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III. UN MOUVEMENT DE CONVERGENCE PARFOIS HEURTÉ

La convergence censée caractériser la société de l'information se manifeste de trois façons :

n diversification, déjà étudiée, des utilisations des supports traditionnels (vidéo sur le réseau téléphonique commuté, téléphone sur le câble...), chacun essayant, dans son propre domaine, de concurrencer des acteurs précédemment spécialisés dans des secteurs d'activités bien distincts ;

n propension de tous les compétiteurs à suivre le développement du trafic de données et à offrir les accès à Internet (par câble, satellite, modems téléphoniques...) sur tous types de terminaux (ordinateur, téléviseur, écran de téléphone mobile...) ;

n enfin, recherche de solutions tendant réellement, soit à intégrer le transport des différentes données dans de futurs réseaux multimédia interactifs large bande (ATM), soit à améliorer l'interopérabilité des systèmes.
A) L'ATTRACTIVITÉ D'INTERNET

Internet, d'une part, au niveau des réseaux, l'ordinateur personnel, d'autre part, en tant que terminal, incarnent dans une certaine mesure cette convergence, caractéristique de la société de l'information.

Préfiguration, en modèle réduit et quelque peu bricolé, de ce que pourraient être les autoroutes de l'information de demain, le premier s'est imposé grâce à l'universalité de son protocole, qui permet à des machines, connectées à n'importe quel type de réseau dans le monde entier, de communiquer entre elles.

La voie ouverte par la Société Aplio avec son Aplio/Phone qui a reçu en Février 1998 le prix du produit de télécommunications le plus innovant est intéressante à observer.

En effet, ce produit qui permet de téléphoner via Internet pour le prix d'une communication locale avec l'obligation à ce jour que les correspondants disposent chacun d'un Aplio/Phone ouvre, grâce à sa facilité d'emploi et la non-nécessité de posséder un PC, une voie originale.

En Juin 1998, il devrait être possible, pour une personne utilisant un Aplio/Phone de communiquer en téléphonie avec une personne utilisant un PC, l'Aplio/Phone devant se conformer à cette date, à la norme d'audioconférence H.323.

Le trafic Internet tend, on l'a vu, à emprunter tout type de support (satellites, réseaux câblés audiovisuels, réseaux téléphoniques commutés, radiocommunications terrestres...). Son offre de services s'enrichit (radio, téléphone, vidéo), pouvant concurrencer celle d'opérateurs d'autres réseaux, publics ou propriétaires, non seulement techniquement mais aussi commercialement (en détournant des recettes publicitaires consacrées à d'autres médias ou par la pratique de tarifs inférieurs).

Enfin, ses données sont susceptibles, on l'a dit, de s'afficher sur différents types de terminaux, notamment des téléviseurs.

Or, si seulement un cinquième à un tiers des foyers, dans les pays développés, possèdent un ordinateur personnel, la quasi totalité sont équipés d'un téléviseur.

En outre, des sondages, effectués aux Etats-Unis, ont montré qu'une majorité de la population américaine préférerait accéder à Internet à partir d'un poste de télévision plutôt que d'un ordinateur.

Ces faits expliquent l'intérêt manifesté par les acteurs, tant de l'électronique grand public que de l'informatique, pour la mise au point de solutions techniques allant dans ce sens.

Ainsi, se sont multipliées des propositions de :

n boîtiers de connexion à Internet (Thomson et Oracle, Sony et Philips , Zenith ...) ;

n logiciels ou navigateurs correspondants (Network Computer Inc. et Navio communications, filiales, respectivement, d'Oracle et Netscape ).

Boîtier

Système d'exploitation

Logiciel de navigation

Thomson

Zénith

Accorn Computer

Network Computer Inc. (Oracle)

Oracle

Navio (Netscape)

Initialement alliée à Sony et Philips, Web TV, start up californienne ensuite rachetée par Microsoft, avait conçu elle-même le microprocesseur et les systèmes d'exploitation et d'accès à Internet de son boîtier.

Celui-ci, pourvu de deux cordons, se rattachant, l'un à la prise vidéo de la télévision et l'autre à une prise téléphonique, permettait d'envoyer un message (à l'aide de la télécommande, le clavier s'affichant, dans ce cas, sur l'écran, ou d'un clavier à liaison infrarouge) mais pas d'imprimer ou de récupérer des données.

Mais Web TV n'a cessé ensuite d'enrichir son offre (qui inclut désormais des possibilités d'impression, de transactions sécurisées, le libre choix d'un fournisseur d'accès à Internet, etc.).

La dernière version de son boîtier Internet TV comprend un guide de programme électronique sophistiqué, et permet, outre l'incrustation d'une image de télévision sur une page Web qui occupe l'écran, la transmission d'informations complémentaires d'un programme, dans la partie du signal réservée au sous titrage. Ces données peuvent, en outre, être enregistrées sur un disque dur.

Cela n'a pas empêché d'autres candidats de se lancer dans la course, tels qu'Oracle qui vient de sortir son propre boîtier, ou Bull, qui fabrique un décodeur Internet sous licence de la société française Netgem.

Au début de l'année 1997, World Gate avait conçu, par ailleurs, un logiciel, permettant d'accéder à Internet, via les décodeurs pour réseaux câblés préexistants, fabriqués par General Instrument ou Scientific Atlanta.

Il sera intéressant de suivre les développements du pari lancé par Nokia en Février 1998 qui a choisi une petite start-up, Spyglass, pour concevoir sa prochaine génération de décodeurs de télévision numérique. Ainsi, cette petite société a été préférée à Netscape et au géant Microsoft pour concevoir un nouveau terminal numérique qui permettra au téléspectateur de recevoir des dizaines de chaînes mais aussi de surfer sur Internet et d'accéder à des services multimedias interactifs.

Le tout sur l'écran du téléviseur familial.

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