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LEROY DE SAINT ARNAUD Armand-Jacques

Ancien sénateur du Second Empire

  • IInd Empire

    Ancien sénateur du
    Second Empire

Election

  • Elu le 26 janvier 1852
  • Fin de mandat le 29 septembre 1854

Postes ministériels

  • Ministre de la Guerre du 26 octobre 1851 au 11 mars 1854

Extraits de la table nominative :

Biographie

avant 1889  (Extrait du «Robert et Cougny»)

avant 1889

LEROY DE SAINT-ARNAUD (ARMAND-JACQUES), ministre et sénateur du Second Empire, né à Paris le 20 août 18011, mort en mer, à bord du Berthollet, le 29 septembre 1854, était fils d'un ancien avocat au parlement de Paris qui fut préfet sous le Consulat; sa mère, issue de la famille Papillon de la Tapy, étant restée veuve, se remaria en 1811 avec M. de Forcade la Roquette. Le jeune Saint-Arnaud entra, à la fin de 1816, dans les gardes du corps. Passionné pour les aventures il ne tarda pas à faire des dettes fut envoyé, comme sous- lieutenant, dans la légion corse, puis passa successivement dans la légion des Bouches-du- Rhône et dans le 49e de ligne. En 1827, il quitta l'armée pour se rendre en Grèce, visita Constantinople, Smyrne, Gallipoli, revint en France, puis, lance dans les hasards et les expédients de la vie nomade, fut successivement commis-voyageur en France, comédien à Paris et à Londres, prévôt d'armes à Brighton. Après la révolution de juillet, il obtint sa réintégration dans l'armée avec le grade de sous-lieutenant (22 février 1831), passa lieutenant en décembre suivant, et prit part à la répression de l'insurrection royaliste qui venait d'éclater en Vendée. Officier d'ordonnance du général Bugeaud, il le suivit à Blaye et fut avec lui le gardien de la duchesse de Berry. Après les couches de la duchesse, Saint-Arnaud fit partie des personnes désignées pour l'accompagner à Palerme. De retour en France; il mena pendant quelques années la vie de garnison, se livrant à des prodigalités qui le mettaient souvent dans une situation difficile, puis il entra dans la légion étrangère en Afrique (1836) et devint capitaine l'année suivante. 11 prit part à l'assaut de Constantine, à la prise de Djidjelli, au passage du col de Mouzaïa, fut promu, en 1840, chef de bataillon au 18e léger, se signala dans plusieurs expéditions, devint lieutenant-colonel du 53e de ligne le 25 mars 1842, puis colonel le 1er octobre 1844, et fut appelé au commandement de la subdivision d'Orléansville. Pendant la levée de boucliers dirigée par Bou-Maza, le colonel Saint-Arnaud, à la tête d'un corps surnommé la colonne infernale, soumit le Dahra, fit Bou-Maza prisonnier, et fut promu commandeur de la Légion d'honneur. Nommé au grade de maréchal de camp le 3 novembre 1847, il se trouvait en congé à Paris lors de la révolution de février 1848. Dans la nuit du 23 au 24, le maréchal Bugeaud lui donna le commandement d'une brigade. Chargé, le 24 février, de dégager les abords du Carrousel, il enleva, avec deux bataillons, les barricades de la rue de Richelieu. Il commandait la colonne qui occupait la Préfecture de police, lorsque cette colonne, forcée de capituler, fut dirigée vers Vincennes par des gardes nationaux. En passant par le quai de Gesvres, Saint-Arnaud, précipité de son cheval, fut assailli par le peuple. Il se jeta dans l'Hôtel de Ville et fut protégé par le maire de Paris. Peu après, il retourna en Algérie, où il reçut le commandement de la subdivision de Mostaganem, puis de la subdivision d'Alger en 1849. En 1851, il commanda en chef les nouvelles opérations militaires dirigées contre les Kabyles; après une série de combats sanglants, la colonne expéditionnaire réduisit les tribus insoumises. Ce succès valut à Leroy de Saint-Arnaud, le 10 juillet 1851, le brevet de général de division Le 26 du même mois, il fut appelé à commander la 2e division de l'armée de Paris. Saint-Arnaud avait la réputation d'un caractère décidé : en Algérie, il n'avait pas hésité à enfumer une troupe d'Arabes dans la caverne du Shelas. L.-N. Bonaparte, qui préparait son coup d'Etat, le fit venir à l'Élysée, l'admit aux conférences secrètes qu'il avait alors avec MM. de Morny et Magnan, et lui confia, le 27 octobre, le portefeuille de la Guerre dans le ministère qui fut alors constitué. Son premier soin fut d'adresser à l'armée un ordre du jour qui était une violente protestation contre le droit de requérir la force publique, attribué par la Constitution au pouvoir législatif. Cet ordre du jour produisit une vive émotion et donna lieu à la célèbre proposition, dite des questeurs. Saint-Arnaud y répondit en donnant l'ordre d'arracher le décret du 11 mai 1848, affiché depuis 1849 dans toutes les casernes de Paris, et déclara que, en fait de réquisition militaire, il ne reconnaissait pas à l'Assemblée d'autre droit que celui de fixer le nombre de troupes pour sa garde et de leur faire donner le mot d ordre par les questeurs. Lors de l'orageuse séance pendant laquelle fut discutée et repoussée la proposition de ces derniers, le général Saint-Arnaud quitta le palais législatif en disant au ministre de l'Intérieur: « On fait

trop de bruit dans cette maison; je vais chercher la garde ! » Quelques jours plus tard avait lieu le coup d'Etat du 2 décembre, et on sait le concours actif que Saint-Arnaud prêta à l'acte du prince-président; pendant que M. de Morny faisait procéder aux arrestations, Saint-Arnaud prenait toutes les dispositions militaires pour assurer le succès de l'entreprise. Ce fut lui qui donna l'ordre aux troupes de fusiller quiconque serait pris les armes à la main. Victor Hugo, dans l'Histoire d'un crime, a dit de lui: « Saint-Arnaud était un général qui avait commencé par être figurant à l'Ambigu. Il avait débuté par être comique à la banlieue; tragique, plus tard. Signalement : haute taille, sec, mince, anguleux, moustaches grises, cheveux plats, mine basse. C'était un coupe-jarret, mais mal élevé. Il prononçait: peuple souverain. Morny en riait : « Il ne prononce pas mieux le mot qu'il ne comprend la chose », dit-il. L'Élysée qui se piquait d'élégance, n'acceptait qu'à demi Saint-Arnaud. Son côté sanglant lui faisait pardonner son côté vulgaire. Saint-Arnaud était brave, violent et timide. Il avait l'audace d'un soudard galonné et la gaucherie de l'ancien pauvre diable. Nous le vîmes un jour à la tribune blême, balbutiant, hardi. II avait un long visage osseux et une mâchoire inquiétante. Son nom de théâtre était Florival. C'était un cabotin passé reître. Il est mort maréchal de France. Figure sinistre. » Le 2 décembre 1852 jour anniversaire du coup d'Etat, Saint-Arnaud fut nommé maréchal de France. Il était sénateur depuis le 26 janvier. Grand-écuyer (31 décembre), grand- croix de la Légion d'honneur, il conserva le portefeuille de la Guerre jusqu'au 11 mars 1854, époque a laquelle il fut remplacé par le maréchal Vaillant. Il prit, comme ministre, plusieurs mesures, telles que la reconstitution du cadre d'état-major, la réorganisation de la gendarmerie, de l'artillerie, du corps de santé, de l'École polytechnique, du Prytanée, de l'École de cavalerie. A cette époque, Saint-Arnaud eut avec le général Cornemuse, aux Tuileries mêmes, un duel au sujet de la disparition d'une somme de 200,000 francs, faisant partie d'une liasse de billets de Banque déposée par le prince-président sur la cheminée de son cabinet. Ce duel, dans lequel Cornemuse trouva la mort, eut un fâcheux retentissement. Lorsqu'éclata la guerre d'Orient, le maréchal Saint-Arnaud reçut le commandement de l'armée française, qui s'embarqua du 24 au 29 avril 1854. Après avoir franchi les Dardanelles, il débarqua en Crimée le 14 septembre, et, de concert avec les troupes alliées, il remporta, le 20, la victoire de l'Alma, qui ouvrit la route de Sébastopol. Mais, accablé par une maladie dont il souffrait depuis longtemps, il dut remettre le commandement de l'armée au général Canrobert. Il s'embarqua pour la France sur le Berthollet, et mourut en mer le 29 septembre. Ses restes furent déposés à l'hôtel des Invalides. On a de lui une piquante correspondance avec sa famille : ces Lettres ont été publiées par son frère, M. Adolphe Leroy de Saint-Arnaud. (V. p. bas.)

1 Archives nationales, base Léonore, LH/1610/38 : né le 20 août 1798.

Extrait du « Dictionnaire des Parlementaires français », Robert et Cougny (1889)

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Le Sénat vers 1870
Etat-civil
Né le 20 août 1798
Décédé le 29 septembre 1854
Profession
Maréchal de France
  • Mis à jour le 11 septembre 2019