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MATHY Marcel

Ancien sénateur de la Saône-et-Loire

  • Vème République

    Ancien sénateur de la
    Ve République

Election

  • Elu le 11 juin 1967
  • Réélu le 22 septembre 1968
  • Réélu le 25 septembre 1977
  • Fin de mandat le 20 mars 1982 (décédé)

Situation en fin de mandat

  • Membre de la commission des affaires économiques
  • Membre du Groupe Socialiste

Extraits de la table nominative :

Biographie

Ve République  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

Ve République

MATHY (Marcel)

Né le 10 avril 1911 à Brienne (Saône-et-Loire)

Décédé le 20 mars 1982 à Mâcon (Saône-et-Loire)

Sénateur de Saône-et-Loire de 1967 à 1982

Originaire de la Bresse bourguignonne, Marcel Mathy est issu d'une famille paysanne. Devenu lui-même agriculteur à partir de 1933 et soucieux de défendre les intérêts du monde rural, il s'engage d'abord dans l'action syndicale avant de se lancer en politique. Militant infatigable, il est à l'initiative du développement du syndicalisme agricole dans son département après 1945. Responsable du syndicat de Brienne, puis délégué cantonal de Cuisery, il est nommé administrateur de la Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles de Saône-et-Loire avant d'accéder aux fonctions de secrétaire général et enfin de président. Dans le prolongement de son combat syndical, il se présente en 1959 aux élections municipales de son village natal, Brienne, et en devient le maire. Fort de cette expérience locale accumulée, il se laisse porter en 1967 candidat à l'élection sénatoriale partielle destinée à pourvoir au remplacement du sénateur socialiste Roger Lagrange qui vient d'être élu député. Sous l'étiquette de la Fédération de la gauche démocrate et socialiste, il l'emporte au second tour par 801 voix contre 640 pour l'ancien sénateur de Saône-et-Loire Xavier Perrier-Michon (républicain indépendant) après avoir bénéficié du désistement du communiste François Chapuis. Les grands électeurs de Saône-et-Loire renouvellent leur confiance à Marcel Mathy lors des élections sénatoriales de septembre 1968 après un scrutin très serré, six candidats obtenant au second tour entre 715 et 752 voix (sur les 1 481 suffrages exprimés) puis, de façon plus nette, en septembre 1977 (832 voix au second tour sur les 1 593 suffrages exprimés).

Membre du groupe socialiste du Sénat, il siège successivement à la commission des affaires économiques et du Plan (de 1967 à 1968 puis à partir de 1979) et à la commission des affaires sociales (de 1968 à 1979). Il rapporte plusieurs projets de loi notamment celui autorisant l'approbation de quatre accords de sécurité sociale signés le 17 octobre 1967 entre la France et la Tchécoslovaquie. C'est néanmoins sur le terrain de la défense du monde rural et de la paysannerie que le sénateur de Saône-et-Loire s'implique le plus. A plusieurs reprises, il prend la parole pour dénoncer les ravages de l'exode rural qui constitue, selon lui, « une des grandes erreurs » commises par « les différents gouvernements qui se sont succédé à la tête de notre pays », atteints par ce qu'il nomme le « démon de la concentration » (séance du 9 décembre 1979). Inquiet pour l'avenir des territoires en voie de désertification, il l'est également pour celui des agriculteurs et notamment pour les plus fragiles d'entre eux. A plusieurs reprises, il se fait le porte-parole de son groupe parlementaire sur ces sujets. Ainsi en juin 1973, c'est au nom du groupe socialiste qu'il intervient dans la discussion du projet de loi relatif au statut des associés d'exploitation et à la modification de l'assurance vieillesse des personnes non salariées agricoles. Il anime d'ailleurs pendant plusieurs années le groupe sénatorial d'études des problèmes du veuvage. Le 4 décembre 1974, il interroge oralement le ministre de l'agriculture pour connaître les mesures que le Gouvernement compte mettre en oeuvre pour permettre à l'agriculture française d'occuper toute sa place sur le plan international et ainsi assurer un revenu décent aux agriculteurs. Conscient que la modernisation de l'activité agricole est indispensable, Marcel Mathy considère que le développement de l'enseignement agricole doit être une priorité. Aussi déplore-t-il, lors du vote du projet de loi de finances pour 1979, le « ghetto  budgétaire » dans lequel est plongé l'enseignement agricole et l'augmentation de la part des vacataires parmi le personnel enseignant.

Il vote les grandes mesures sociales que constituent la loi Neuwirth relative à la régulation des naissances (1967), la loi fixant à dix-huit ans l'âge de la majorité (1974), la loi Veil relative à l'interruption volontaire de grossesse (1975), la loi portant réforme du divorce (1975) et la loi portant abolition de la peine de mort (1981). Il s'oppose à la loi portant création et organisation des régions (1972) et à celle renforçant la sécurité et protégeant la liberté des personnes (1981). Enfin il s'abstient lors du vote de la loi Royer d'orientation du commerce et de l'artisanat (1973) et lors du vote de la loi Deferre relative aux droits et libertés des communes, des départements et des régions (1982).

En parallèle de son activité de parlementaire, Marcel Mathy s'investit dans la vie de sa formation politique. Au congrès de Metz d'avril 1979, décisif pour l'orientation du parti socialiste, après s'être montré proche de la motion de Michel Rocard, il soutient finalement la motion de François Mitterrand. Homme de terrain, c'est cependant dans la Bresse, au contact de ses concitoyens, qu'il demeure le plus actif. A titre d'exemple, il dirige une grande enquête sur le monde agricole de cette région. Soutenu notamment par le président du Conseil régional socialiste de Bourgogne, Pierre Joxe, Marcel Mathy envisage dans son rapport, présenté en 1982, un emprunt de cinq millions de francs pour la rénovation de la Bresse. Toujours maire de Brienne, il lutte aussi pour conserver les habitants et les activités de sa petite commune en créant un foyer rural, en lançant un programme de remembrement et en proposant de nouvelles activités économiques comme le tourisme.

Décédé le 20 mars 1982, Marcel Mathy est remplacé au palais du Luxembourg par son suppléant, Bernard Desbrière, viticulteur et conseiller municipal de Buxy. Son éloge funèbre est prononcé le 27 avril 1986 par le président du Sénat, Alain Poher.

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Photo de M. Marcel MATHY, ancien sénateur
Appartenance politique
Membre du Groupe Socialiste
Etat-civil
Né le 10 avril 1911
Décédé le 20 mars 1982
Profession
Agriculteur
Département
Saône-et-Loire