Allez au contenu, Allez à la navigation

 


Retour Sommaire Suite

2. Le déplacement de la valeur ajoutée

" La société du XXIe siècle sera orchestrée par les services de communication " -a écrit le directeur du CNET, Michel Feneyrol- qui prévoit une migration et nouvelle segmentation de la valeur ajoutée dans les industries de la communication.

" Les réseaux ne sont que des supports - poursuit-il - et la valeur première apportée au client est constituée par les services ".

La nouvelle segmentation de la valeur ajoutée devrait se traduire par une moindre hégémonie des communications vocales et téléphoniques, une désolidarisation réseaux-services, les exploitants devant s'efforcer de remonter vers l'intégration de réseaux et les couches logicielles des services, pour tirer leur épingle du jeu.

En bref, ils ont intérêt à s'orienter vers des services toujours plus riches en valeur et mieux différenciés en fonction des clientèles.

La métaphore des " autoroutes de l'information ", critiquable par certains côtés, a l'avantage de bien fixer les idées sur ce point : la valeur du contenu (les marchandises) et des services (leur livraison à des personnes distinctes, en divers lieux, selon des trajets différenciés) est infiniment supérieure à celle des infrastructures, des camions et même du carburant utilisés. Il suffit d'additionner, d'un côté, le péage, l'essence et l'amortissement du camion et, de l'autre, la valeur des objets transportés et le prix du service rendu pour comprendre la différence.

A mon avis, la valeur ajoutée, dans la société de l'information, devrait se déplacer en aval des infrastructures, des équipements et des données de base, vers tous les services personnalisés permettant de les exploiter.

Ainsi, la concurrence aidant, l'importance relative des coûts de l'utilisation des réseaux, de la fourniture des terminaux et de l'information de base, devrait décroître au profit de celui de l'expertise qui autorise à en tirer profit.

Bien sûr, il faut amortir les investissements que nécessitent la construction de réseaux haut débit et de terminaux multimédia, la mise au point de logiciels de navigation ou de moteurs de recherche, la constitution de bases de données, mais la prise en charge des dépenses correspondantes sera de plus en plus répercutée en aval, dans la chaîne de l'information, à travers la rémunération des services à valeur ajoutée.

L'information de base, le terminal, l'utilisation du réseau devraient être vendus au prix coûtant, voire moins cher, sur une base forfaitaire ; l'emploi d'un navigateur, ou du langage de programmation Java, de même (faut-il payer pour se servir d'une carte routière ou d'une boussole ou pour parler une langue ?).

En revanche, les créateurs de systèmes d'exploitation ou de logiciels apportant une valeur ajoutée dans l'exploitation de l'information (agents et réseaux intelligents), les auteurs de contenus ou initiateurs de services méritent une plus haute rémunération.

Sans eux, les machines seraient inertes, les informations introuvables, le client insatisfait ou inexistant, les autoroutes désertes et les camions immobilisés ou vides.

La société de l'information est complexe. Elle va donc engendrer, on l'a vu, le besoin de nouvelles connaissances ou expertises (assemblage de programmes, édition de contenus, gestion de droits) afin, non seulement, de donner de la valeur aux données de base recueillies mais de mieux organiser les activités correspondantes.

Les trois facteurs essentiels qui donneront toute sa valeur à la société de l'information qui sous nos yeux se développe sont les contenus, le commerce électronique mais aussi les communautés qui seront des ensembles de plus en plus pertinents.

La complexité de la société de l'information résulte, on l'a vu, pour une part importante, du foisonnement de techniques et de normes qui la caractérisent, d'où le succès de toutes les tentatives de faire communiquer entre eux équipements et systèmes hétérogènes : le codage numérique, le protocole Internet et bientôt Java, qui est aux logiciels de Microsoft, en informatique, ce que l'espéranto est à l'anglais, comme langage universel.

Retour Sommaire Suite