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Projet de loi de finances pour 2010 : Enseignement scolaire

 

c) Conforter les conseillers d'orientation-psychologues

La nécessité de l'intervention de professionnels spécialisés à même de prendre en charge l'adolescent dans sa globalité et de bâtir avec lui un projet paraît incontestable. C'est précisément la mission des COPSI, dont la formation assure qu'ils comprennent bien les difficultés de projection dans l'avenir et de construction de soi des collégiens. Leur aide est particulièrement précieuse auprès des élèves les plus fragiles cognitivement, émotionnellement et socialement. La lutte contre l'échec scolaire et la prévention du décrochage ne peuvent négliger le volet psychologique et de ce fait ne peuvent laisser de côté les COPSI.

Il convient en conséquence de conserver la compétence des COPSI en psychologie, ce qui n'exclut pas la connaissance du monde du travail, des filières de formations et des dispositifs de qualification. La formation qui les amène en deux ans après le concours jusqu'au diplôme d'État prend bien en compte ces différents aspects et doit être préservée.

L'intervention renforcée des COPSI n'exclut pas l'action d'autres acteurs et notamment des enseignants ou des conseillers principaux d'éducation qui sont au contact quotidien des élèves. En revanche, les professeurs, personnels administratifs et, s'ils sont mis en place, les adultes référents, ont besoin d'une formation adaptée qui les initiera en particulier à la psychologie de l'adolescent, mais aussi aux métiers et au fonctionnement du monde du travail, dont ils n'ont pas sans doute une connaissance plus fine que les COPSI si décriés à ce sujet.

L'expertise des COPSI reste donc indispensable pour la formation même des autres acteurs, par lesquels on envisage sans cesse de les remplacer. Dans le cadre de la réforme du recrutement et de la formation initiale des enseignants, il serait intéressant de prévoir dans les nouveaux masters des modules d'initiation à la psychologie de l'enfant et des interventions de COPSI en poste.

Votre rapporteure ne peut que s'inquiéter des perspectives offertes au corps des COPSI, dont les effectifs sont déjà trop faibles au regard de l'ampleur de leur tâche. Selon les statistiques du ministère de l'éducation nationale, 3784 emplois de conseillers d'orientation-psychologues sont aujourd'hui affectés auprès des élèves, des jeunes en voie d'insertion professionnelle et des étudiants. Ils interviennent pour la majeure partie de leur temps en établissement scolaire. 574 centres d'information et d'orientation (CIO) et annexes viennent en appui à ces activités d'orientation auprès des équipes éducatives comme auprès des élèves et de leurs familles.

L'extinction semble-t-il programmée des recrutements est incompatible avec l'extension nécessaire du corps et le renforcement souhaitable de son rôle d'appui et de formateur auprès des enseignants. Plus encore, la pérennité du corps semble menacée à moyen terme. Votre rapporteure s'inquiète particulièrement de l'ouverture éventuelle d'un concours en 2010 qui ne semble pas prévue à cette heure malgré l'attrition des effectifs.

ÉVOLUTION DES RECRUTEMENTS DE
CONSEILLERS D'ORIENTATION-PSYCHOLOGUES DEPUIS 2003

 

2003

2004

2005

2006

2007

2008

2009

Concours externe

190

110

110

50

50

50

50

Concours interne

10

10

10

5

-

-

-

Concours réservé

40

15

10

-

-

-

-

Examen professionnel

19

24

9

-

-

-

-

Total

259

159

139

55

50

50

50

Source : Ministère de l'éducation nationale et Association des conseillers d'orientation-psychologues

Pour inverser ce mouvement dans la perspective partagée par tous de réduire le nombre de sorties sans qualification du système scolaire, votre rapporteure vous propose une initiative forte, qu'elle a déjà eue l'occasion de présenter au cours des débats sur le projet de loi relatif à l'orientation et à la formation professionnelle.

Votre rapporteur suggère qu'il soit créé au sein de l'éducation nationale une Direction de la psychologie pour l'éducation et l'orientation des élèves et étudiants couvrant la scolarité des jeunes de la maternelle à l'université. Cette nouvelle direction regrouperait les actuels psychologues scolaires du primaire et les conseillers d'orientation-psychologues, dont le statut et les spécificités seraient maintenus.

Les COPSI auraient ainsi l'infrastructure administrative nécessaire pour mener à bien la prise en charge psychologique des jeunes et le repérage précoce des difficultés psychologiques de l'élève, qui sont de nature à freiner les apprentissages, et donc à empêcher une orientation positive. Dotés d'effectifs et de moyens renforcés, ils accompagneraient l'élève dans l'élaboration de son projet d'orientation scolaire et professionnelle en concertation étroite avec les familles, les enseignants et l'ensemble de l'équipe éducative.

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Compte tenu de l'ensemble de ces observations, votre rapporteure émet donc un avis défavorable à l'adoption des crédits de la mission interministérielle « Enseignement scolaire ».