II. LA PRÉVENTION DE LA VIOLENCE À L'ÉCOLE

La sécurité n'est pas qu'immobilière et mobilière. Elle réside aussi dans la prévention des actes de violence en milieu scolaire. A ce titre, le ministre de l'éducation nationale a présenté, le 5 novembre 1997, en Conseil des ministres, une communication sur la lutte contre la violence à l'école.

A. LE PLAN DE LUTTE CONTRE LA VIOLENCE

Pour faire face à des manifestations de violence quotidiennes et banalisées dans de nombreux établissements scolaires, il a été décidé de mettre en place un nouveau plan combinant des mesures à court ainsi qu'à moyen et long termes et concentrant des ressources importantes sur un petit nombre de sites (9 au total).

1. Le renforcement des efforts sur 9 sites prioritaires

Les 9 sites concernés sont répartis dans 6 académies (Versailles, Créteil, Aix-Marseille, Lille, Lyon et Amiens). Au total, 412 établissements secondaires (essentiellement des collèges, mais aussi des lycées professionnels et des lycées) seront la cible de cette expérimentation.

Des moyens humains importants seront affectés à cette opération. Ils répondent à une volonté d'améliorer, dans ces établissements, le suivi et l'encadrement des élèves confrontés à de multiples handicaps. Ainsi, 125 postes d'infirmières et 125 postes d'assistantes sociales seront-ils créés au 1 er janvier 1998. S'y ajouteront des moyens supplémentaires de médecine scolaire. Cet effort immédiat s'accompagne d'un engagement pluriannuel.

Par ailleurs, 100 postes de conseillers principaux d'éducation seront attribués à ces établissements au 1 er septembre 1998. Une priorité sera aussi réservée à ces sites, pour la rentrée 1998, dans l'attribution des postes de personnels ouvriers et de service (ATOS) ainsi que des nouveaux postes d'infirmières et d'assistantes sociales.

Une part importante des 40.000 emplois-jeunes créés à l'éducation nationale bénéficieront aux académies des sites expérimentaux :

- plus de la moitié des 10.000 emplois d' " assistants de vie scolaire " dans le secondaire ;

- plus du tiers des 30.000 emplois d' " aides-éducateurs " dans le primaire.

Les fonctions d'encadrement éducatif et de médiation auprès des jeunes et des familles qui seront ainsi assurées devraient permettre de modifier en profondeur la vie de ces établissements.

Cette opération s'appuiera également sur un renforcement sensible de la coopération entre l'Education nationale, la Justice, la Police, la Gendarmerie et les collectivités locales. Les ministres compétents réuniront prochainement les responsables des services de l'Etat directement concernés par les 9 sites pour lancer l'expérimentation et marquer, à cette occasion, le nécessaire décloisonnement de l'action de l'Etat.

2. La prévention et la répression des infractions

La violence à l'école ne doit pas rester impunie : elle nécessite des réponses internes à l'établissement, voire la saisine du juge pénal. A cet égard, le projet de loi relatif à la prévention et à la répression des infractions sexuelles introduit de nouvelles dispositions pénales qui aggravent les peines encourues pour des infractions commises dans les établissements scolaires et leurs abords immédiats. Parallèlement, des dispositifs d'aide aux victimes seront systématisés.

L'aide de la police et de la gendarmerie pour rétablir la sécurité autour des écoles sera garantie par les contrats locaux de sécurité . Ceux-ci, conclus au niveau municipal, compléteront les conventions départementales passées entre l'éducation nationale, la justice, la police, la gendarmerie et les services d'assistance éducative relevant des conseils généraux.

Enfin, une réflexion sera engagée, en liaison avec le ministère de la justice, pour développer des modalités spécifiques d'accueil et de prise en charge des jeunes qui perturbent gravement le fonctionnement des établissements scolaires.

3. L'adaptation du recrutement et de la formation

Des efforts seront accomplis pour mieux adapter le recrutement et la formation des personnels confrontés aux phénomènes de violence.

Une attention particulière sera portée à l'apprentissage des comportements sociaux, de la maternelle au lycée, ainsi qu'à l'affirmation de l'autorité des enseignants.

Les activités périscolaires, qui facilitent l'intégration et la socialisation des jeunes en difficulté, seront développés, avec l'appui de tous les départements ministériels concernés et des élus.

L'ensemble de ce plan de lutte contre la violence à l'école fera l'objet d'évaluations associant les ministères intéressés et des équipes de chercheurs. Un bilan devrait être rendu public à la fin de l'année 1998.

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