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TARCY Raymond

Ancien sénateur de la Guyane

  • Vème République

    Ancien sénateur de la
    Ve République

Election

  • Elu le 28 septembre 1980
  • Fin de mandat le 1er octobre 1989 (non réélu)

Situation en fin de mandat

  • Membre de la commission des affaires sociales
  • Membre du Groupe socialiste

Extraits de la table nominative :

Biographie

Ve République  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

Ve République


TARCY (Raymond)

Né le 18 novembre 1936 à Saint-Laurent-du-Maroni (Guyane)

Décédé le 3 juillet 2019 à Cayenne

Sénateur de la Guyane de 1980 à 1989

Raymond Tarcy voit le jour le 18 novembre 1936 à Saint-Laurent-du-Maroni, au nord-ouest de la Guyane. Après avoir obtenu le baccalauréat, il entreprend des études en Martinique puis à Bordeaux pour devenir instituteur, profession qu'il exerce à Cayenne, chef-lieu de la Guyane, de 1958 à 1960. Après son service militaire effectué de 1960 à 1962, il devient principal adjoint du collège de Saint-Laurent-du-Maroni de 1962 à 1980.

Parallèlement à sa carrière dans l'Éducation nationale, il s'engage en politique. Adhérent au Parti socialiste guyanais (PSG), il est élu conseiller général du canton de Saint-Laurent-du-Maroni en 1970. Réélu en 1976, il est nommé premier vice-président du conseil général en 1979. Il est aussi maire de Saint-Laurent-du-Maroni de 1971 à 1983. Défait par le RPR Bertrand Léon, un ancien élève, il est battu aux élections cantonales de 1982 et aux élections municipales de 1983. Continuant néanmoins de siéger au conseil municipal de Saint-Laurent-du-Maroni il parvient, en 1985, à retrouver un siège de conseiller général, cette fois dans le canton de Cayenne centre. Réélu en 1988, il est aussi vice-président du conseil général de la Guyane (1985-1994).

Fort de son implantation locale, il conquiert également un siège parlementaire. En effet, après s'être présenté à deux reprises aux élections législatives, en 1973 et en 1978, comme suppléant, d'Henri Agarande, puis d'Albert Lecante, tous deux défaits, R. Tarcy est élu sénateur de la Guyane aux élections du 28 septembre 1980. Candidat sous l'étiquette du PSG, dont il est secrétaire général adjoint, le maire de Saint-Laurent-du-Maroni l'emporte dès le premier tour : il obtient 65 des 111 voix contre seulement 46 voix pour l'ancien président du conseil général Serge Patient

Au Palais du Luxembourg il s'apparente au groupe sénatorial socialiste. D'abord membre de la commission des Lois (1980-1982), il siège ensuite à celle des Affaires culturelles (1982-1986) et à celle des Affaires sociales (1986-1989).

Le sénateur guyanais consacre l'essentiel de son mandat à son territoire. Favorable à l'autonomie de la Guyane, il n'a de cesse de militer pour un changement de son statut administratif. Il appelle ainsi à l'adaptation de la départementalisation, mise en place en 1946, estimant qu'elle a échoué. « L'application de la départementalisation par les gouvernements de droite qui se sont succédé pendant plusieurs décennies s'est soldée par le pillage systématique de ces trois richesses principales» constituées par la forêt, les côtes et le sous-sol guyanais, déclare-t-il en octobre 1982, lors de l'examen du projet de loi portant adaptation de la loi du 2 mars 1982 sur la décentralisation aux départements d'outre-mer. Défendant ce texte, il déplore en décembre 1982 son rejet par le Conseil constitutionnel. Par la suite, R. Tarcy apporte, en 1984, son soutien au projet de loi relatif aux compétences des régions de Guadeloupe, de Guyane, de Martinique et de La Réunion dans l'espoir qu'il permette le « décollage économique de la Guyane2 ».

De fait, il plaide sans relâche à la Haute Assemblée pour l'accroissement de l'effort financier en faveur de la Guyane, « le plus important des départements d'outre-mer par sa superficie, mais le dernier par sa population », « le plus riche et celui qui offre le plus de possibilités de développement économique après la Nouvelle-Calédonie, mais aussi le moins développé3. » Il insiste plus particulièrement sur la nécessité de mettre en valeur ce qui constitue à ses yeux la principale richesse naturelle guyanaise : la forêt. Ainsi, en juin 1982, appelle-t-il à une exploitation plus rationnelle de cette dernière, déplorant qu'en dépit de ses abondantes ressources forestières la Guyane importe la plupart de son mobilier en bois. Par ailleurs, à l'occasion du vol de la première fusée commerciale « Ariane » en mai 1984, il met en valeur le Centre spatial guyanais de Kourou : « Nous voulons que la Guyane, après avoir subi la colonisation, après avoir subi le bagne, devienne enfin un haut lieu de la technologie moderne4 ».

À l'instar des autres élus guyanais, il exprime également ses craintes quant à la croissance constante de l'immigration irrégulière en Guyane et les difficultés économiques, sociales et culturelles qu'elle suscite. « Nous ne sommes pas des racistes. Nous demandons simplement que soit stoppée, pour le moment, cette immigration afin de permettre la régularisation, l'intégration de la population étrangère existante5. » Il s'inquiète aussi du chômage élevé, notamment chez les jeunes.

Le système éducatif guyanais retient également son attention au Sénat. Il déplore régulièrement l'insuffisance des crédits scolaires accordés à la Guyane ainsi que le très important déficit des constructions scolaires. En outre, en 1986, il demande l'éclatement du rectorat des Antilles et de la Guyane, afin de mieux prendre en compte les problèmes éducatifs propres à chaque territoire.

Il vote la loi portant abolition de la peine de mort en 1981 et la loi relative aux prestations de vieillesse, d'invalidité et de veuvage en 1982. Il s'abstient sur la loi Deferre relative aux droits et libertés des communes, des départements et des régions en 1982 et sur la loi relative au revenu minimum d'insertion en 1988. Il se prononce contre la loi Peyrefitte renforçant la sécurité et protégeant la liberté des personnes en 1980.

Candidat au renouvellement de son mandat lors des élections sénatoriales du 24 septembre 1989 sous les couleurs du PSG, il perd son siège dès le premier tour. R. Tarcy ne recueille en effet que 84 des 192 suffrages exprimés contre 105 pour le président du conseil régional Georges Othily, qui s'est présenté comme socialiste dissident après son exclusion du PSG au printemps 1989.

Après ce revers électoral, il devient principal d'un collège à Kourou. Il continue également à jouer un rôle dans la vie politique guyanaise. Conservant son siège de conseiller général jusqu'en 1994, il est élu secrétaire général du PSG en 1993. Il se représente par ailleurs aux élections sénatoriales du 27 septembre 1998, sans toutefois parvenir à ravir son siège à G. Othily : avec 95 des 280 suffrages exprimés, R. Tarcy est nettement battu dès le premier tour par son successeur, président des Forces démocratiques du Guyane, qui est réélu avec 161 voix.

Il s'éteint le 3 juillet 2019 à l'âge de quatre-vingt-deux ans. Chevalier de l'ordre national du Mérite, il avait co-écrit avec le député de la Guyane Élie Castor, en 1984, une biographie consacrée à Félix Éboué, figure guyanaise illustre, ancien gouverneur du Tchad qui avait rallié la France libre dès 1940.

1 : Journal Officiel, Comptes rendus des débats du Sénat, séance du 26 octobre 1982, p. 4780.

2 : Journal Officiel, Comptes rendus des débats du Sénat, séance du 22 mai 1984, p. 975.

3 : Journal Officiel, Comptes rendus des débats du Sénat, séance du 9 décembre 1981, p. 3938.

4 : Journal Officiel, Comptes rendus des débats du Sénat, séance du 22 mai 1984, p. 974.

5 : Journal Officiel, Comptes rendus des débats du Sénat, séance du 22 novembre 1984, p. 3433.

Sources

Archives du Sénat : dossier personnel de sénateur ; tableau des élections.

Bibliographie

Ouvrage de Raymond Tarcy

Avec Élie Castor, Félix Éboué. Gouverneur et philosophe, Paris, L'Harmattan, 1984.

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Photo de M. Raymond TARCY, ancien sénateur
Appartenance politique
Membre du Groupe socialiste
Etat-civil
Né le 18 novembre 1936
Décédé le 3 juillet 2019
Profession
Principal-adjoint de collège
Département
Guyane