursuites engagées, pour lesquelles le budget du
Conseil économique et social avait été revalorisé
de 8,2 % l'an passé. Les augmentations sont principalement liées
aux ressources humaines : la revalorisation du point fonction publique a
été appliquée tant aux indemnités des membres du
Conseil et des sections, qu'aux rémunérations du personnel.
2. L'extension du Palais d'Iéna en 1995 a entraîné des
litiges qui demeurent en suspens
Après le règlement d'un litige qui a coûté 1,4
millions de francs en mars 2000, reste à régler l'affaire de
l'étanchéité défectueuse de la façade de la
nouvelle aile Albert de Mun. Une procédure juridictionnelle n'est pas
à exclure, dans laquelle le Conseil économique et social
s'engagerait conjointement avec le ministère de l'économie, des
finances et de l'industrie, maître d'ouvrage à l'époque.
3. Le Conseil économique et social ne donne pas suite aux
observations de la Cour des comptes
Dans son rapport de juin 2001 sur l'exécution des lois de finances pour
l'année 2000, la Cour des comptes, regrettait l'absence de détail
du chapitre 31-01 relatif aux indemnités des membres du Conseil et des
sections et, par conséquent, le manque de lisibilité de ce
chapitre pour le Parlement.
Le Conseil n'a pas répondu à la demande de détails dont
votre rapporteur s'est fait l'écho, considérant que cette demande
remettait en cause son indépendance alors qu'il fonctionne comme une
assemblée parlementaire.
Votre rapporteur prend acte de cette réponse tout en notant que si le
CES peut comparer son fonctionnement à celui des deux assemblées,
il en diffère néanmoins par le fait qu'il n'est pas issu du
suffrage universel.
4. Le Gouvernement sollicite toujours trop peu le Conseil économique
et social
Le nombre de saisines gouvernementales est passé de 4 en 1999 et en 2000
à 5 au 1er juillet 2001.
Il y a là une progression dont votre rapporteur se réjouit. Mais
au-delà du nombre, il convient de considérer le thème
traité et il est regrettable que pour des sujets aussi essentiels que la
modernisation sociale, la lutte contre les exclusions, la réduction du
temps de travail, l'épargne salariale, la couverture maladie universelle
ou la loi d'orientation pour l'outre-mer, l'avis du Conseil économique
et social n'ait pas été requis.
5. Les travaux du Conseil se veulent plus percutants, quitte à
être l'objet de controverses
Le Conseil économique et social intègre dans ses travaux les
évolutions profondes de notre société telles que le
cheminement vers l'égalité entre les femmes et les hommes ou la
construction européenne.
Moins consensuels qu'auparavant, les rapports du Conseil économique et
social se veulent plus incisifs, alimentant ainsi le débat au sein de
l'institution, voire dans certains cas les controverses, que la presse a
largement reprises.
Votre rapporteur approuve cette évolution, souhaitée par le
président Dermagne. Relayées ou combattues, ses prises de
position permettent à la troisième assemblée de la
République de mieux se faire entendre et donc de participer plus
significativement au débat national.
6. A l'heure de la mondialisation, le président du Conseil, milite
pour une représentation de la société civile à
l'échelle internationale
Dans le sillage de son prédécesseur, M. Jean Mattéoli, le
président Dermagne mène une politique active d'ouverture à
l'international.
Le concept de conseil économique et social à la française
s'exporte bien. En dix ans, le nombre de CES étrangers ou d'institutions
similaires est passé de 12 à 60. Le CES développe des
relations bilatérales avec bon nombre de pays, notamment de l'ancien
bloc de l'Est, d'Afrique, d'Amérique latine et d'Asie.
Par ailleurs, l'Association internationale des conseils économiques et
sociaux et institutions similaires (AICESIS), au sein de laquelle le CES
français joue un rôle actif, vient de se voir accorder un statut
spécial par l'Organisation des Nations unies, lui permettant de
siéger dans les rangs de celle-ci. Votre rapporteur voit dans cette
avancée une juste consécration de l'action du président du
Conseil et un motif de satisfaction car c'est ainsi que la
société civile pourra de mieux en mieux faire entendre ses
légitimes inquiétudes et attentes nées de la
mondialisation.
Cette intensification de l'action du CES est facilitée par la
création, l'an passé, du service des relations internationales
sur laquelle votre commission s'était prononcée favorablement en
votant des crédits supplémentaires en loi de finances 2001.
7. La question de la représentativité du Conseil suscite, de
manière récurrente, des commentaires
Son président a lui-même reconnu récemment que le Conseil
ne représente plus tout à fait la société
d'aujourd'hui, que « la photo est jaunie » et qu'une
réflexion s'impose sur les axes d'amélioration de la
représentativité du Conseil.
Votre rapporteur estime qu'après plusieurs décennies, au cours
desquelles les modifications n'ont été que très
ponctuelles, le législateur pourrait utilement se saisir de cette
question, laquelle est de son ressort puisque seule une loi organique peut
modifier la composition du Conseil.