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2. Performances

Les gains de performances recherchés sont d'ordre à la fois quantitatif et qualitatif. Autrement dit, il s'agit de mettre à la disposition du plus grand nombre de personnes possible davantage d'informations et de capacités de communication, dans de meilleures conditions, en allant plus vite et plus loin.

La tendance est double : on assiste à la fois à une augmentation spectaculaire de la diffusion des médias et à un allégement des moyens de réception correspondants (réduction des formats des imprimés, miniaturisation et portabilité des appareils électroniques, des téléphones et des ordinateurs), en attendant la personnalisation de la satisfaction des besoins facilitée par l'interactivité.

De sorte qu'il s'avère légitime de se demander s'il y a une amélioration corrélée des contenus, autres que les messages échangés entre particuliers (articles de presse, programmes radiodiffusés ou télévisés).

Si la réponse à cette question est loin d'être évidente, il faut accréditer l'idée que la diversification que l'on vient d'évoquer touchant ce qu'il est possible de transmettre (musiques, images...) ainsi que l'amélioration de la qualité de certaines émissions (avec, par exemple, la modulation de fréquence, pour le son, et les images télévisées numériques), constituent en soi un indéniable progrès.

Ainsi, c'est l'accroissement des performances des techniques concernées qui va permettre, en tout cas, l'avènement d'une presse de masse au XIXe siècle, avec la création en Amérique des premiers grands quotidiens à faible prix (Le New York Sun et le New York Herald, fondés en 1833 et 1835 et vendus, à l'exemplaire, au prix de un cent).

Comme toujours, il est difficile de savoir si le progrès technique est ici la cause ou la conséquence de l'expression du besoin social nouveau qui se manifeste. Quoi qu'il en soit, le développement de la presse de masse coïncide avec la révolution industrielle du XIXe siècle.

Ses conséquences sont nombreuses :

n Le changement atteint d'abord la fabrication du papier qui se mécanise et remplace la chiffe par une pâte à base de fibre de bois.

n Dans le même temps, les presses s'automatisent et font de plus en plus appel au cylindre, pour l'impression comme pour l'encrage, jusqu'à la mise au point aux Etats-Unis, vers 1846, de la rotative, vingt-cinq fois plus rapide que tous les procédés existants.

n Les rendements de la composition, dont les techniques n'avaient pratiquement pas évolué depuis Gutenberg , augmentent considérablement grâce à l'invention, en 1886, de la linotype (6(*)).

n Issu de la lithographie, l'offset, inventé en 1904 et généralisé après 1930, représente ensuite un progrès tout aussi important. Un cylindre de caoutchouc sert d'intermédiaire entre le papier et le zinc (enroulé autour d'un autre cylindre porteur auparavant du papier). Il en résulte une meilleure adhérence et un rendement supérieur pour un moindre prix (le papier utilisé pouvant être de moindre qualité).

En outre ce procédé permet d'introduire la photographie dans l'imprimerie, même si, auparavant, les illustrations pouvaient cependant déjà être reproduites grâce, notamment, à la mise au point des techniques de la photogravure (7(*)), en 1876, puis de l'héliogravure (8(*)) en 1895.

L'ultime innovation apparaît à notre époque avec l'emploi de l'informatique (qui permet le traitement de texte par ordinateur) et de la photocomposition numérisée.

Bref, on le voit, l'apparition de nouveaux mass média électroniques n'a donc pas empêché les techniques d'impression de se moderniser en même temps que les techniques de transmission.

Récapitulatif des principaux perfectionnements

des techniques d'impression

1796 : Lithographie (1)

1822 : Photogravure (1)

1845 : Presse rotative

1872 : Héliogravure (2)

1884 : Linotype

1904 : Offset (impression sur feuille de zinc) (2)

1954 : Début de la photocomposition (lumitype) (2)

1960 : Premiers traitements de textes par ordinateur

1970 : Début de l'informatisation des imprimeries et des rédactions. Généralisation de l'offset et de la photocomposition

(1) Concerne surtout l'illustration.

(2) Textes et images



De leur côté, les performances des médias électroniques, sous l'effet conjugué des progrès que connaissent les techniques les plus récentes d'information et de communication, dont ils sont issus, vont s'accroître, très rapidement.

Les équipements correspondants incorporent des composants dont certains connaissent un essor continu et impressionnant. Ainsi en va-t-il des semi-conducteurs : on citera ainsi la fameuse loi de Moore selon laquelle le nombre de transistors intégrés dans une puce double environ tous les 18 mois, qui ne s'est pas trouvée démentie depuis 25 ans.

Ainsi, depuis son invention en 1971, le microprocesseur qui est à l'informatique, un peu ce que l'imprimerie a été à l'écrit, connaît une croissance exponentielle. Le nombre de transistors qu'il contient a été mis au carré en un quart de siècle et pourrait être compris entre 50 et 100 millions en l'an 2000. Quant au nombre d'instructions par seconde qu'il est capable d'effectuer, il aura été multiplié par 10.000 entre 1971 et l'an 2000. En 1971, le premier microprocesseur Intel , le 4004 était cadencé à une fréquence de 108 Khz, le processeur IBM comme le processeur Intel auront une fréquence atteignant 1,1 Ghz en l'an 2000.

Bien que la capacité des mémoires progresse, elle aussi, de façon exponentielle (on est passé de 1 kilobit, en 1970, à 256 mégabits aujourd'hui), celles-ci restent plus lentes que les microprocesseurs ; d'où le succès de nouvelles DRAM (9(*)) synchrones (dont le temps de cycle est calé sur l'horloge du microprocesseur) qui évitent d'abuser des mémoires " cache " très onéreuses.

L'intégration croissante des semi-conducteurs s'accompagne également d'une miniaturisation elle aussi forte et rapide : ainsi, la finesse de gravure s'améliore d'environ 12 % par an (on est passé de 5 microns en 1980, à 0,5 en 1996 ; la limite, en lithographie optique de 0,1 micron devant être atteinte en 2002).

L'augmentation des performances des semi-conducteurs constitue ainsi un bel exemple de progression linéaire. Ce phénomène est d'autant plus remarquable qu'il s'accompagne d'une baisse de prix (pour un résultat donné) et, le plus souvent, d'une moindre consommation d'énergie, l'électronique pouvant en effet être définie comme la science de la maîtrise des faibles courants.

Dans le domaine des transmissions et du stockage des informations, des améliorations notables sont également enregistrées.

S'agissant des transmissions, des progrès réalisés découlent soit de l'offre de nouvelles capacités, soit d'une meilleure utilisation de celles qui existent, soit, enfin, d'une compression efficace des données à la source.

Il est ainsi possible de mieux répondre par des moyens, on l'a vu, de plus en plus diversifiés, à des demandes, variées elles aussi, même si elles tendent généralement vers l'exigence de débits plus élevés.

Offre de capacités nouvelles, tout d'abord : celles de la fibre optique paraissent actuellement quasi-illimitées (plusieurs dizaines de terabits par seconde sur une seule fibre) et permettent d'envisager, dans un futur proche, des " réseaux gigabit ".

Dans le domaine hertzien, on a cru longtemps que seules les ondes longues permettaient les communications à grandes distances ; puis les longueurs d'ondes diminuèrent au fur et à mesure que se développaient des techniques spécifiques correspondantes.

L'occupation d'espaces jusque-là inexploités a ainsi toujours été un moyen naturel de rechercher de nouvelles possibilités de diffusion et de communications. En général, ce phénomène s'accompagne d'une montée en fréquences ce qui induit un raccourcissement des longueurs d'ondes :

n On l'a vu récemment avec l'exploitation des ondes millimétriques (faisceaux hertziens actuels, systèmes MMDS en cours d'expérimentation) qui permet, en outre, des débits relativement élevés (10(*)).

n Cela avait été le cas également en télévision au moment du passage de la bande VHF (Fréquences très hautes) à la bande UHF (Fréquences ultra hautes).

n C'est également ce qui se produit dans le domaine des satellites (où une relative saturation de la bande C peut conduire à recourir aux bandes Ku et Ka).

A côté de la création de nouvelles capacités (par le déploiement de fibres optiques ou par la montée en fréquences), des solutions existent, qui consistent à mieux utiliser les ressources existantes : au premier rang desquelles celle qui permet d'obtenir les résultats les plus impressionnants ayant trait à la compression de données.

En effet, le nombre de chaînes de télévision transmis par un répéteur de satellites ou un canal de réseau câblé peut s'en trouver multiplié par un facteur de 10 à 12 .

Des possibilités moindres (du fait de l'encombrement des ondes), mais toutefois réelles, existent également dans le domaine hertzien terrestre. La compression numérique peut y permettre de multiplier les émissions que les progrès de la directivité et de la sensibilité des matériels d'émission et de réception rendent possibles, dans les interstices de la planification actuelle des fréquences. Plusieurs chaînes numériques hertziennes terrestres sont ainsi déjà opérationnelles en Grande-Bretagne.

La compression, qui facilite également l'enregistrement des données au stade de la production vidéo, correspond à ce qu'on appelle le codage " de source " (qui tend, dès l'origine, à éliminer les redondances et à anticiper les mouvements des images animées à transmettre, afin de réduire la quantité de données nécessaires).

Des gains de performances ont également été obtenus au stade suivant qui concerne le codage dit de canal. Des techniques de modulation (11(*)) plus efficaces permettent, en effet, de maximiser le ratio bits/hertz, et d'obtenir par conséquent des débits plus élevés pour une meilleure occupation de la bande passante.

De son côté, l'occupation des voies des réseaux filaires peut, être optimisée par des techniques performantes de multiplexage et de transport (organisation des trames numériques) ainsi que par voie logicielle (notion de circuit virtuel...).

A l'avenir, les techniques ATM, en conjuguant les meilleurs effets des commutations de paquets et de circuits, et en raccourcissant la taille des cellules numériques de base, permettront de transporter, dans le même réseau, tout type de données correspondant à toute sorte de débits, des plus faibles (téléphone), aux plus élevés (vidéo, calculs informatisés...).

S'agissant, enfin, du stockage ou de l'enregistrement des informations, des progrès spectaculaires ont également été effectués.

Qu'on en juge :

Depuis son invention en 1956, le disque dur des ordinateurs a sans cesse vu ses capacités de stockage augmenter, tandis que baissaient ses dimensions et son prix.

n En quarante ans, la quantité d'informations qu'il peut enregistrer a ainsi été multipliée par 600, passant de 5 millions à 10 milliards d'octets.

n Sa densité, imprimée en bits par pouce carré, s'est accrue encore bien davantage, à tel point qu'il sera bientôt intégré, par exemple, dans un radiotéléphone.

n Dans le même temps, son prix chutait de 50.000 francs à 2 francs l'unité d'information.

n L'équivalent de 1,6 million de pages tiennent ainsi aujourd'hui dans le volume d'une cassette audio alors qu'il fallait, à l'origine, 50 plateaux de 60 cm de diamètre pour stocker seulement 2.500 pages.

n En outre, la vitesse de rotation des disques et surtout le débit d'information transmis (passant de 1 à 18 millions d'octets par seconde entre 1989 et 1997), ont également considérablement progressé.

- Quant au futur DVD, sa capacité maximale (4 couches sur 2 faces) devrait correspondre à 18 Giga octets, (soit neuf heures de vidéo de qualité MPEG2 alors que les 650 millions d'octets des CD actuels permettent de n'en visionner que 72 minutes)

Sur le plan qualitatif, les améliorations portent sur le son et sur l'image ; de nouvelles possibilités sont par ailleurs offertes à l'usager :

n Le perfectionnement de la qualité du son, grâce à la modulation de fréquence (12(*)), en radiodiffusion, puis à la stéréophonie et à la numérisation des enregistrements (CD) et des transmissions (DAB, son stéréo NICAM en télévision) ;

n Le progrès de la qualité de l'image, avec l'introduction de la couleur, les recherches relatives à la haute définition (qui n'a peut-être pas dit son dernier mot) et les effets de la numérisation des transmissions (moindre dégradation, nouveau format 16 :9).

n Enfin, de nouvelles possibilités sont offertes aux utilisateurs qui bénéficient d'un plus grand choix de programmes ainsi que d'avantages liés à l'interactivité (passage d'une télévision au menu à une télévision à la carte, accès à de nouveaux services de communication ou à caractère transactionnel, jeux, etc...).

Dans cet ensemble de performances, les progrès réalisés dans le domaine de la compression ont joué un rôle déterminant. Ils ont permis de maîtriser le flot impressionnant de données afférent au traitement d'images animées, ouvrant ainsi la voie à l'informatique multimédia et à la généralisation du numérique, désormais étendu à la transmission, dans le domaine de la communication audiovisuelle.

Or, le numérique importe à la fois à l'amélioration quantitative (nombre de programmes et de services) et qualitative (images et son, interactivité) des moyens d'information et de communication.

Cependant, force est de reconnaître que les performances techniques venant d'être décrites se sont accompagnées de certaines défaillances : qu'il s'agisse de la lente mise au point des écrans plats, en passe d'aboutir maintenant très prochainement avec les techniques à plasma ; des échecs essuyés par des expériences de télévision interactive en raison de coûts trop élevés ou d'une complexité logicielle excessive, etc.

Malgré tout, ces performances techniques n'en demeurent pas moins impressionnantes et permettent l'amorce de mouvements de convergence importants.

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