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YVON Joseph

Ancien sénateur du Morbihan

Election

  • Elu le 26 avril 1959
  • Réélu le 26 septembre 1965
  • Réélu le 22 septembre 1974
  • Fin de mandat le 2 octobre 1983 (ne se représente pas)

Fonctions exercées au cours de ses mandats de sénateur

  • Vice-Président de la commission des affaires économiques

Fonctions antérieures

  • Député

Situation en fin de mandat

  • Membre de la commission des affaires économiques
  • Membre du Groupe de l'Union Centriste des Démocrates de Progrès

Extraits de la table nominative :

Biographie

1940-1958  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)
Ve République  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

1940-1958

YVON (Ange-Joseph)

Né le 28 août 1906 à l'Ile-de-Groix (Morbihan)

Décédé le 7 juillet 1998 à Lorient (Morbihan)

Membre de la deuxième Assemblée nationale Constituante (Morbihan)

Député du Morbihan de 1946 à 1951

Sénateur du Morbihan de 1952 à 1958

Né en 1906 à l'Ile-de-Groix dans le Morbihan, d'un père armateur à la pêche, Joseph Yvon, après de solides études secondaires au collège Saint-François-Xavier de Vannes, fait son droit à la faculté de Rennes, où il milite au mouvement Jeune République de Marc Sangnier. Après l'obtention de sa licence en droit, il part effectuer son service militaire dans la Marine comme officier du chiffre à Bordeaux puis rue Royale à Paris. De retour à la vie civile, il entame ensuite, en 1932, une carrière d'avocat au barreau de Lorient et se marie en 1936 avec Monique Joubert dont il aura huit enfants.

Mobilisé en 1939 avec le grade de lieutenant de vaisseau, Joseph Yvon est fait prisonnier dans la région de Lorient avant de s'évader deux jours plus tard pour se réfugier avec les siens dans la commune de Plouay, qu'il se verra contraint de quitter pour Guéméné-sur-Scorff, afin d'échapper à la vigilance des Allemands qui, avertis du départ, dès l'appel du 18 juin, de sa belle-famille pour Londres (où son beau-père se verra d'ailleurs nommé consul de France à la Libération), l'avaient placé sous haute surveillance.

Après la guerre, Joseph Yvon s'engage dans la vie politique  sous la bannière du MRP : en septembre 1945, il est élu conseiller général du canton de Groix et conservera ce mandat sans discontinuité jusqu'en 1982, date à laquelle son fils Dominique lui succèdera. Il trouve ensuite appui auprès de Paul Ihuel qui le présente en quatrième position sur une liste du MRP et d'action paysanne qu'il conduit dans le département du Morbihan aux élections du 2 juin 1946 pour la deuxième Assemblée nationale Constituante. Arrivée très largement en tête du scrutin avec 55,3% des suffrages exprimés contre 18,7% au parti communiste et 16,5% à la SFIO, cette liste remporte quatre des sept sièges à pourvoir et Joseph Yvon est élu à la plus forte moyenne.

Membre des commissions de la reconstruction et des moyens de communications, le nouveau député du Morbihan siège au groupe du MRP.

En séance publique, Joseph Yvon participe, en qualité de rapporteur pour avis de la commission des moyens de communications, à la discussion du projet de loi portant ouverture et annulation de crédits sur l'exercice 1946. Il propose également deux amendements concernant les navires en copropriété au projet et aux propositions de loi sur les dommages de guerre.

Durant la deuxième Constituante, il approuve l'élection de Georges Bidault comme président du gouvernement provisoire (19 juin 1946), accorde la confiance à son cabinet (26 juin 1946) et soutient le second projet de Constitution (28 septembre 1946).

Aux élections législatives du 10 novembre 1946, Joseph Yvon figure à nouveau sur la liste de Paul Ihuel qui, seule face aux trois formations de gauche lors de la précédente consultation, subit cette fois sur sa droite la concurrence de la liste d'Union gaulliste conduite par Raymond Marcellin. Arrivé à nouveau en première position avec 45,5% des suffrages exprimés, le MRP perd un siège mais Joseph Yvon est réélu député du Morbihan. Autre satisfaction, il est appelé à siéger en octobre 1947 au conseil municipal de Lorient, mandat qu'il conservera jusqu'en 1965.

Pendant toute la durée de la première législature, il siège à la commission de la reconstruction et des dommages de guerre et à la commission de la marine et des pêches dont il est le président de 1946 à 1947. Il est également nommé l'année suivante juré à la Haute Cour de justice. Enfin, il est désigné pour faire partie de la commission supérieure du crédit mutuel en 1951.

Député très actif, il dépose, entre 1946 et 1951, pas moins de vingt-trois textes parlementaires intéressant les dommages de guerre, la crise du logement et la législation sur le remembrement mais surtout les différentes questions relevant du domaine maritime parmi lesquelles il convient de citer le rééquipement de la flotte de pêche, l'installation d'un radiophare à Pen-Men et la mise en service des navires météorologiques ou encore l'organisation et le statut de la profession de mareyeur, la suppression du cautionnement des courtiers maritimes et la situation des marins pensionnés et de leurs familles.

Il développe la plupart de ces thèmes au cours de nombreux débats en séance publique, et intervient régulièrement dans les discussions budgétaires touchant tant les travaux publics et les transports que la marine marchande ou les anciens combattants et victimes de guerre et s'exprime à plusieurs reprises sur le régime de l'essence qui lui donne l'occasion de poser une question orale au ministre de l'industrie et du commerce en 1948.

Toujours inscrit au groupe du MRP, il soutient le gouvernement Ramadier au moment de la crise avec les ministres communistes (4 mai 1947), vote pour le projet de loi sur le statut de l'Algérie (27 août 1947) et contre la nationalisation des écoles de houillères (14 mai 1948). Il ratifie le plan Marshall (7 juillet 1948) et approuve les projets relatifs au Conseil de l'Europe et au Pacte atlantique (9 et 26 juillet 1949). Enfin, il se prononce en faveur de la loi instituant le scrutin majoritaire avec apparentements (7 mai 1951).

Aux élections du 17 juin 1951, Joseph Yvon figure en sixième position sur la liste d'Union (Action sociale et paysanne) conduite par Robert de la Noé. Arrivée en tête avec 42,1% des suffrages exprimés, cette liste remporte quatre des sept sièges à pourvoir, les trois autres revenant respectivement au RPF (20,9%), à la liste communiste (17,2%) et à la SFIO (13,7%). Joseph Yvon, bien que deuxième au nombre des suffrages et premier au vote préférentiel, n'est pas réélu à la deuxième Assemblée nationale de la IVe République. Il se présente ensuite aux élections du 18 mai 1952 pour le Conseil de la République où il est élu en tête d'une liste d'Union républicaine indépendante.

A son arrivée à la Haute Assemblée, Joseph Yvon rejoint le groupe du Centre républicain rattaché au MRP. Membre des commissions de la marine et de la reconstruction pendant toute la durée de son mandat, il siège également à celles de la défense nationale et de la justice de 1953 à 1955, du suffrage universel en 1955 et des pensions de 1955 à 1958. Enfin, il est désigné le 26 mai 1958 par le Conseil de la République au Conseil supérieur de l'établissement national des invalides de la marine.

En 1956, il dépose un rapport au nom de la commission de la marine relatif à la ratification de la convention internationale pour l'unification de certaines règles sur la saisie conservatoire des navires de mer signée à Bruxelles, puis rédige l'année suivante trois autres rapports sur la législation sur les loyers pour le compte de la commission de la justice dont il est le secrétaire.

En séance publique, il s'exprime au cours de quelques débats, entre 1954 et 1956, pour reprendre son combat en faveur du régime fiscal des armateurs à la pêche, de la modernisation de la flotte de pêche, du régime des pensions des marins et de la situation des veuves d'inscrits maritimes. Il intervient également en 1957 comme rapporteur de la commission de justice dans la discussion des propositions de loi concernant le droit de reprise des Français expulsés de l'étranger, l'extension des possibilités d'échange d'appartements et le maintien dans les lieux de certains sous-locataires.

En juin 1958, après avoir voté pour les pleins pouvoirs au gouvernement et la révision constitutionnelle, il est reconduit dans son mandat au dernier Conseil de la République en tête d'une liste d'Union républicaine indépendante.

Durant la IVème République et en dehors de ses activités électives, Joseph Yvon, père de famille nombreuse et ardent défenseur des écoles catholiques, siège au comité local de l'APEL (association des parents d'élèves des écoles libres) tout en présidant aux destinées de la société morbihanaise de l'enfance délinquante et délaissée. Egalement membre actif de l'association centrale des officiers de réserve de l'armée de mer (ACORAM), il est fait chevalier de la Légion d'honneur à titre militaire en 1955. Par ailleurs en novembre 1957, il fait partie des signataires, parmi lesquels figurent les députés du Morbihan Bonnet, Jegorel et Cadic, du MOB (mouvement pour l'organisation de la Bretagne) qui réclament  « une organisation de la Bretagne basée sur le renforcement des pouvoirs des communes et sur la création d'une assemblée régionale et des institutions administratives et financières régionales qui en seront le complément nécessaire ». La même année enfin, il est élu aux fonctions de bâtonnier de l'ordre des avocats de Lorient qu'il exercera jusqu'en 1959.

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Ve République

YVON (Joseph)

Né le 28 août 1906 à l'Ile-de-Groix (Morbihan) Décédé le 7 juillet 1998 à Lorient (Morbihan)

Membre de la deuxième Assemblée nationale constituante (Morbihan) Député du Morbihan de 1946 à 1951

Sénateur du Morbihan de 1952 à 1983

Sous la Ve République, Joseph Yvon est réélu sénateur à trois reprises. Menant la liste d'Union Républicaine indépendante aux élections sénatoriales du 26 avril 1959, il élu dès le premier tour avec 784 voix sur les 1369 suffrages exprimés. Aux élections sénatoriales du 26 septembre 1965, il dirige la liste d'Entente républicaine et est réélu dès le premier tour, obtenant 876 voix sur 1384 suffrages exprimés. Aux élections du 22 septembre 1974, il se présente en deuxième position sur la liste d'Union de la majorité menée par Raymond Marcellin, ministre de l'Intérieur de 1968 à 1974. Il est élu au second tour, obtenant 775 voix sur les 1348 suffrages exprimés. Membre du groupe sénatorial de l'Union centriste des démocrates de progrès (UCDP) à partir de 1976, il siège tout au long de son mandat à la commission des affaires économiques dont il occupe les fonctions de vice-président de 1959 à 1980.

Joseph Yvon travaille sur les projets de lois relatifs à la construction navale et au transport maritime. En

1972, il interpelle le ministre des transports sur les difficultés de l'industrie de la construction navale française soumise aux fluctuations du marché mondial et à la concurrence de certaines entreprises étrangères situées dans des pays à commerce d'Etat. Il donne l'exemple de commandes de bateaux de pêche passées par des armateurs français à la Pologne ou à l'Espagne. Lors des débats autour du projet de loi de finances pour 1977, il évoque la crise de la construction navale liée à la diminution des carnets de commande et à la concurrence japonaise. Il demande alors au Gouvernement de soutenir davantage ce secteur au niveau européen dans le cadre de la politique européenne commune. Il met en avant les efforts entrepris dans sa région pour investir dans l'aménagement portuaire afin de faire face à la concurrence des ports d'Anvers, d'Amsterdam et Rotterdam. A l'occasion du vote du projet de loi de finances pour 1967, il présente ainsi le statut du port de pêche de Lorient et l'extension du port de commerce de Lorient vers un lieudit « Le Rohu ». Rapporteur pour avis du projet de loi de finances 1970, il met en avant le projet de construction d'un appontement dans la baie de Douarnenez.

Par ailleurs, Joseph Yvon consacre une part importante de son activité parlementaire à défendre les intérêts des pêcheurs. Il évoque à plusieurs reprises les difficultés économiques et sociales rencontrées par les gens de mer lors de ses interventions personnelles ou en tant que rapporteur pour avis des crédits de la marine marchande et de la pêche lors des discussions des projets de loi de finances. Il demande une augmentation des aides de l'Etat aux activités et aux ports maritimes. En 1975, il approuve la création d'un fonds d'intervention et d'organisation du marché des produits de la pêche maritime mais critique l'année suivante le VIIe Plan de développement économique et social qui néglige la vocation maritime de la France. En 1978, il demande la création d'un ministère de la mer. Lors des discussions des crédits consacrés aux transports du projet de loi de finances, il critique le désintérêt général pour les problèmes de la mer sauf en cas d'événements sportifs ou dramatiques. En 1982, il se félicite de la création d'un ministère de la mer et de l'augmentation des crédits ainsi que de la mise en place d'un plan intérimaire de deux ans de consolidation et d'expansion de la flotte de commerce.

En 1960, il demande l'amélioration des pensions des veuves de marins victimes d'accidents professionnels. Il revient en 1982 sur la nécessité de réévaluer les pensions de retraite des marins et décrit la situation dramatique de leurs veuves qui ne bénéficient pas d'un effort de solidarité suffisant. Entre 1963 et 1981, il siège au conseil supérieur de l'établissement national des invalides de la marine.

Vice-président de l'association pour la promotion et la protection des îles du Ponant, il se mobilise face à la marée noire provoquée par le naufrage du pétrolier l'Amoco-Cadiz au large des côtes bretonnes. En mars

1978, il participe à la commission d'enquête chargée d'examiner les décisions prises et les moyens mis en oeuvre par les autorités compétentes françaises, étrangères ou internationales suite à ce naufrage. En 1980, il interpelle l'Etat sur les mesures de prévention qui doivent être mises en place après le naufrage du pétrolier Tanio au large de l'île de Batz. Il critique le déclenchement tardif du plan Polmar à terre et demande que la Communauté économique européenne élabore une politique de prévention plus efficace, en contrôlant mieux l'état des navires en circulation. En 1981 et 1982, il dépose deux rapports sur un projet de loi visant à renforcer la lutte contre les épaves maritimes dangereuses.

Joseph Yvon vote la loi autorisant le Gouvernement à prendre certaines mesures relatives au maintien de l'ordre, à la sauvegarde de l'Etat, à la pacification et à l'administration de l'Algérie (1960), la loi portant réforme des régimes matrimoniaux (1965), la loi Neuwirth relative à la régulation des naissances (1967), la loi Royer d'orientation du commerce et de l'artisanat (1973), la loi Peyrefitte renforçant la sécurité et protégeant la liberté des personnes (1980), la loi Deferre relative aux droits et libertés des communes, des départements et des régions et de la loi relative aux prestations de vieillesse, d'invalidité et de veuvage (1982). Il s'abstient sur la loi portant création et organisation des régions (1972) et sur la loi fixant à 18 ans l'âge de la majorité (1974). Il s'oppose à la loi Veil relative à l'interruption volontaire de grossesse (1974), à la loi portant réforme du divorce (1975) et à la loi portant abolition de la peine de mort (1981).

Conseiller municipal de Lorient de 1947 à 1965 puis maire de Groix de 1971 à 1989, il est conseiller général de Groix jusqu'en 1982. Il ne se représente pas aux élections sénatoriales du 2 octobre 1983. Le 1er avril

1988, il est décoré de la Croix d'officier de la Légion d'honneur par le président du Sénat, Alain Poher.

Retiré de la vie politique, il meurt à Lorient en 1998, à l'âge de 92 ans.

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Photo de M. Joseph YVON, ancien sénateur
Appartenance politique
Membre du Groupe de l'Union Centriste des Démocrates de Progrès
Etat-civil
Né le 28 août 1906
Décédé le 7 juillet 1998
Profession
Avocat
Département
Morbihan