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Projet de loi de finances pour 2010 : Recherche et enseignement supérieur

 

2. Une nécessité absolue pour relever l'image relativement dégradée de l'université française et favoriser la réussite des étudiants

a) Les jeunes Français plébiscitent plutôt les filières sélectives

Votre rapporteur appelle de ses voeux depuis de nombreuses années une telle réforme, compte tenu de l'immense gâchis individuel et collectif que représente le niveau excessivement élevé du taux d'échec dans notre pays et des problèmes d'insertion professionnelle que rencontrent nombre de jeunes diplômés.

Renforcer l'attractivité de l'université est également une nécessité. Il ne faut pas se voiler la face : la diminution de 1,1 % du nombre d'étudiants en universités, hors IUT, à la rentrée 2009 (qui suit une baisse de 1,6 % l'année précédente), révèle, outre une évolution démographique naturelle, également une forme de « désamour » entre les jeunes Français et leurs universités. Et les grèves et manifestations de 2009 n'ont certainement pas amélioré leur image...

LES PRÉVISIONS D'EFFECTIFS
DANS L'ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR EN 2009-2010

2 230 700 étudiants ont été accueillis à cette rentrée 2009 dans l'enseignement supérieur en France métropolitaine et dans les DOM, un chiffre qui souligne une stabilisation des effectifs, avec :

- 1 251 700 étudiants dans les universités, hors IUT, et les établissements assimilés, soit une baisse de 14 200 étudiants (- 1,1 %), contre 20 594 (- 1,6 %) à la rentrée 2008 ;

- 119 300 étudiants en IUT, soit une hausse de 1 % ;

- 82 000 étudiants en classes préparatoires, soit une hausse continue de 2,5 % ;

- 244 000 étudiants en sections de techniciens supérieurs (préparation de BTS), soit une stabilité des effectifs (+ 0,3 %) ;

- et enfin, 533 700 étudiants environ dans les autres établissements publics ou privés : IUFM, écoles de commerce, d'ingénieurs, paramédicales ou sociales, d'architecture, artistiques...

b) L'option à terme : réussir l'orientation des bacheliers ou les accueillir de façon plus sélective

Pour votre rapporteur sur l'enseignement supérieur, cette évolution pose évidemment la question, taboue dans notre pays, de la quasi-totale liberté d'accès des bacheliers à l'université.

Le dispositif d'orientation active est progressivement mis en oeuvre.

Une présentation de l'ensemble de l'offre de formation était une nécessité pour les bacheliers et leurs familles, car il est difficile de réussir son orientation et sa future insertion professionnelle dans un système complexe et opaque.

C'est l'objectif de la plateforme interactive d'information, de conseil et de préinscription « Admission Post-Bac » qui, pour la première fois en 2009, a fonctionné dans toutes les académies.

LE BILAN DU DISPOSITIF « ADMISSION POST-BAC » EN 2009

- plus 133 000 conseils apportés aux futurs étudiants par les universités ;

- plus de 11 millions de connexions au total de la part des candidats, que ce soit pour des demandes de conseils, les préinscriptions, les inscriptions ou le suivi du dossier ;

- 5 voeux en moyenne formulés par étudiant, soit un de plus que l'an dernier.

Par ailleurs, en 2010, l'académie de Nantes expérimentera le fait de prodiguer aux bacheliers un conseil anticipé par rapport à la procédure de préinscription, alors que ce conseil formulé par les établissements d'enseignement supérieur intervient aujourd'hui après la préinscription.

Plus généralement, votre rapporteur rappellera aussi que la mission commune d'information du Sénat sur la politique en faveur des jeunes, dont il était l'un des membres, a prôné une réforme profonde du système d'orientation. Cette voie fait aujourd'hui consensus et des mesures en ce sens ont été annoncées par le Président de la République, en septembre 2009, dans le cadre du plan « Agir pour la jeunesse ».

La réussite d'une telle réforme suppose une coordination efficace entre le ministère de l'éducation nationale et celui de l'enseignement supérieur et la recherche.

A défaut, c'est bien vers un dispositif plus sélectif que la France devra se diriger. Relevons d'ailleurs qu'un tel système n'est pas contesté pour les disciplines universitaires dans lesquelles il s'applique, comme les formations de santé notamment.

Même la Finlande, pays de l'égalité par excellence, applique un système très sélectif : l'entrée des jeunes Finlandais à l'université dépend des notes obtenues au baccalauréat.