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MAUROY Pierre

Ancien sénateur du Nord

  • Vème République

    Ancien sénateur de la
    Ve République

  • Ancien Premier ministre

Election

  • Elu le 27 septembre 1992
  • Réélu le 23 septembre 2001
  • Fin de mandat le 30 septembre 2011 (ne se représente pas)

Fonctions antérieures

  • Député

Situation en fin de mandat

  • Membre de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées
  • Membre du Groupe socialiste

Extraits de la table nominative :

Biographie

Ve République  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

Ve République


MAUROY (Pierre)

Né le 5 juillet 1928 à Cartignies (Nord)

Décédé le 7 juin 2013 à Clamart (Hauts-de-Seine)

Député du Nord de 1973 à 1981 et de 1986 à 1992

Premier ministre du 21 mai 1981 au 17 juillet 1984

Sénateur du Nord de 1992 à 2011

Pierre Mauroy voit le jour le 5 juillet 1928 à Cartignies, petit village agricole situé près d'Avesnes-sur-Helpe. Aîné d'une famille de sept enfants, il est fils d'instituteur. En 1936, sa famille quitte l'Avesnois pour s'établir à Haussy, commune ouvrière du Valenciennois où son père est nommé directeur d'école. Le jeune Pierre Mauroy est alors profondément marqué par la découverte du monde ouvrier. L'enthousiasme suscité par la victoire du Front populaire joue aussi un rôle déterminant dans son engagement socialiste.

Le 17 mai 1940, la famille Mauroy est contrainte à l'exode par la fulgurante offensive de l'armée allemande. D'abord réfugiée au Crotoy, dans la baie de Somme, elle s'installe ensuite au Cateau-Cambrésis puis à partir de juillet 1943 à Cambrai. Pierre Mauroy étudie ainsi successivement au collège du Cateau-Cambrésis et au lycée de Cambrai.

Il a seize ans lorsqu'il adhère en 1945 à la section des Jeunesses socialistes de Cambrai. Il entre alors « en socialisme comme on entre en religion », selon ses propres mots dans ses Mémoires. Maître d'internat au collège technique d'Hénin-Liétard, il quitte son Nord natal en 1948 pour Paris et pour le siège de la Section française de l'Internationale ouvrière, situé au 12, cité Malesherbes. Il assume en effet des responsabilités importantes au sein des Jeunesses socialistes : membre de leur comité national de 1948 à 1950, il en est le secrétaire national de 1950 à 1958. Il s'engage également dans l'éducation populaire en fondant en 1951 la Fédération nationale Léo-Lagrange, du nom de l'ancien député du Nord et sous-secrétaire d'État aux sports et aux loisirs du Front populaire. Il en est tour à tour le secrétaire général de 1951 à 1972 puis le président de 1972 à 1981.

Après avoir étudié à l'école normale nationale d'apprentissage à Cachan, il enseigne brièvement l'histoire-géographie dans un établissement d'enseignement technique à Colombes de 1951 à 1956. Il milite également au sein du syndicat des collèges de l'enseignement technique de la fédération de l'éducation nationale dont il est secrétaire national de 1955 à 1959.

Il gravit ensuite pas à pas les échelons des instances dirigeantes de la SFIO. En 1963, il est ainsi élu au bureau national et au comité directeur du parti que dirige alors Guy Mollet. Puis il est nommé secrétaire général adjoint de la SFIO de 1966 à 1969. Il appartient également de 1965 à 1968 au comité exécutif de la Fédération de la gauche démocrate et socialiste fondée à l'initiative de François Mitterrand.

Il brigue en outre un mandat électif. Résidant à Cachan, dans la proche banlieue sud de Paris, il se présente d'abord sur sa terre d'adoption. Il est ainsi candidat dans la cinquante-troisième circonscription de la Seine aux élections législatives de novembre 1958. Il ne réunit toutefois que 4 171 des 51 630 suffrages exprimés au premier tour puis 3 893 des 51 248 suffrages exprimés au second tour. S'il est ensuite élu conseiller municipal de Cachan en 1965, c'est toutefois la terre de son enfance que ce nordiste aspire à représenter. Aussi se présente-t-il dans la dix-septième circonscription du Nord aux élections législatives de mars 1967. Devancé de 371 voix au premier tour par le communiste Paul Leloir, il doit cependant se désister en faveur de ce dernier. Il essuie un second échec aux élections législatives de juin 1968 : candidat de la FGDS, il obtient 10 884 des 39 223 suffrages exprimés au premier tour contre 10 926 voix pour Paul Lenoir et doit donc une nouvelle fois se retirer. Entretemps, en octobre 1967, il est néanmoins élu conseiller général du Cateau-Cambrésis. Il siège ainsi jusqu'en 1973 au Conseil général du Nord dont il exerce une vice-présidence.

Il poursuit dans le même temps son ascension au sein du Parti socialiste qui succède à la SFIO à partir de 1969. Il échoue certes d'un souffle à l'élection au poste de Premier secrétaire du nouveau PS au congrès d'Issy-les-Moulineaux en juillet 1969 : Alain Savary, soutenu par Guy Mollet, le bat d'une voix. Premier secrétaire de la fédération socialiste du Nord de 1971 à 1979, Pierre Mauroy joue cependant un rôle déterminant au congrès du PS à Épinay-sur-Seine en juin 1971 : il soutient François Mitterrand et lui permet ainsi de prendre le contrôle du parti. Il devient alors secrétaire national à la coordination du PS, fonction qu'il exerce jusqu'en 1979 et qui fait de lui le numéro deux du parti derrière François Mitterrand. Il aide ce dernier à refonder le PS et à transformer ce parti d'opposition en parti de gouvernement. Il joue notamment un rôle actif dans les négociations du programme commun de gouvernement conclu avec le Parti communiste français en 1972. Il dirige par ailleurs le bulletin socialiste Le Poing et la Rose de 1971 à 1979 et l'hebdomadaire L'Unité de 1972 à 1979.

Ses importantes responsabilités au sein du PS de l'après-Épinay ne lui font pas perdre de vue sa terre natale. Après avoir envisagé de briguer la mairie du Cateau-Cambrésis en 1971, il accepte la proposition du maire de Lille Augustin Laurent de se présenter à ses côtés dans la capitale des Flandres avant de lui succéder. C'est du reste ce qui le conduit à renoncer au poste de premier secrétaire du PS que lui offre François Mitterrand après Épinay. Élu premier adjoint au maire en 1971, Pierre Mauroy devient ainsi maire de Lille en 1973 après la démission d'Augustin Laurent. Réélu à quatre reprises, il préside pendant vingt-huit ans aux destinées lilloises. Également vice-président de la communauté urbaine de Lille à partir de 1973, il modernise la ville. Il joue notamment un rôle décisif dans l'arrivée du TGV et dans la construction du centre d'affaires Euralille. Outre ses mandats à Lille, il occupe les fonctions de premier président du Conseil régional de Nord-Pas-de-Calais de 1974 à 1981.

Il représente aussi son département au Parlement. Il est en effet élu député de la deuxième circonscription du Nord le 11 mars 1973. Il remporte alors le second tour avec 53,7 % des suffrages exprimés contre 36,4 % pour le député sortant de l'Union des républicains de progrès Hubert Rochet. Il est ensuite réélu aux élections législatives du 18 mars 1978 avec 56 % des suffrages exprimés contre 44 % pour le conseiller municipal de Lille Bruno Chauvierre, candidat de l'Union de la majorité et du Rassemblement pour la République.

Inscrit au groupe socialiste de l'Assemblée nationale, Pierre Mauroy est successivement membre de la commission des affaires culturelles en 1973, de celle de la production de 1973 à 1978 puis de celle des lois constitutionnelles de 1978 à 1981. C'est à la situation de l'emploi et à la crise industrielle qu'il consacre la plus grande part de son action au Palais Bourbon. Élu d'un département douloureusement frappé par la crise de la sidérurgie, il est nommé en 1979 membre de la commission d'enquête sur la situation de l'emploi et le chômage. Il n'a de cesse, notamment lors de la discussion de motions de censure déposées par les députés de gauche en 1975, 1976 et 1979, de souligner l'échec de la politique industrielle conduite sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing et des mesures prises contre le chômage. Il cosigne du reste deux propositions de loi en 1980 sur la reconversion des mineurs et sur la mise en valeur des friches industrielles.

Le premier édile de Lille se fait également l'avocat de la décentralisation à l'Assemblée nationale. Il rapporte ainsi en 1980 la proposition présentée par François Mitterrand et plusieurs députés socialistes sur ce sujet. Il s'exprime aussi sur l'aménagement des villes en 1973 et la réforme de l'urbanisme en 1975.

Il prend par ailleurs part aux scrutins publics. Il vote ainsi la loi fixant à dix-huit ans l'âge de la majorité en 1974, même s'il estime que le gouvernement Chirac se contente de se rallier aux propositions de la gauche et qu'il s'agit d'une « hardiesse à retardement ». Il se prononce aussi pour la loi Veil relative à l'interruption volontaire de grossesse en 1974 et pour la loi portant réforme du divorce en 1975. En revanche, il s'abstient sur la loi Royer d'orientation du commerce et de l'artisanat en 1973 et vote contre la loi Peyrefitte renforçant la sécurité et protégeant la liberté des personnes en 1980.

Il siège également au Parlement européen de juin 1979 à février 1980. Deux mois avant son élection, au congrès du PS à Metz en avril 1979, il a été rejeté par les mitterrandiens dans la minorité du parti en compagnie de Michel Rocard. Cela n'empêche pas François Mitterrand de le désigner comme son porte-parole lors de la campagne de l'élection présidentielle de 1981. Le député-maire de Lille prend par conséquent une part active dans la victoire de François Mitterrand le 10 mai 1981.

Le 21 mai 1981, Pierre Mauroy est ainsi nommé Premier ministre par François Mitterrand : il est le premier chef du premier gouvernement de gauche de la Ve République. Il est ensuite porté par la « vague rose » lors des élections législatives du 14 juin suivant et est triomphalement réélu député dès le premier tour avec 50,1 % des suffrages exprimés. Cédant son siège à son suppléant Pierre Dassonville, il forme le 22 juin 1981 son second gouvernement qui comprend quatre ministres communistes.

Pendant ses deux premières années à Matignon, il s'efforce de mettre en oeuvre le programme électoral de François Mitterrand. Il entreprend d'importantes réformes sociales : instauration de la retraite à 60 ans et d'une cinquième semaine de congés payés, réduction de la durée hebdomadaire de travail de 40 à 39 heures et mise en place d'un impôt sur les grandes fortunes. Il lance également en 1981 un programme de nationalisations de grands groupes industriels, ensembles sidérurgiques et établissements bancaires. En outre, les lois Auroux, adoptées en 1982, améliorent les droits des salariés. C'est également sous l'égide de Pierre Mauroy, qui en est un partisan de longue date, que la décentralisation est lancée : les lois Defferre de 1982 et 1983 transfèrent aux régions, départements et municipalités une partie des pouvoirs de l'État. Il entreprend par ailleurs des réformes politiques symboliques, telles que l'abolition de la peine de mort en 1981 ou la création en 1982 de la Haute Autorité, chargée de démocratiser l'audiovisuel.

Les mesures économiques keynésiennes mises en place à partir de 1981 ne parviennent toutefois pas à résoudre la crise ni à freiner la hausse continue du chômage. En mars 1983, Pierre Mauroy et son ministre de l'économie et des finances Jacques Delors convainquent alors François Mitterrand de changer radicalement de politique économique et de ne pas quitter le Système monétaire européen. Chargé par le président de la République de former un troisième gouvernement à partir du 22 mars 1983, Pierre Mauroy met dès lors en oeuvre une politique de rigueur. Le franc est dévalué, les salaires et les prix sont bloqués, les cotisations sociales sont augmentées. Des restructurations industrielles sont également menées, essentiellement dans la sidérurgie et les charbonnages, deux secteurs pourtant chers au coeur de Pierre Mauroy.

La querelle scolaire provoque néanmoins son départ de Matignon. La forte mobilisation des défenseurs de l'école libre en juin 1984 conduit en effet François Mitterrand le 12 juillet 1984 à retirer le projet de service public unifié et laïque de l'enseignement défendu par le ministre de l'éducation nationale Alain Savary. Ce dernier décide alors de démissionner. Pierre Mauroy remet à son tour sa démission à François Mitterrand le 17 juillet 1984. Il a ainsi dirigé trois gouvernements d'union de la gauche durant plus de trois années.

À son départ de Matignon, où il est remplacé par Laurent Fabius, Pierre Mauroy retrouve ses responsabilités locales, à commencer par son fauteuil de premier magistrat lillois. Il reprend aussi son siège de vice-président de la communauté urbaine de Lille avant d'en devenir président de 1989 à 2008. Il préside par ailleurs la fédération mondiale des villes jumelées de 1984 à 1992.

Il retrouve également le Palais Bourbon. La liste PS qu'il conduit dans le Nord aux élections législatives du 16 mars 1986 obtient en effet 36,8 % des suffrages exprimés contre 21,6 % pour la liste du RPR et 13,3 % pour celle de l'UDF. Le même jour, Pierre Mauroy est élu conseiller régional du Nord-Pas-de-Calais, mandat qu'il conserve jusqu'en 1988. Il est ensuite réélu député dans la première circonscription du Nord le 12 juin 1988 : il réunit 55,7 % des suffrages exprimés au second tour contre 44,3 % pour son adversaire de la droite et du centre, Colette Codaccioni.

Ce second séjour à l'Assemblée nationale se décompose en deux périodes bien distinctes. Sous la VIIIe législature, de 1986 à 1988, Pierre Mauroy se fait surtout le contempteur de la politique du gouvernement Chirac. Il intervient ainsi en 1986 à propos du décès de Malik Oussekine lors d'une manifestation contre la loi Devaquet. Il se prononce la même année contre la loi relative aux conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France. Puis, en 1987, il prend la parole pour critiquer les privatisations.

Dans un second temps, après la victoire du PS aux élections législatives de juin 1988, il se fait au contraire l'avocat au Palais Bourbon des politiques conduites par les gouvernements socialistes. Il s'exprime notamment lors des débats qui suivent les déclarations de politique générale des gouvernements Rocard en 1988 et Cresson en 1991 ou lors des discussions des motions de censure déposées par l'opposition en 1988, 1990 et 1991. Membre de la commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale de 1986 à 1992, il s'exprime également en 1990 et 1991 au sujet de la situation dans le Golfe Persique. Il vote par ailleurs la loi relative au revenu minimum d'insertion en 1988 et la loi constitutionnelle ajoutant à la Constitution un titre : « De l'Union européenne » en 1992.

Parallèlement à ses mandats locaux et nationaux, Pierre Mauroy continue de jouer un rôle central au sein des instances dirigeantes du PS. Membre du bureau politique du parti à partir de 1985, il devient secrétaire national aux collectivités locales et aux problèmes de société en 1987. Il préside également la fédération nationale des élus socialistes et républicains de 1987 à 1990. Surtout, le 14 mai 1988, il est élu premier secrétaire du PS par 63 voix contre 54 pour Laurent Fabius, pourtant soutenu par le président de la République tout juste réélu François Mitterrand. Il ne parvient toutefois pas à empêcher le parti de se déchirer. Ces divisions culminent au congrès de Rennes en mars 1990 entre les partisans de Lionel Jospin et ceux de Laurent Fabius. Si Pierre Mauroy est alors maintenu à son poste, il échoue à rétablir l'unité du PS. Il démissionne finalement le 9 janvier 1992, abandonnant le poste de premier secrétaire à Laurent Fabius. Il continue néanmoins de siéger au conseil national et au bureau national du PS jusqu'à son décès.

Son engagement social-démocrate dépasse les frontières hexagonales. Il succède en effet en septembre 1992 à l'ancien chancelier ouest-allemand Willy Brandt à la tête de l'Internationale socialiste. Sous sa présidence qui dure jusqu'en 1999, ce mouvement passe de 101 à 170 membres.

Quelques jours après son élection à la présidence de l'Internationale socialiste, le 27 septembre 1992, Pierre Mauroy se présente devant le suffrage des grands électeurs du Nord. Dans son département natal, il conduit la liste du PS qui réunit 1 890 des 5 500 suffrages exprimés et remporte quatre sièges. Il quitte ainsi l'Assemblée nationale pour le Sénat. Il est ensuite réélu le 23 septembre 2001 : sa liste d'union entre le PS et les Verts obtient de nouveau quatre élus en réunissant 1 663 des 5 545 suffrages exprimés.

Au Palais du Luxembourg, il siège évidemment au sein du groupe socialiste. Membre de la commission des affaires étrangères, il s'exprime régulièrement à propos de conflits internationaux : l'ex-Yougoslavie (1994 et 1995), le Zaïre et le Rwanda (1996), le Kosovo (1998) et le Proche-Orient (2006). Cet européen vote par ailleurs la loi constitutionnelle modifiant le titre XV de la Constitution (Constitution européenne) en 2005 et la loi autorisant la ratification du traité de Lisbonne modifiant le traité sur l'Union européenne et le traité instituant la Communauté européenne en 2008.

Chef du gouvernement au moment de l'adoption des premières lois de décentralisation en 1982-1983, il continue par ailleurs de s'intéresser à ce sujet. Le Premier ministre Lionel Jospin lui confie ainsi en 1999 la présidence d'une commission pour l'avenir de la décentralisation. Pierre Mauroy lui remet en 2000 un rapport qui formule 154 propositions pour « refonder l'action locale ». Il est ensuite nommé en 2008 membre du comité pour la réforme des collectivités locales présidé par l'ancien Premier ministre Édouard Balladur.

Cet intérêt jamais démenti pour la décentralisation se traduit par des interventions régulières à son propos au Palais du Luxembourg. Il prend notamment la parole en séance publique sur la coopération intercommunale (1999), la solidarité et le renouvellement urbains (2000), la Corse (2001), la démocratie de proximité (2002) et la réforme des collectivités territoriales (2010). Il se fait également le porte-parole de l'opposition du groupe sénatorial socialiste au projet de loi sur l'organisation décentralisée de la République en 2002 et à celui sur les libertés et responsabilités locales en 2003. Il vote aussi contre la loi de réforme des collectivités territoriales en 2010. Président de la Mission opérationnelle transfrontalière de 2001 à 2008, il rapporte par ailleurs en 2003 le projet de loi relatif à un accord franco-belge sur la coopération transfrontalière entre les collectivités territoriales et les organismes locaux.

Il prend aussi la parole sur des sujets aussi variés que la création de la Cour de Justice de la République en 1993, la réforme de la durée du mandat et de l'élection des sénateurs en 2003 ou le port de signes religieux dans les établissements scolaires en 2004. Hostile au projet du gouvernement Fillon visant à relever l'âge légal de la retraite de 60 à 62 ans, il défend vigoureusement en 2010 le maintien de la retraite à 60 ans qu'il avait fait adopter en 1982. Il estime en effet « qu'il s'agit d'un droit presque fondamental » et « peut-être de la loi la plus importante de la Ve République ». Aussi plaide-t-il avec force pour ce qui constitue à ses yeux une « ligne d'espoir, une ligne de vie ».

Il se prononce par ailleurs contre la loi relative aux pensions de retraite et à la sauvegarde de la protection sociale en 1993, la loi d'orientation et d'incitation relative à la réduction du temps de travail en 1998, la loi constitutionnelle de modernisation des institutions de la Ve République en 2008, la loi favorisant la diffusion et la protection de la création sur Internet en 2009 et la loi constitutionnelle sur l'équilibre des finances publiques en 2011. En revanche, il vote la loi constitutionnelle relative à l'égalité entre les femmes et les hommes ainsi que la loi relative au pacte civil de solidarité en 1999. Il s'abstient sur la loi généralisant le revenu de solidarité active et réformant les politiques d'insertion en 2008.

Dix-neuf ans après son arrivée au Palais du Luxembourg, il décide de ne pas se représenter aux élections sénatoriales du 25 septembre 2011. Il se retire alors de la vie politique. Il avait en effet déjà abandonné ses mandats à Lille : il avait cédé à Martine Aubry son fauteuil de maire en 2001 puis celui de président de la communauté urbaine en 2008. Après son départ du Sénat, il ne conserve plus que la présidence de la Fondation Jean-Jaurès, la première fondation politique en France, qu'il avait fondée en 1992 et qu'il dirigeait depuis.

Grand officier de la Légion d'honneur et grand croix de l'ordre national du Mérite, Pierre Mauroy est également l'auteur de plusieurs ouvrages : Héritiers de l'avenir (1977), C'est ici le chemin (1982) et À Gauche (1985). Il consacre aussi en 1997 une biographie à Léo Lagrange, figure tutélaire de son engagement en politique. Il livre par ailleurs ses souvenirs au fil des pages de Parole de Lillois (1994), de ses Mémoires : vous mettrez du bleu au ciel (2003) et de Ce jour-là (2012).

Le premier chef de gouvernement de gauche sous la Ve République s'éteint le 7 juin 2013, à quelques semaines de son quatre-vingt-cinquième anniversaire, à l'Hôpital d'instruction des armées Percy de Clamart. Ainsi disparaît une figure emblématique de la vie politique nationale et nordiste du second XXe siècle, militant inlassable du socialisme français.

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Photo de M. Pierre MAUROY, ancien sénateur
Appartenance politique
Membre du Groupe socialiste
Etat-civil
Né le 5 juillet 1928
Décédé le 7 juin 2013
Profession
Professeur de l'enseignement technique
Département
Nord