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Projet de loi de finances pour 2010 : Outre-mer

 

2. Le renforcement de la recherche polaire après la clôture de l'année polaire internationale et la mission en Terre-Adélie

La quatrième année polaire internationale40(*), qui s'est achevée le 1er mars 2009, fut l'occasion d'une mobilisation considérable, qui s'est traduite par la mise en place de 210 programmes (dont plus de 50 comptaient des chercheurs français), ciblés sur les enjeux que représentent les régions polaires. Cette manifestation exceptionnelle a également développé la visibilité des TAAF et favorisé un dialogue nourri entre le monde scientifique et le grand public41(*).

La France a participé activement à cet événement du fait de son rôle de premier plan dans la recherche polaire, la plaçant parmi les cinq Etats les plus en pointe dans ce domaine. L'excellence de la recherche française en Antarctique et Subantarctique se mesure non seulement à la réputation des équipes de recherche au niveau international, mais aussi, de manière plus quantitative, au nombre de publications produites par les chercheurs français dans les revues scientifiques de haut niveau. Ainsi, la France occupe le cinquième rang mondial pour les auteurs d'articles relatifs à l'Antarctique (derrière les États-unis, le Royaume Uni, l'Australie et l'Allemagne), et le premier rang en ce qui concerne le Subantarctique (étude bibliométrique portant sur les années 1992-2007 ; la même étude sur les années récentes confirme ces classements).

Le colloque de clôture de l'année polaire internationale42(*), présidé par notre collègue Christian Gaudin et M. Édouard Bard, professeur au Collège de France, avec la contribution de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques et du Collège de France, a permis de réunir de nombreuses personnalités scientifiques de renom, autour de quatre tables rondes portant sur l'homme et l'environnement, la gouvernance scientifique des pôles, les évolutions à court et long terme du climat, des glaces et des océans, mais aussi la biodiversité polaire face au changement global.

Les TAAF jouent un rôle clé dans la mise en oeuvre de ces travaux du fait de leur gestion administrative et logistique des missions scientifiques sur place43(*). L'administration des TAAF dispose ainsi d'un partenariat privilégié avec l'Institut Paul-Emile Victor (IPEV44(*)), l'institut de recherche français chargé de mettre en oeuvre les programmes scientifiques dans les régions polaires, tous deux travaillant en étroite collaboration pour consolider les actions menées dans tous ces territoires.

Dans ce contexte, le financement des équipements et la gestion logistique des équipes de scientifiques sur place font l'objet d'une attention particulière et d'un effort croissant depuis plusieurs années, en particulier du fait du caractère urgent de certains travaux de rénovation et d'entretien. Les bâtiments de la base de Dumont d'Urville (DDU), en Terre Adélie, ont ainsi fait l'objet d'un projet de rénovation soutenu par les TAAF.

Afin de constater l'ampleur du projet et de faire connaissance avec les équipes, M. Rollon Mouchel-Blaisot, administrateur supérieur des TAAF, s'est rendu en Terre Adélie cette année, à bord de l'Astrolabe, le navire assurant la desserte, cinq fois par an, de la base de Dumont d'Urville.

Cette visite a permis de dresser un bilan positif de l'état des installations scientifiques :

- la station de Cap prud'homme située à l'entrée du continent et qui sert de base logistique de départ pour le raid terrestre de 1200 km à destination de la base franco-italienne de Concordia au dôme C, a fait l'objet d'importants travaux d'agrandissement et d'amélioration ces dernières années pour accompagner le développement de l'implantation française au dôme C.

- le système de raid terrestre d'environ 8 à 10 jours, permettant le transport de fret et de passagers avant l'hivernage, mis en place par l'IPEV, suscite aujourd'hui un vif intérêt de la part des autres Etats possessionnés en Antarctique, confrontés au coût croissant des dessertes par voie aérienne. La technique très performante développée par l'IPEV consiste en un système de convois terrestres utilisant des tracteurs agricoles à chenille modifiés et des traineaux spécialement adaptés au transport de charges sur la neige et sur de longues distances. Elle est aujourd'hui largement éprouvée (40 raids depuis la création de la station), et fait de la France une nation pionnière dans ce domaine.

- le chantier du nettoyage et de la dépollution du site de la piste aéroportuaire du Lion sur la base de Dumont d'Urville se poursuit de façon satisfaisante. Il a été mis en oeuvre après le voeu émis par les TAAF et l'IPEV de détruire et d'enlever, dans le cadre de l'Année Polaire Internationale, tous les anciens baraquements, engins et matériaux qui avaient servi à la construction de la piste dont la réalisation a été abandonnée.

* 40 Il s'agit de sa quatrième édition. Les précédentes éditions se sont déroulées en 1882-83, en 1932-33 à l'époque des expéditions de Charcot et en 1957-58 au moment de la construction de la base française de Dumont D'Urville.

* 41 Notamment à l'occasion de la journée d'auditions publiques organisée le 25 septembre 2007 par le groupe d'études présidé par votre rapporteur (rapport d'information n° 132 (2007-2008) de M. Christian COINTAT, fait au nom du groupe d'études sur l'Arctique, l'Antarctique et les Terres australes et de la commission des lois, déposé le 12 décembre 2007 : « Arctique, Antarctique, Terres australes : Un enjeu pour la planète, une responsabilité pour la France »).

* 42 Colloque qui s'est tenu au Sénat et au Collège de France les 14 et 15 mai 2009.

* 43 La recherche dans les TAAF est financée par les universités, par le CNRS, l'IPEV et l'Agence Nationale pour la Recherche.

* 44 L'Institut polaire a été créé en janvier 1992 sous le nom d'Institut Français pour la Recherche et les Technologies Polaires (IFRTP) par la fusion de la mission de recherche des TAAF et des Expéditions Polaires Françaises (EPF). En janvier 2002, il a été prorogé pour une durée de 12 ans sous le nom d'Institut polaire français Paul Emile Victor.