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C) CONCERNANT L'INFORMATIQUE

Le cabinet américain IDC évalue le chiffre d'affaires mondial de l'informatique à quelques 700 milliards de dollars (en 1997).

Avant la crise, ce cabinet estimait que, durant les cinq prochaines années, la croissance de ce marché sera tirée par l'essor des nouvelles technologies et la consommation des pays de la zone Asie-Pacifique, notamment la Chine (+ 24 % de croissance annuelle moyenne). La part de cette zone est déjà passée de 18,6 % des ventes mondiales en 1992 à 23,5 % en 1996.

Le marché américain (41 %) devrait rester le premier avec une progression attendue de l'ordre de 10 % par an d'ici 2001. Quant à la part de marché européen, elle devrait continuer, selon l'IDC, à s'éroder, à cause d'un taux de croissance de 8,5 % seulement par an. Elle ne représentait déjà plus que 27 % du marché mondial en 1996, contre 36,6 % il y a cinq ans.

Les ventes de micro-ordinateurs augmentent à un rythme soutenu : + 21 % par an en moyenne de 1991 à 1997.

Même lorsqu'un ralentissement se produit, comme en 1996, la croissance reste à deux chiffres (+ 16 % selon IDC, Apple Compris, + 17,8 % d'après Dataquest).

Les grands constructeurs contrôlent près de 38 % du marché mondial et renforcent leurs positions en augmentant leurs ventes de façon spectaculaire.

Il s'agit de :

n Compaq (2,2 millions d'unités, + 42 %) ;

n IBM (1,7million d'unités, + 20 %) ;

n Hewlett-Packard (+ 58,4 %), passé en un an de la sixième à la troisième place en franchissant le cap du million de machines vendues ;

n et Dell (+ 61,4 %), spécialisé dans la vente directe aux entreprises.
Gateway 2000, qui mise sur la vente par correspondance, obtient également, aux Etats-Unis, de très bons résultats.

La micro-informatique devient de plus en plus une industrie de gros volumes de production et de faibles marges. Il ne subsiste plus qu'un seul constructeur indépendant européen : Siemens-Nixdorf.

Les prix de vente des ordinateurs personnels baissent rapidement, sous l'effet conjugué de la diminution du coût des composants, du jeu de la concurrence qui entraîne une guerre des prix, et de l'évolution des méthodes de distribution : stimulés par les performances de Dell et des spécialistes de la vente directe, les constructeurs, tout en gardant leur réseau, ont développé la fabrication à la commande et transféré l'assemblage des PC chez les distributeurs afin de gagner une marge de manoeuvre sur les prix de vente, en réduisant les stocks de machines assemblées (53(*)).

Les ventes promotionnelles se multiplient (y compris sur Internet) avec, par exemple, la vogue, l'été dernier, aux Etats-Unis, du PC à moins de 1.000 dollars et, à l'automne 1997, en France, à moins de 5.000 francs, dans la grande distribution.

Tout ceci tend à rendre nettement moins attractif le concept d'ordinateur de réseau (Network Computer), d'autant que sont proposés des ordinateurs personnels simplifiés moins chers (avec des composants moins puissants ...).

Il semble que le ralentissement de 1996 soit dû à un certain essoufflement du marché grand public, notamment aux Etats-Unis où l'industrie doit désormais chercher de nouveaux clients parmi les consommateurs à moindres revenus.

La reprise manifestée depuis le second semestre 1997 est principalement due à une demande soutenue des PME.

Désormais, 20 % des plus petites d'entre elles (de 6 à 200 salariés) possèdent au moins un poste connecté à Internet, selon le dernier rapport de l'AFTEL (Association Française de la Télématique Multimédia).

Le marché des PME est très convoité par les constructeurs informatiques qui développent des offres spécifiques (conseils en organisation, aides à la décision, formation de revendeurs capables d'apporter du service et de la maintenance, opérations de sensibilisation, ...).

Dans " America et Work ", un livre interactif diffusé sur le site Internet de Microsoft, il est démontré que ce sont les PME informatisées, capables -grâce à la technologie- de rivaliser avec les grands groupes, qui tirent la croissance américaine.

Pour en revenir au grand public en France, un certain frémissement se fait aussi sentir. Si on en croit les sondages les plus récents, les Français seraient en passe de combler leur sous-équipement en ordinateurs domestiques. Les rayons des grandes surfaces, où se vend désormais un micro-ordinateur sur quatre, ont été dévalisés lors des fêtes de fin d'année en Décembre 1997.

Il s'est vendu quelque 850.000 micro-ordinateurs domestiques en 1997.

Le cabinet d'études GFK prévoyait, avant cette période des fêtes de fin d'année, que le taux d'équipement des familles françaises passerait de 15 % en janvier 1997 à 17 % en décembre 1997 et à 20 % fin 1998. Or, les chiffres publiés au cours du 1er trimestre 1998 semblent montrer que, depuis Décembre 1997, une famille sur cinq aurait un ordinateur au foyer . La moitié du parc total (soit plus de 2 millions) est désormais équipée de lecteurs de CD-ROM.

Il reste que, trop souvent encore, " l'achat d'un ordinateur multimédia tient de l'aventure " (pour reprendre un titre du Monde du 20 décembre 1997) du fait, notamment, de difficultés d'installation dissuasives.

L'Observatoire européen, précité, des technologies de l'information publie des données intéressantes concernant l'évolution du marché ouest-européen.

Il en ressort des tendances générales à :
n la baisse des ventes des grands serveurs et une augmentation corrélative de celle des moyens et, surtout, des petits serveurs (+ 11 %) ;

n l'augmentation, supérieure à la moyenne, des achats de micros portables (+ 12 %), produits logiciels - logiciels systèmes et logiciels d'application - (+ 9,6 %), services professionnels (+ 8,6 %) et, surtout, services réseaux (+ 14,7 %).
La bataille sur le front des logiciels est de plus en plus acharnée.

Le déploiement d'Intranets (réseaux d'entreprises utilisant la technologie Internet) constitue un enjeu particulièrement important puisque le marché correspondant devrait atteindre 3,13 milliards de dollars (17 milliards de francs) en l'an 2001, pour les seuls logiciels, selon le cabinet IDC.

IBM, Oracle, Microsoft affûtent leurs armes dans cette perspective.

Mais, le développement du commerce électronique sur Internet (voir plus loin) est tout aussi crucial : il devrait faire passer à 210 milliards de dollars en l'an 2000, selon le cabinet Input, le total des logiciels, matériels et services de réseaux.

La concurrence est vive également sur le terrain des logiciels de travail de groupe et de coopération (collecticiels) qui permettent le partage de l'information, l'accès commun à des bases de données et aux agendas personnels, le travail en collaboration sur un même document, etc...

IBM a lancé Domino, adapté à l'architecture Intranet, successeur de Notes, de la Société Lotus, devenue l'une de ses filiales.

De son côté, Netscape propose la technologie Collabra, du nom d'une petite société qu'il a rachetée à la fin de 1995.

Le logiciel de loisirs devient un objet de grande consommation. Les ventes de CD-ROM pour ordinateurs personnels et de logiciels pour consoles de jeu ont passé, en France, en 1997, le cap des 10 millions d'unités écoulées, avec un chiffre d'affaires de 2,8 milliards de francs, en hausse de 30 %. Pour la première fois, il s'est vendu plus de CD-ROM de loisirs, dans notre pays, que de logiciels pour consoles.

Les applications éducatives (grand public ou destinées aux enseignants) et culturelles devraient également se développer fortement.

Au total, il paraît certain que les ventes d'équipements de logiciels et de services pour réseaux (Internet, Intranet ou autres) vont continuer de croître à un rythme très soutenu.

Mais l'avenir du marché de l'informatique dépendra fortement de l'issue des confrontations actuelles entre partisans de standards ouverts et tenants de systèmes propriétaires.

La stratégie de Microsoft consiste, on l'a vu, à garder ses clients captifs en créant des relations exclusives entre ses systèmes d'exploitation (dont sont équipés plus de 90 % des ordinateurs personnels dans le monde) et les progiciels qui en sont dérivés, y compris les navigateurs sur Internet.

L'utilisation du langage Java de Sun permet d'aller à l'encontre de cette démarche en permettant de concevoir des systèmes d'exploitation et des programmes d'application indépendants et adaptables à n'importe quelles machines.

En outre, les applications considérées peuvent être exécutées localement, de façon autonome, par la machine de l'utilisateur, selon des instructions adressées par le navigateur.

Les logiciels écrits en Java ont ainsi l'avantage d'être portables et d'économiser les ressources du réseau.

Les outils nécessaires au développement de programmes Java (compilateurs, interpréteurs, ...) peuvent être téléchargés gratuitement à partir du site Web de Sun qui a mis au point une version bridée et simplifiée de ce langage (Javascript) pour de petites applications (applets), telles que l'animation de pages Web.

Java a, ainsi, vocation à devenir un système de programmation universel, mais Sun, tout en souhaitant en faire un standard ouvert, voudrait pouvoir contrôler la définition de ses spécifications.

La façon dont seront tranchés les débats conceptuels qui divisent le monde informatique ne sera pas sans conséquences sur l'évolution du marché et, en particulier, celui des ordinateurs personnels.

Les ventes de PC sont susceptibles, dans ce contexte, d'être affectées :
n favorablement par :
- la baisse de leurs prix, l'amélioration de leurs performances et de leur convivialité ;

- les retards d'équipement de certains pays, dans les domaines professionnels et grand public ;
n négativement par :
- les possibilités de stocker les logiciels les plus récents sur des serveurs et de les télécharger sur des ordinateurs personnels plus anciens, de façon à économiser les coûts de renouvellement des terminaux et les charges de maintenance correspondantes.

Intranet et Java permettent de faire fonctionner ensemble, en réseau, des machines hétérogènes, ce qui rend moins pressant le besoin de changer sans cesse d'équipement pour s'adapter aux progrès techniques.

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