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Equipements militaires : le souhaitable et le possible

 

3. Un effort de défense restauré, mais mesuré

Si les besoins potentiels paraissent très supérieurs au niveau de ressources actuel, c'est sans doute en raison d'une sous-estimation des coûts de réalisation d'un modèle ambitieux, surtout si l'on s'en tient à la référence calendaire de 2015. Mais c'est aussi que notre modèle de ressources actuel, quoique redressé par rapport à la période 1997-2001, reste mesuré si on l'analyse sur la longue durée.

En 2006, l'ensemble du budget du ministère de la défense, mission « sécurité » et pensions comprises, s'élevait à 43,2 milliards d'euros. Ce montant correspond, en euros constant, à celui de 1996 (43 milliards d'euros). Si l'on retient une définition plus stricte du budget de la défense, excluant les pensions et ne retenant qu'un taux d'activité militaire de 5 % pour la gendarmerie (norme OTAN V2), le budget de défense était de 29,9 milliards d'euros en 2006, soit, ici encore, un montant quasi-identique à celui, actualisé, de 1996 (29,4 milliards d'euros).

Contrairement aux conclusions parfois tirées d'une analyse superficielle des efforts budgétaires conséquents réalisés depuis 2003, le budget de la défense ne se situe pas à un niveau historiquement élevé. Il n'a fait que retrouver le niveau qui était le sien il y dix ans. Mais comme on l'a souligné plus haut, le « décrochage » de 1997 a été suivi de plusieurs années de pertes de ressources au regard de la planification des équipements qui avait été arrêtée lors de la réforme des armées et de la révision de leur format en 1996.

Un autre élément de comparaison est celui du budget de la défense rapporté au PIB. En 1996, le budget de la défense, pensions et gendarmerie comprises, représentait 3 % du PIB. En 2006, il n'en représente plus que 2,4% (source OTAN). Si l'on retient la définition stricte (hors pensions et gendarmerie, norme OTAN V2), le budget de la défense est passé de 2 % du PIB en 1996 à 1,7 % en 2006. En d'autres termes, si le budget de défense, hors pensions et gendarmerie, était resté au même niveau qu'en 1996 par rapport au PIB, il serait en 2006 supérieur de plus de 6 milliards d'euros à son niveau actuel.

On remarquera également que si le budget de défense britannique, dans sa définition large, est comparable au budget de défense français, la comparaison est défavorable à la France si l'on retient la définition stricte (hors pensions et gendarmerie) : 38,5 milliards d'euros et 2,13 % du PIB pour le Royaume-Uni contre 29,9 milliards d'euros et 1,70 % du PIB pour la France, soit un différentiel franco-britannique supérieur à 8 milliards d'euros par an.

Les budgets de défense des pays de l'OTAN en 2006

Données en structure OTAN

(hors pensions et taux d'activité pour les forces de sécurité e France et en Italie)

Pays

Budget de défense

en milliards d'€

% du PIB

Etats-Unis

392, 0

3,31

Royaume-Uni

38,5

2,13

France

29,9

1,70

Allemagne

24,0

1,05

Turquie

15,1

2,65

Italie

11,9

0,78

Canada

10,9

1,05

Espagne

10,3

0,92

Pays-Bas

6,7

1,29

Pologne

6,7

1,42

Grèce

5,3

2,17

République tchèque

3,3

1,6

Belgique

3,0

0,9

Roumanie

2,9

1,5

Norvège

2,7

1,4

Danemark

2,1

1,2

Portugal

2,0

1,1

Hongrie

1,9

1,1

Bulgarie

1,4

2,1

Slovaquie

1,3

1,6

Slovénie

0,7

1,5

Lituanie

0,5

1,1

Lettonie

0,4

1,4

Estonie

0,3

1,6

Luxembourg

0,2

0,6