IV. QUELS ENSEIGNEMENTS TIRER DE LA SITUATION DES FINANCES PUBLIQUES DU JAPON, LA PLUS DÉGRADÉE DE L'OCDE ?

A. DES FINANCES PUBLIQUES TRÈS DÉGRADÉES

1. Une dette publique et un déficit public de l'ordre de respectivement 160 % du PIB et 6 % du PIB

La situation des finances publiques du Japon, tant en termes de déficit que de dette publics, est particulièrement dégradée, comme l'indique le graphique ci-après.

Les finances publiques du Japon

(en points de PIB)

Source : OCDE

Ainsi, avec une dette publique brute de l'ordre de 160 % du PIB, le Japon est le pays de l'OCDE où les administrations publiques sont les plus endettées . Si on prend comme critère la dette publique nette 63 ( * ) , d'environ 80 % du PIB, le Japon est le troisième pays de l'OCDE le plus endetté, après l'Italie et la Belgique, dont la dette publique nette est de l'ordre de respectivement 100 % du PIB et 85 % du PIB.

La prévision de déficit public du gouvernement japonais pour l'année fiscale 2006 est de 6 % du PIB (pour des recettes de 50 trillions de yens, des dépenses de 80 trillions de yens, et un besoin de financement de 30 trillions de yens, ramené à un PIB de 500 trillions de yens).

2. Une dégradation due à l'augmentation des dépenses

Cette dégradation des finances publiques provient essentiellement d'une augmentation des dépenses, comme l'indique le graphique ci-après.

Dépenses et recettes publiques

(en points de PIB)

Source : OCDE

Ainsi, on observe deux grandes tentatives de relance de l'économie par la dépense publique, en 1993-1996 et en 1997-2000. Au total, cela a correspondu à 12 plans de relance en 11 ans , le dernier ayant eu lieu en février 2002, alors que le Premier ministre était M. Koizumi Junichiro. Cette politique, inefficace et aujourd'hui très critiquée, n'en a pas moins été encouragée par les Etats-Unis 64 ( * ) , et même par le FMI 65 ( * ) .

Cette augmentation des dépenses était indépendante de la politique de recapitalisation du secteur bancaire. En effet, comme ceci a été indiqué ci-avant, celle-ci n'a commencé qu'en 1998, et a été financée par des prêts de la Banque du Japon à la DIC ( Deposit Insurance Corporation ), qui ne sont pas comptabilisés comme des dépenses publiques.

L'augmentation des dépenses a essentiellement concerné les travaux publics (routes, ponts...) et des secteurs économiques en déclin.

* 63 La dette publique nette est la dette publique réduite des actifs publics.

* 64 Reuters, 8 juillet 1998.

* 65 L'Agéfi, 31 mai 2000.

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