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SAINTE-BEUVE Charles-Augustin

Ancien sénateur du Second Empire

  • IInd Empire

    Ancien sénateur du
    Second Empire

Election

  • Elu le 28 avril 1865
  • Fin de mandat le 12 octobre 1869

Extraits de la table nominative :

1865 , 1866 , 1867 , 1868

Biographie

avant 1889  (Extrait du «Robert et Cougny»)

avant 1889

SAINTE-BEUVE (CHARLES-AUGUSTIN), sénateur du Second Empire, né à Boulogne- sur-Mer (Pas-de-Calais) le 23 décembre 1803, mort à Paris le 12 octobre 1869, fils de sieur François Sainte-Beuve, contrôleur principal des droits réunis de l'arrondissement, directeur de l'octroi rural et de l'octroi municipal de Boulogne, et de dame Augustine Coilliot, et petit-fils d'une Anglaise par sa mère, ne se rattachait pas, quoi qu'on en ait dit, à la famille janséniste des de Sainte-Beuve, qui s'est éteinte en 1711. Il fit ses classes au collège de Boulogne et les termina à Paris au collège Charlemagne, puis au collège Bourbon. Il commença ensuite des études de médecine, mais, après avoir suivi les cours d'anatomie et avoir été externe pendant un an à l'hôpital Saint-Louis, il se tourna vers la littérature, et écrivit (1825) quelques articles pour le Globe, que dirigeait alors M. Dubois, son ancien professeur de rhétorique. Divers comptes-rendus sur les productions de la nouvelle école, le Cinq-Mars d'Alfred de Vigny, le second volume des Odes et ballades de Victor Hugo (1826), furent remarqués et lui valurent d'entrer dans ce qu'on appelait « le cénacle ». Sainte-Beuve étudia alors particulièrement le XVIe siècle et la pléiade, et, l'Académie ayant proposé pour sujet du prix d'éloquence en 1827, un Tableau de la poésie française au XVIe siècle, Daunou engagea fortement le jeune critique du Globe à concourir : le travail de Sainte-Beuve n'obtint pas le prix, qui fut partagé outre Saint-Marc Girardin et Philarète Chasles, mais il fut publié par son auteur, qui y joignit une édition des OEuvres choisies de Ronsard (1828). Victor Hugo encouragea le débutant, qui, dans les Poésies de Joseph Delorme, affecta les audaces romantiques les plus outrées : le volume eut un grand succès. La révolution de 1830 vint offrir à son activité une nouvelle carrière. Pierre Leroux ayant pris la direction du Globe, Sainte-Beuve le seconda, s'imbut des idées humanitaires du philosophe et inclina vers les saint-simoniens. Il commença ensuite une active campagne au National avec Armand Carrel, puis il fit la connaissance de Lamennais et faillit devenir -dévot. Les Consolations et le roman de Volupté trahissent ses aspirations d'alors vers une sorte de catholicisme épuré. George Sand l'appelait à cette époque « un pieux et tendre rêveur ». Sainte-Beuve écrivit encore, dans le même courant d'idées : Pensées d'août, son dernier recueil de vers, et l'Histoire de Port-Royal (1840-1842), complète et savante apologie du jansénisme et de ses martyrs: il avait été appelé à Lausanne en 1837, pour y faire un cours sur un sujet à son gré, et il avait choisi cette partie peu explorée de l'histoire religieuse du grand siècle. Une autre étude sur Châteaubriand et son groupe (1849) fut aussi le résumé d'une série de leçons professées à Liège en 1848 sur l'aurore du romantisme. « Sainte-Beuve, écrit un biographe, avait eu une phase de romantisme avec Victor Hugo et Alf. de Vigny, une phase de mysticisme avec Lamennais et Lacordaire, une phase de libéralisme avec Armand Carrel, il eut aussi une phase de césarisme... » La révolution de 1848 l'avait effrayé au point de lui faire gagner la Belgique. Rallié ouvertement à l'empire en 1852, il passa du Constitutionnel, où il écrivait alors, au Moniteur, et fut nommé professeur de poésie latine au Collège de France; il se proposait d'y faire un cours sur Virgile; mais il ne put même pas l'ouvrir. Les étudiants libéraux ayant résolu de protester contre son adhésion au gouvernement impérial, il fut assailli dès la leçon d'ouverture par des huées et des sifflets, et, malgré un déploiement extraordinaire de sergents de ville, il dut céder, à la seconde leçon, devant l'évidente hostilité de ses auditeurs. En 1857, il fut nommé maître de conférences à l'École normale, fonctions qu'il exerça jusqu'en 1861. A cette époque, il quitta à la fois l'École normale et le Moniteur pour rentrer au Constitutionnel; mais il n'en conserva pas moins ses attaches gouvernementales, et fut appelé, le 28 avril 1865, à siéger au Sénat. Son attitude n'y fut pas exempte de dignité. Il ne prit la parole que dans les questions qui intéressaient la liberté des lettres et de la pensée et toujours pour la défendre; aussi regagna-t-il, dans les dernières années de sa vie, un peu de sa popularité perdue. Un jour, il se trouva mêlé à un curieux incident parlementaire. On discutait la loi sur renseignement primaire. Comme Sainte- Beuve relevait avec vivacité une allusion de M. de Ségur à la nomination de M. Renan au Collège de France, un sénateur, M. Lacaze (v. ce nom), lui cria : « Vous n'êtes pas ici pour

cela. » Un grand nombre de membres du parti catholique et autoritaire tirent chorus, et le maréchal Canrobert s'en mêla aussi. Sainte-Beuve tint tête à l'orage et, dans une séance suivante, à propos d'une pétition sur les bibliothèques scolaires, d'où l'on proposait d'exclure les oeuvres de Voltaire, de Rousseau, de MM. Renan, Michelet, etc., il continua de réclamer les droits de la libre-pensée. Interrompu par le même tumulte, il déclara qu'il n'avait accepté les fonctions de sénateur que « pour intervenir dans les débats qui porteraient sur des objets de sa compétence, c'est-à-dire sur les questions littéraires, pour défendre au besoin ses confrères du dehors, rendre justice à leurs efforts et repousser les accusations mal fondées dont ils pourraient être l'objet. » Là-dessus, M. Lacaze se prétendit directement insulté et provoqua Sainte-Beuve en duel. L'écrivain refusa de vider cette querelle autrement que la plume à la main, et l'incident fut clos. Vers la même époque, il n'accepta pas de passer du Moniteur au Journal officiel, lors de la création de cette dernière feuille, et donna dans le Temps, journal de l'opposition modérée, une série d'articles pour lesquels le Moniteur ne lui laissait pas une latitude suffisante. Sainte-Beuve, à qui les feuilles catholiques reprochèrent si souvent le dîner traditionnel du vendredi saint, auquel il invitait à sa table, rue Montparnasse, notamment M. Renan et le prince Napoléon, prit ses dispositions pour éloigner les prêtres de son lit de mort et pour être inhumé sans solennité. Il demanda qu'aucun des corps auxquels il appartenait, l'Académie et le Sénat, ne se fit représenter à ses obsèques, qu'aucun discours ne fût prononcé sur sa tombe; « enfin, disait-il, je demande à être porté directement de mon domicile au cimetière Montparnasse, dans le caveau où est ma mère, sans passer par l'église, ce que je ne saurais faire sans violer mes sentiments ». Cet enterrement civil d'un sénateur fit scandale dans les régions officielles, et M. Rouher protesta, dans l'éloge funèbre qu'il fit de lui, comme président du Sénat, contre cette « suprême témérité ». L'oeuvre la plus considérable de Sainte- Beuve, celle où il a le mieux révélé son originalité d'analyste et de critique psychologique, est la longue série commencée sous le titre de Portraits, des 1829, dans la Revue de Paris, continuée sous le même titre dans la Revue des Deux-mondes, et reprise sous le titre de Causeries du lundi au Constitutionnel et au Moniteur. Ils ont été réunis dans un ensemble de 43 volumes : Portraits littéraires, Portraits de femmes, Portraits contemporains, Causeries du lundi, Nouveaux lundis, etc., sans compter la série des Premiers lundis, publiés en 1875 et formés d'articles recueillis dans le Globe et dans le National.

Extrait du « Dictionnaire des Parlementaires français », Robert et Cougny (1889)

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Photo de M. Charles-Augustin SAINTE-BEUVE, ancien sénateur
Etat-civil
Né le 23 décembre 1803
Décédé le 12 octobre 1869
Profession
Écrivain
  • Mis à jour le 11 septembre 2019