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COMPTES RENDUS DE LA DELEGATION SENATORIALE AUX OUTRE-MER


Mardi 27 mars 2018

- Présidence de M. Michel Magras, président -

Jeunesse des outre-mer et le sport - Visioconférence avec les îles Wallis et Futuna

M. Michel Magras, président. - Mes chers collègues, après la Polynésie française et la Nouvelle-Calédonie la semaine dernière, nous allons achever notre parcours dans le Pacifique avec une escale, ce matin, à Wallis et Futuna.

Sur l'étude relative à la jeunesse des outre-mer et le sport, nous avons désigné comme rapporteures une équipe de 4 sénatrices : Catherine Conconne, sénatrice de la Martinique, qui représente les territoires du bassin Atlantique, Gisèle Jourda, qui est sénatrice de l'Aude, pour l'hexagone, Viviane Malet, sénatrice de La Réunion, pour le bassin océan Indien, et Lana Tetuanui, pour le Pacifique, qui est sénatrice de la Polynésie française. Je dois excuser Catherine Conconne, retenue en Martinique par des urgences locales, et Lana Tetuanui, qui arrivera à Paris en cours de journée seulement. Elle est, elle aussi, particulièrement occupée par la campagne électorale territoriale.

Au nom de l'ensemble de la délégation, je tiens à vous remercier, Mesdames et Messieurs, d'avoir répondu favorablement à notre sollicitation en dépit de l'heure tardive chez vous.

Notre étude développera trois axes principaux présentés dans la trame qui vous a été transmise :

- les moyens et objectifs des politiques de développement de la pratique sportive, ainsi que son impact social pour la jeunesse ; c'est important pour nous de relever cet aspect-là, le sport en relation avec l'intégration sociale et tous les problèmes liés à la jeunesse ;

- le sport de haut niveau et les parcours des sportifs ultramarins ; nous savons tous que les ultramarins sont plus que représentatifs, nombreux dans les parcours nationaux et internationaux, pour notre plus grande fierté ;

- le sport comme vecteur de rayonnement des territoires. C'est-à-dire que le sport contribue au rayonnement dans l'espace régional mais aussi à l'international.

À défaut de pouvoir nous déplacer dans l'ensemble des territoires, ce que nous regrettons évidemment - je fais partie de ceux qui ont eu la chance de venir vous voir il y a peu - nous avons néanmoins à coeur d'échanger directement avec les acteurs du sport et, à cet effet, nous avons organisé un vaste cycle de visioconférences.

Je vais vous inviter donc à nous faire part de vos préoccupations comme de vos sujets de fierté, afin que nous puissions fidèlement relayer vos messages. Sans plus tarder, je vais vous céder la parole. Monsieur le préfet, je vous laisse le soin de distribuer la parole après les présentations d'usage des personnes qui sont autour de vous.

M. Jean-Francis Treffel, préfet, administrateur supérieur des îles Wallis et Futuna. - Merci Monsieur le président ; je vous présente « mes salutations du matin », selon l'expression usitée ici à Wallis-et-Futuna. Je suis accompagné, pour cette visioconférence, par M. Christophe Combette qui est le chef du service territorial de la jeunesse et des sports, M. Christian Borate, inspecteur principal à l'éducation nationale et directeur du premier degré, représentant de la vice-rectrice des îles Wallis et Futuna présidente de l'Union nationale du sport scolaire (UNSS) et par M. Etuato Mulikihaamea, président du Comité territorial olympique et sportif (CTOS).

Je vous propose d'introduire les différents sujets à l'ordre du jour de notre rencontre puis je cèderai la parole aux autres intervenants qui répondront à vos questions.

Je salue bien évidemment frère Robert Laufoaulu qui est un partenaire assidu de sa collectivité. Je rappellerai pour commencer que Wallis-et-Futuna est la dernière collectivité territoriale française restée hors du champ de la décentralisation : nous avons une assemblée territoriale, avec un président bien sûr, mais la fonction exécutive reste dévolue au préfet. Cela nous ramène à la période d'avant 1983. Il y a certes des projets d'évolution statutaire, qui j'espère pourront être menés à terme, mais pour l'instant la situation est stationnaire. Le président de l'assemblée territoriale est cependant bien sûr un partenaire au quotidien. Dans le cadre du statut de 1961, l'assemblée territoriale a des compétences énoncées par un texte ancien datant de 1957 ; ce texte mentionne la politique sportive et la réglementation applicable à ce domaine. C'est donc l'assemblée territoriale qui délibère sur les orientations en matière de sport. Néanmoins, les moyens mis en oeuvre pour le développement du sport relèvent à 95 % des aides de l'État et s'élèvent à 4 millions d'euros en 2017 ; ce montant est également celui de 2018. La conduite de la politique sportive relève d'un service du territoire, le service territorial de la jeunesse et des sports qui est composé d'une trentaine d'agents, 29 exactement, dont 5 cadres A. Ce service est dirigé par M. Christophe Combette, à mes côtés. Nous avons à Wallis-et-Futuna une cinquantaine de structures associatives, dont 8 ligues qui sont des têtes de réseaux encadrées par le Comité territorial olympique et sportif, présidé par M. Etuato Mulikihaamea également présent à mes côtés.

La qualité des relations nouées avec les élus de l'assemblée territoriale, avec l'administration supérieure que je représente, mais aussi avec les autorités coutumières est très importante. Il y a ici trois rois, un à Wallis et deux à Futuna, Futuna étant divisée en deux royaumes, et il ne faut pas sous-estimer l'importance également des autorités religieuses puisque l'ensemble de l'enseignement primaire ici est délégué par l'État à un organisme qu'on appelle la mission catholique. C'est cette collégialité qui permet d'assurer, dans le domaine sportif, une implantation raisonnable des infrastructures et des équipements. À ce titre, une méthodologie a été élaborée, en particulier avec la signature de conventions en amont des implantations d'équipements sportifs, chaque fois que nécessaire, avec les autorités coutumières ou religieuses qui sont propriétaires des terrains ; nous avons ainsi actuellement un projet sur Futuna qui impliquera la signature d'un acte avec les autorités coutumières. Les aides de l'État sont par ailleurs primordiales, avec les subventions du Centre national pour le développement du sport (CNDS), les différents budgets opérationnels de programme (BOP) concernés, le BOP 219 du ministère des sports et le BOP 123 du ministère des outre-mer, le fonds Pacifique géré par le ministère des affaires étrangères et qui apporte des financements sur différents projets de Wallis et Futuna. Le développement des politiques sportives ne peut se faire sans le territoire, représenté par le préfet, et les conseillers de l'assemblée territoriale qui délibèrent pour l'attribution des fonds CNDS. Cette activité sportive sur le territoire est à la jonction des politiques éducative, sanitaire pour la prévention des risques relatifs aux maladies chroniques, d'insertion et de la haute performance.

À Wallis-et-Futuna, il y a un attachement très fort à cette activité sportive qui a un rôle fédérateur sur le territoire, notamment entre les deux îles de Wallis et de Futuna pour apaiser les clivages coutumiers potentiels. Par exemple, la crise coutumière que nous avons pu connaître il y a un an et demi à deux ans à Wallis est en voie d'apaisement en partie grâce à un sport, le cricket.

En ce qui concerne l'accès au sport de haut niveau, il faut distinguer la phase locale et la phase nationale. Localement, on note la montée en puissance de la qualité des entraînements pour certaines disciplines qui sont très structurées au niveau fédéral et, d'autre part, un accompagnement par le vice-rectorat qui permet le développement des sections sportives dans les collèges et lycées, en particulier pour le rugby, l'athlétisme et le volleyball. Pour le niveau national, les athlètes sélectionnés par les fédérations sont accompagnés dans le cadre du projet Grand INSEP, avec une intégration dans un pôle France ou espoir. Il faut savoir qu'aujourd'hui, on a à Wallis-et-Futuna huit sportifs inscrits sur les listes du haut niveau du ministère de la jeunesse et des sports et deux athlètes susceptibles de participer aux Jeux olympiques en 2020 à Tokyo et en 2024 à Paris, dont l'un est Israël Kaikilekofe, en haltérophilie, et le second Sélévasio-Ryan Valao, en athlétisme, pour le poids et le disque. L'assemblée territoriale a créé trois dispositifs pour aider les sportifs qui partent pour un parcours de haut niveau en métropole : une bourse pour les sportifs de haut niveau, une bourse pour les sportifs d'excellence et une récompense aux résultats.

Pour les équipements sportifs, qui font également partie de votre étude et de votre réflexion, on recense 59 équipements à Wallis-et-Futuna, dont plus des 4/5 sont vétustes, raison pour laquelle le Service territorial de la jeunesse et des sports (STJS) a mis en place une méthodologie de programmation du renouvellement et de la restauration des équipements sportifs pour une distribution des crédits annuels dédiés à leur réparation la plus pertinente possible. Cette méthode permet d'appréhender de façon homogène les demandes et d'établir un indice de programmation qui constitue un outil d'aide à la décision. Par dérogation, Wallis-et-Futuna peut bénéficier de subventions de l'État couvrant 100 % de la dépense, faute de quoi le territoire n'aurait jamais la capacité de réaliser des équipements sportifs. Cette dérogation nous permet de mettre en place un plan de rattrapage et c'est ainsi que sont programmés, pour l'année 2018, deux plateaux sportifs de type city stade et un parcours sportif de santé, ainsi que de réaliser une étude sur l'implantation potentielle de deux piscines sur le territoire, une à Wallis et une à Futuna.

Les relations entre les acteurs du sport, élus, institutionnels ou associatifs, sont au beau fixe. Le sport rassemble en effet dans notre collectivité les différents acteurs autour d'un projet commun et leur coopération et l'activation de leurs réseaux respectifs au niveau national ont une véritable efficience au profit du sport.

Nous nous attachons également à assurer l'intégration du territoire dans son environnement régional. Dans le Pacifique, nous sommes géographiquement très loin de la métropole en dépit des moyens techniques de communication qui nous rapprochent et nous combattons cet isolement grâce aux déplacements régionaux que nous essayons de multiplier. Le mouvement sportif s'y emploie de même par l'intermédiaire des différentes fédérations, dont celle de rugby, dont le président est à la tête du comité olympique et sportif. Lors des Jeux du Pacifique, qui sont la principale manifestation sportive de ce bassin océanique, nous sommes fiers de voir arborer le drapeau français et d'entendre jouer la Marseillaise quand nos champions emportent une médaille.

Pour conclure mon propos, je veux rappeler que nous sommes un petit territoire de 12 000 habitants, avec 1 500 licenciés soit plus de 10 % de notre population. On trouve des sportifs wallisiens et futuniens dans le premier tiers des médaillés des 24 nations qui, traditionnellement, se retrouvent dans les différentes compétitions sportives du bassin Pacifique.

Je vais laisser la parole au directeur de la jeunesse et des sports, au président du CTOS puis au président de l'Union des sports scolaires.

M. Christophe Combette, chef du service territorial de la jeunesse et des sports. - Je vais compléter le propos de M. le préfet en reprenant les trois axes de votre étude. La pratique sportive tient une place importante sur le territoire et l'assemblée territoriale a mis en place un code territorial du sport entré en vigueur le 1er janvier 2017, qui reprend des éléments du code national. La pratique doit être réglementée sur deux aspects : la qualification de l'encadrement et l'obligation d'assurance. La sécurité des pratiquants est une priorité des élus et du mouvement sportif. Certaines disciplines comme le volleyball - 100 licenciés mais près de 600 à 700 pratiquants - sont très populaires. Sur le deuxième axe de votre étude, relatif aux parcours de haut niveau, il est impossible à ce jour sur le territoire de structurer un pôle d'entraînement et les talents repérés sont orientés pour quelques-uns vers la Nouvelle-Calédonie mais surtout vers la métropole, sur la base d'un projet à la fois sportif, scolaire et social. Mon service leur offre un accompagnement et rencontre les familles pour expliquer ce qui attend le jeune sportif en métropole car le départ est souvent un arrachement. Mais le départ est aussi pour ces jeunes un gage de découverte d'une autre culture et nécessite d'acquérir une capacité d'autonomie en apprenant à gérer son argent et toutes les formalités administratives. Le premier problème est d'obtenir un numéro de sécurité sociale. Il y a actuellement une trentaine de sportifs wallisiens et futuniens en métropole, dont 8 sont sur la liste ministérielle du haut niveau ; les disciplines de la majorité d'entre eux sont le rugby, le volleyball et l'athlétisme.

Si le sport est un vecteur important de rayonnement pour le territoire, le souci majeur reste les déplacements, qui sont très onéreux, surtout lorsqu'ils concernent une équipe. Il y a certes les aides de l'État mais elles ne couvrent pas tous les déplacements ni l'ensemble des frais si bien que les associations privilégient les compétitions régionales d'importance, ce qu'on appelle ici les Océania, ou les rencontres internationales. Ce rayonnement est indispensable pour le développement du sport de haut niveau. Un objectif pour le territoire est de faire venir les fédérations pour le repérage des talents. L'assemblée territoriale a mis en place des aides financières non négligeables pour ces sportifs : le montant d'une bourse pour les sportifs de haut niveau s'élève à 450 000 francs Pacifique, soit pas loin de 3 500 euros. Les bourses d'excellence sont destinées à des sportifs qui ne relèvent pas encore du haut niveau mais sont des partenaires d'entraînement des sportifs de haut niveau ; elles se situent aux alentours de 300 000 francs Pacifique, soit près de 2 500 euros par an. Enfin, les primes aux résultats sont versées aux athlètes wallisiens et futuniens qui ont brillamment représenté le territoire dans les compétitions, en métropole ou dans les territoires voisins.

M. Etuato Mulikihaamea, président du Comité territorial olympique et sportif (CTOS), président du comité territorial de rugby. - À mon tour je souhaite saluer l'initiative de la délégation de donner la parole aujourd'hui aux acteurs territoriaux par le biais de cette visioconférence qui offre l'occasion d'une expression directe.

Quels que soient les moyens disponibles, on a toujours tendance à considérer qu'ils sont insuffisants ; je voudrais souligner sur cette question des moyens une caractéristique de notre territoire : le mouvement sportif local ne bénéficie pas du soutien financier de partenaires privés ; il n'existe pas de sponsoring à Wallis-et-Futuna et c'est un véritable handicap. La plupart des financements émanent de l'État, de subventions du CNDS et, pour une faible part, de notre collectivité territoriale. Tant sur la réglementation des licences que des assurances ou la formation des athlètes, nous essayons de nous mettre en conformité avec les exigences de nos fédérations de tutelle pour que nos athlètes soient reconnus comme issus de la formation française. Nous nous efforçons également de faire valider nos ligues auprès des fédérations nationales et d'obtenir la labellisation des centres d'entraînement sur nos territoires.

Comme ailleurs dans les outre-mer, nos athlètes sont conduits à concourir sous la bannière de leur territoire lors des rencontres régionales regroupant les 22 territoires du bassin Pacifique, que ce soit les Jeux du Pacifique ou les Mini-jeux. Or, dès lors qu'ils ont participé à des compétitions au niveau national, nous ne pouvons plus les faire jouer sous les couleurs du territoire : il faudrait faire évoluer cette réglementation et abolir cette incompatibilité pénalisante, nous le constatons fréquemment que ce soit en volleyball, en athlétisme ou encore en rugby. Instaurer une passerelle serait favorable au rayonnement des territoires et même de notre pays.

La participation aux championnats de France est peut-être le seul moyen pour nos jeunes talents, nos jeunes athlètes de se montrer et de trouver l'opportunité d'être détectés pour intégrer un pôle espoir. Or, le coût des déplacements est un autre écueil car les tarifs aériens sont extrêmement élevés ; rien qu'un déplacement vers Nouméa coûte entre 600 et 700 euros ! Dès lors, la détection s'effectue localement mais nous souffrons également d'enclavement au sein même du bassin Pacifique. Nous sommes entourés d'îles qui sont des nations majeures dans le sport mondial, telles la Nouvelle-Zélande, l'Australie ou encore les Fidji pour le rugby, et nous essayons de développer des échanges. Mais le prix du transport est un frein important.

M. Christian Borate, inspecteur principal à l'éducation nationale et représentant de la vice-rectrice, présidente de l'Union nationale du sport scolaire (UNSS). - Je représente Mme la vice-rectrice en sa qualité de présidente de l'UNSS, qui m'a confié la mission de l'EPS sur le territoire pour le premier et le second degré. Dans le premier degré, confié à la mission catholique, comme dans les collèges et les lycées, les programmes nationaux sont appliqués. Dans le premier degré, la polyvalence des enseignants est épaulée par le concours des intervenants du service territorial de la jeunesse et des sports ; des projets de formation des enseignants sont menés et, actuellement, un projet liant sport et santé est conduit en partenariat avec nos voisins de Fidji. Les parents sont associés aux actions menées dans le cadre scolaire. Pour la deuxième année consécutive, le 1er juin sera une journée de manifestation qui regroupera l'ensemble des membres de la communauté éducative, mais également des partenaires tels que l'agence de santé. Avec les jeunes, nous abordons le lien entre la pratique sportive et la santé sous forme de questions simples sur le bien-vivre, l'importance de s'hydrater et de manger sainement. Dans le second degré, le dispositif est identique à celui en place en métropole, avec l'Union nationale du sport scolaire. Dans les trois sections sportives que nous avons mises en place, la sélection des jeunes talents prend en compte à la fois leurs performances sportives et leurs résultats scolaires. Tout l'enjeu de notre réflexion est de définir le chemin pour conduire les élèves de l'éducation physique et sportive (EPS) vers le parcours d'excellence sportive (PES), en essayant de conjuguer les interventions de tous les acteurs qu'ils soient scolaires, associatifs ou institutionnels.

M. Michel Magras, président. - Je vous remercie pour la qualité de vos exposés qui vont nous aider à établir un état des lieux mais aussi à formuler un certain nombre de préconisations pour que le territoire puisse avancer et que le sport puisse continuer à jouer son rôle intégrateur, d'équilibre social, mais aussi d'émulation, de performance et du rayonnement.

Mme Viviane Malet, co-rapporteure. - Pouvez-vous revenir sur la problématique de la bannière sous laquelle les sportifs de haut niveau wallisiens et futuniens peuvent ou ne peuvent pas concourir ?

M. Jean-Francis Treffel. - Nous sommes ici dans l'environnement Pacifique et nos plus proches voisins, la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie française, sont des collectivités dotées de l'autonomie dont les sportifs représentent leur territoire et non la France dans les manifestations sportives. Bien que relevant de l'article 74 de la Constitution, Wallis-et-Futuna est une collectivité dont les compétences s'apparentent à celles d'un département et nos sportifs se produisent à l'extérieur en compétition sous la bannière de la France.

Mme Viviane Malet, co-rapporteure. - Je vous remercie de cet éclaircissement. Le ministère des outre-mer a mis en place une enveloppe financière pour des projets innovants et j'ai vu que Wallis-et-Futuna s'était positionné sur un projet de piscine flottante.

M. Christophe Combette. - Permettez-moi de revenir brièvement sur le sujet de la représentation de Wallis-et-Futuna lors de sa participation à des jeux extérieurs ou dans les organisations régionales. Dans le bassin du Pacifique sud, la plupart des territoires, anciennes colonies britanniques, constituent des États indépendants et le statut de Wallis-et-Futuna ne lui confère pas des capacités équivalentes de représentation. Ainsi, dans les formations régionales de certaines fédérations, comme l'organisation océanienne du volleyball, les représentants wallisiens et futuniens n'ont pas voix délibérative ; ils siègent en spectateurs et ne peuvent être co-décideurs des actions menées.

M. Etuato Mulikihaamea. - Dès lors que nous sommes affiliés à une fédération française nous ne pouvons être que membre consultatif au niveau régional. Les représentants de Wallis-et-Futuna ne peuvent pas voter aux assemblées générales des fédérations océaniennes de volleyball, rugby ou autres.

La question que j'avais évoquée précédemment était la difficulté à faire participer à des compétitions régionales du type Jeux du Pacifique des athlètes wallisiens ou futuniens évoluant en métropole. Les fédérations et clubs métropolitains n'acceptent pas leur retour au pays pour ces compétitions. Les athlètes appartiennent aux clubs, qui les rémunèrent, les assurent, les nourrissent...

Mme Viviane Malet, co-rapporteure. - Combien de déplacements financez-vous chaque année, en individuel ou par équipe ?

M. Etuato Mulikihaamea. - Je vais vous parler de ma discipline, c'est celle que je maîtrise le mieux. En rugby ça représente entre 150 et 200 billets d'avion par an, entre Wallis et Futuna, Wallis et la Calédonie, Wallis et la Nouvelle-Zélande, Wallis et Fidji. Il y a des championnats du monde de rame, le va'a, qui se dérouleront cette année en Polynésie française : il y aura une délégation de quelque 150 personnes pour le championnat des clubs et une de 15 personnes pour le championnat du monde élite. Entre le rugby, le va'a, le volleyball, l'athlétisme ou encore la pétanque, les déplacements sont nombreux pour pouvoir participer aux compétitions.

M. Michel Magras, président. - Vous serait-il possible pour nous adresser un tableau récapitulatif par discipline des besoins en déplacements de manière à ce que l'on puisse montrer que leur coût est un facteur bloquant ?

Mme Gisèle Jourda, co-rapporteure. - Je reviens sur les équipements sportifs dont il a été dit que les 4/5 étaient vétustes. Quelle est la teneur du plan d'équipement, ses priorités ? Quels types d'équipements sont envisagés ? Y a-t-il une part d'équipements scolaires ? Peut-on avoir davantage de précision sur votre indicateur de programmation ? Concernant les compétitions régionales, je voudrais savoir ce que sont les Océania ? Par ailleurs, le développement du sport-santé vise-t-il d'autres publics que les jeunes, les adultes, les personnes âgées ?

M. Christophe Combette. - Concernant les Océania, ce sont en quelque sorte les jeux olympiques du Pacifique sud ; ils rassemblent les nations du Pacifique sud sur l'ensemble des activités sportives, rugby, volleyball, athlétisme... Pour revenir aux 59 équipements sportifs recensés à Wallis-et-Futuna, ils n'appartiennent pas pour la plupart à la collectivité ou à l'État mais aux villages et aux propriétaires fonciers que sont les chefs coutumiers ou certaines familles. C'est le cas pour 14 des 15 terrains de boules. Sur l'ensemble des équipements sportifs recensés, 85 % sont vétustes, c'est-à-dire qu'ils ont plus de 18 ans d'âge et qu'ils n'ont jamais fait l'objet d'une réhabilitation ou d'une réparation de grande ampleur. Ils ont parfois subi de petites réparations, électriques par exemple, ou un modeste embellissement de peinture, mais pas de réelle réhabilitation pour les mettre aux normes. Ici, il n'y a pas d'exigence normative comparable à ce qui existe en métropole pour les équipements. L'indice de programmation que nous avons conçu est lié à trois facteurs : le degré de délabrement, l'enjeu de sécurité, un indice fonctionnel d'utilisation effective par la population. La combinaison de ces indices nous donne un indice de programmation : la priorité des priorités va aux équipements affectés par un problème de sécurité ; en priorité numéro 2 figurent les équipements délabrés qui ont un fort impact fonctionnel ; en priorité numéro trois les équipements vétustes dont l'impact fonctionnel est moindre. Une autre catégorie pourrait être celle des nouveaux équipements dont la fonctionnalité potentielle serait élevée.

Concernant la sécurité, une halle est actuellement en réfection parce qu'on a un problème de solidité de charpente pour l'accrochage de panneaux de basket : le marché public a été passé et les travaux sont en cours ; ils seront finalisés en octobre 2018. Pour les équipements gravement délabrés relevant de la priorité numéro 2, donc à fort taux d'utilisation, deux plateaux sportifs sont en cours de réhabilitation, un dans le nord de l'île et l'autre dans le sud ; ils étaient devenus de simples dalles en béton et l'on va en faire des city stades permettant une pluralité d'activités telles que le handball, le volley, le basket, le foot brésilien ; l'accès doit être réservé aux scolaires dans la journée et en soirée aux associations. Mais pour cela, il faut un système d'éclairage photovoltaïque car à 17 h 30 il fait nuit. Il est aussi important d'avoir un point d'eau.

Sur la question relative à l'appel à projets pour des équipements sportifs innovants, le territoire a élaboré une étude d'implantation de piscines, une à Wallis, une à Futuna, car il n'y en a aucune actuellement. La dimension innovante porte sur le fait que ces piscines seraient installées en milieu naturel, avec un dispositif permettant leur démontage en moins de deux heures en cas d'alerte météorologique.

Sur le sport-santé, de nombreuses actions sont menées pour développer la prévention, en lien avec l'agence de santé et l'ensemble des acteurs, afin de lutter contre les maladies chroniques, notamment l'obésité. Il y a quinze jours, nous avons ainsi organisé une sorte de rencontre sportive mêlant jeunes et moins jeunes, autour du volley, de la pétanque et du football ; cet événement a rassemblé près de 1 200 personnes, soit près de 10 % de la population sur une journée. La population est de plus en plus sensibilisée à cette problématique et les fonds alloués par le ministère des sports, que je représente, s'orientent de plus en plus sur les projets associatifs, en lien avec le Centre national du développement du sport (CNDS).

M. Maurice Antiste. - Quels sont les obstacles qui vous empêchent de trouver des financements privés ?

M. Etuato Mulikihaamea. - Les commerçants, les entreprises implantées localement fonctionnent sur un modèle monopolistique et n'ont donc pas à organiser leur visibilité, que ce soit dans la presse ou à l'international ; ils ne cherchent donc pas à développer des actions de sponsoring. Par ailleurs, la fiscalité locale ne leur permettrait pas de payer moins d'impôts en accordant leur soutien aux milieux associatifs ou aux clubs.

M. Michel Magras, président. - À Saint-Barthélemy, qui constitue un petit marché de quelque 10 000 habitants, la part du privé dans l'événementiel sportif est très importante ; mais bien sûr, la logique économique y est différente.

M. Etuato Mulikihaamea. - Si nous parvenons à finaliser nos projets, c'est souvent grâce à l'autofinancement. De nombreux déplacements sont pris en charge par les familles qui mettent la main à la poche pour permettre à leur petit d'aller participer à une compétition hors du territoire.

M. Michel Magras, président. - Cela est fréquent dans toutes les collectivités ultramarines. J'ai noté que vous aviez trois activités principales, le rugby, le volleyball et l'athlétisme ; quelle est la part des sports nautiques ? Je pense au surf, à la planche à voile, à la voile elle-même ? En second lieu, pouvez-vous nous dire s'il existe une stratégie de développement du handisport ? Pouvez-vous enfin nous dire quelques mots sur la formation et l'encadrement ? J'ai bien compris que les diplômes étaient les mêmes que dans l'hexagone mais existe-t-il une programmation de la formation des cadres et quelle est la place du bénévolat ? Vous nous avez parlé d'une cinquantaine d'associations, les aidez-vous ? Concernant la détection des talents pour le haut niveau, à quelle occasion s'opère-t-elle ? Est-ce au moment des jeux qui se déroulent dans l'espace Pacifique ? En matière de sport scolaire, les compétitions organisées dans vos deux îles dans le cadre de l'UNSS permettent-elles aux meilleurs de se qualifier pour ensuite intégrer la compétition au niveau national ? J'ai bien noté votre souhait que les athlètes du territoire partis en métropole puissent y revenir pour défendre les couleurs de Wallis-et-Futuna dans les rencontres régionales, ce qui devrait logiquement être en quelque sorte « de droit ». Sur la question de la capacité de représentation, la collectivité de Saint-Barthélemy n'a pas la compétence sportive si bien que nos sportifs participent aux compétitions régionales sous la bannière de la France et doivent passer par les ligues guadeloupéennes, les fédérations françaises.

M. Etuato Mulikihaamea. - Les sports nautiques ont du succès sur notre territoire car nous sommes entourés du plus beau lagon du monde. Nous avons de la voile contemporaine avec une école de voile, un club de plongée qui se professionnalise progressivement et accueille des touristes désireux de faire leur baptême de plongée, deux clubs de va'a qui fonctionnent très bien et vont participer aux championnats du monde au mois de juillet en Polynésie française ; il y a aussi un club de kite-surf et de paddle, mais plutôt pour le moment comme sport-loisir même s'il est probable que nous ayons prochainement de sérieux candidats pour la compétition dans ces disciplines. Le va'a et la voile se développent bien dans le cadre scolaire, tant dans le premier degré que dans le second degré. Nous avons des athlètes handisports, dont un qui a été champion olympique ; s'il n'a pu, pour des raisons d'inscription tardive, participer aux derniers Mini-jeux au Vanuatu l'année dernière, nous avons pu y présenter un jeune très prometteur pour représenter l'athlétisme.

Sur la détection pour former des sportifs de haut niveau, il n'y a pas vraiment de politique bien établie et nous devons y travailler. Actuellement, il appartient à chaque ligue de faire venir de la métropole le DTN ou des cadres techniques pour procéder au repérage des talents. Cette façon de procéder a déjà prouvé son efficacité en volleyball. Pour le rugby, ce sont des clubs professionnels qui viennent prospecter, et même les néo-zélandais.

Toutes les associations du territoire, les clubs sportifs fonctionnent avec des bénévoles ; très peu de ligues ont des salariés. Les personnes qui travaillent auprès des ligues sont mises à disposition par le service territorial de la jeunesse et des sports (STJS) et bénéficient de financements spécifiques comme ceux du Fonds de coopération de la jeunesse et de l'éducation populaire (FONJEP). Pour la formation des bénévoles, j'ai amorcé la réflexion car je suis fraîchement élu du mouvement sportif ; mais de par mon expérience de président du comité territorial de rugby, c'est un point sur lequel nous souhaitons mettre l'accent cette année au niveau du CTOS. Il existe un Centre de ressources et d'information des bénévoles (CRIB), mais il n'est pas opérationnel. Il lui faudrait pouvoir accueillir les secrétaires généraux, les trésoriers et les bénévoles des associations pour accompagner leurs structures et leurs adhérents.

M. Christophe Combette. - Concernant les sports nautiques sur le territoire, il y a une stratégie de développement durable qui est mise en oeuvre jusqu'en 2030, à laquelle l'activité nautique est intégrée. Au niveau du STJS, cette mission du développement des activités nautiques a été confiée à un agent sur une base de mutualisation de matériels et de sites entre plusieurs activités nautiques ou même aquatiques.

Pour le handisport, il existe effectivement un club à Futuna ; cela concerne essentiellement l'athlétisme, donc des sports individuels. Il existe aussi sur Wallis des fauteuils de mise à l'eau pour l'activité nautique et ainsi toutes les personnes en situation de handicap, même tétraplégiques, peuvent accéder à cette activité.

En matière de formation et d'encadrement, l'ensemble des diplômes français est reconnu par le code territorial du sport. Ces diplômes, au nombre d'environ 800, figurent dans l'annexe au code du sport au niveau national : ce sont des certificats de qualification professionnelle, des brevets d'État, des brevets professionnels, des diplômes d'État supérieurs. La liste évolue sans cesse et nécessite une actualisation corrélative du code territorial : une de mes demandes, pour simplifier cette mise à niveau, serait d'étendre à Wallis-et-Futuna l'article pertinent du code national pour éviter cette actualisation récurrente du code territorial, qui intervient nécessairement a posteriori. Il reste que tous les acteurs désireux de s'orienter vers des formations sportives sont systématiquement dirigés vers des formations métropolitaines et reçoivent en principe des aides spécifiques en matière de mobilité et de prise en charge des frais pédagogiques. Cependant, les organismes de formation du ministère des sports ne se sont pas manifestés à temps auprès de l'Agence de l'outre-mer pour la mobilité (LADOM), si bien que les jeunes Wallisiens et Futuniens souhaitant accéder aux formations aux diplômes dans les disciplines sportives n'ont pas pu bénéficier de cette possibilité de prise en charge. Mais nous avons désormais établi les contacts nécessaires pour que tout se passe bien l'année prochaine.

Concernant le repérage et la détection des sportifs destinés au haut niveau, leur sélection s'opère au travers de multiples réseaux, au niveau des services de l'État comme des associations et fédérations. Cependant, certaines fédérations comme celle d'haltérophilie ignorent l'existence de Wallis-et-Futuna. Notre action auprès des fédérations est donc importante. Il y a beaucoup de fédérations qui sont dans de telles dispositions et la fédération de canoé-kayak où il y a le va'a pose aussi quelques problèmes réglementaires. Dans le cadre de l'UNSS, il n'y a pas de possibilité de sélection d'équipes de Wallisiens ou Futuniens pour participer aux championnats de France ; cette éventualité n'existe que pour les sports individuels.

M. Michel Magras, président. - Devant m'éclipser, je vous remercie pour vos importants témoignages et confie la présidence de la suite de la réunion à notre vice-président de la délégation et votre sénateur, Robert Laufoaulu. Je rebondis un instant sur la question de la mobilité et le rôle de LADOM pour observer l'omniprésence de la problématique de la continuité territoriale et pour dire qu'il devrait y avoir une prise en charge puisque les formations ne peuvent s'effectuer sur place. J'imagine que vous avez une représentation territoriale de LADOM ?

M. Jean-Francis Treffel. - Effectivement, nous avons passé une convention avec Campus France et sommes en relation avec LADOM dont le siège est au ministère des outre-mer.

M. Christian Borate. - Concernant les compétitions, elles ont lieu respectivement sur les îles de Wallis et de Futuna puis il y a des rencontres inter-îles. Mais, comme vient de le rappeler le responsable de la jeunesse et des sports, il n'y a pas ensuite, dès lors que la participation est assujettie à un championnat préalable pour qualifier les équipes, de participation de nos équipes aux championnats de France UNSS.

M. Etuato Mulikihaamea. - Il y aurait sans doute une solution à cela : dans le cadre de l'UNSS, réserver un accès aux phases finales pour les ultramarins en ce qui concerne les sports collectifs comme le volleyball ou le rugby. Le problème ne se pose pas pour les sports individuels puisque la compétition se déroule généralement sur une ou deux journées. On pourrait peut-être réserver une place pour le Pacifique, une pour l'océan Indien et une pour les Caraïbes afin de permettre une participation des outre-mer.

Mme Viviane Malet, co-rapporteure. - Quel est le taux de femmes dans les clubs ou dans les parcours de haut niveau, au sein des ligues et dans l'encadrement ?

M. Etuato Mulikihaamea. - Vous voulez parler des pratiquants, des athlètes ou des dirigeants et présidents d'associations ?

Mme Viviane Malet, co-rapporteure. - Pour toutes ces catégories.

M. Etuato Mulikihaamea. - Je ne dispose pas des données précises mais je peux vous garantir que dans certaines disciplines, comme le badminton, la danse ou l'athlétisme, les femmes sont très présentes. Les femmes pratiquent aussi beaucoup le volleyball à Wallis-et-Futuna, et de plus en plus le rugby, avec le rugby scolaire chez les lycéennes. La place des femmes dans le mouvement sportif, en tant que pratiquantes, n'est pas contestée ; elles honorent leur sélection par de brillants résultats dans les jeux régionaux. En revanche, concernant les encadrants bénévoles et les dirigeants de clubs, on peine à les faire venir ; par exemple, au niveau du comité directeur du mouvement sportif, nous avons une seule élue comme présidente de ligue ; il s'agit de la ligue de karaté.

Mme Gisèle Jourda, co-rapporteure. - En écho à mon accent du sud et à l'attachement que les Carcassonnais portent au rugby, je veux saluer les performances féminines dans cette discipline depuis quelques années et j'espère que les jeunes filles de Wallis-et-Futuna actuellement formées dans le cadre scolaire intégreront un jour l'équipe nationale !

M. Christophe Combette. - Sur les huit sportifs de haut niveau actuellement en métropole, cinq sont des filles. Elles sont donc majoritaires.

M. Robert Laufoaulu, vice-président. - Lors de son audition par notre délégation, Mme Laura Flessel, ministre des sports, avait annoncé qu'elle acceptait l'invitation de Wallis-et-Futuna à se rendre sur le territoire : il faudra programmer cette visite. Par ailleurs, avez-vous des nouvelles de la mission d'inspection dont il avait été question ?

M. Christophe Combette. - Lors de ma dernière rencontre au ministère des sports pour préciser la spécificité du territoire de Wallis-et-Futuna dans la mise en oeuvre des politiques ministérielles jeunesse et sports, une inspection générale a été demandée pour mieux cerner le contexte. Pour les engagés du service civique par exemple, les contrats sont en moyenne de 8 mois et d'au moins 12 mois sur le territoire, ce qui s'explique par le fait que la détention d'un contrat de cette durée est la condition posée par l'unique banque du territoire pour ouvrir un compte. C'est un effet du monopole ! Concernant l'inspection demandée, j'ai relancé mes collègues inspecteurs généraux mais n'ai pas encore eu de retour. De votre côté, Monsieur le sénateur, avez-vous eu une réponse de la ministre pour sa venue sur le territoire ?

M. Robert Laufoaulu, vice-président. - Je n'en ai pas eu et vais réactiver son cabinet.

Pour évoquer le sport traditionnel et alors que nous avons déjà évoqué le cricket, j'aimerais suggérer de procéder à un inventaire et de relancer la pratique car beaucoup de jeunes ne s'y intéressent qu'à l'occasion de certains événements, comme le 14 juillet.

M. Christian Borate. - Il se trouve actuellement une volonté de développer la pratique des sports ou des activités traditionnels chez les jeunes. Notre population est particulièrement performante dans les disciplines de lancer, qu'il s'agisse du javelot, du disque ou du poids.

M. Robert Laufoaulu, vice-président. - Nous parvenons à la fin de notre entretien et je voudrais remercier l'ensemble des participants. Notre délégation a beaucoup appris et nous sommes heureux d'avoir pu recueillir vos observations et suggestions. Les échanges en direct avec la métropole ne sont pas si fréquents !

Jeunesse des outre-mer et sport - Visioconférence avec Saint-Pierre-et-Miquelon

M. Michel Magras, président. - Après le Pacifique ce matin avec une escale à Wallis, nous rejoignons ce soir l'hémisphère nord et l'Atlantique en poursuivant avec Saint-Pierre-et-Miquelon notre cycle de visioconférences sur notre étude traitant de la jeunesse des outre-mer et du sport.

Une équipe de quatre sénatrices a été désignée pour élaborer cette étude : Catherine Conconne, sénatrice de la Martinique, pour représenter les territoires du bassin Atlantique, Gisèle Jourda, sénatrice de l'Aude, pour l'hexagone, Viviane Malet, sénatrice de La Réunion, pour le bassin de l'océan Indien, et Lana Tetuanui, notre collègue de la Polynésie française, pour le bassin Pacifique. Je dois excuser Catherine Conconne, retenue en Martinique par des urgences locales.

Au nom de l'ensemble de la délégation, je vous remercie, Mesdames et Messieurs, d'avoir répondu favorablement à notre sollicitation et de vous être mobilisés aussi nombreux.

Le sport est un secteur d'activité dans lequel nos outre-mer excellent et les enjeux, pour nos territoires, du développement de l'activité sportive sont forts et multiples. Notre étude se structure autour de trois axes principaux figurant dans la trame qui vous a été transmise : les moyens et les objectifs des politiques de développement de la pratique sportive, ainsi que son impact social pour la jeunesse ; le sport de haut niveau et les parcours des sportifs ultramarins ; le sport comme vecteur de rayonnement des territoires dans leur espace régional et à l'international.

Nous vous invitons à nous faire part de vos préoccupations comme de vos sujets de fierté, afin que nous puissions fidèlement relayer vos messages. Vos suggestions seront également les bienvenues. Nous avons grand plaisir de voir que Stéphane Artano est à vos côtés et je lui cède la parole.

M. Stéphane Artano, sénateur de Saint-Pierre-et-Miquelon. - Nous sommes heureux de vous accueillir par visioconférence à Saint-Pierre-et-Miquelon.

M. Bernard Briand, 1er vice-président du conseil territorial, en charge du sport. - La pratique sportive à Saint-Pierre-et-Miquelon est une institution en tant que telle. Notre territoire est extrêmement actif et les chiffres le démontrent. Les relations de la collectivité avec le tissu associatif et sportif sont régulières et exemplaires. Les taux de licenciés au sein de l'ensemble des associations sportives sont de l'ordre de 44 % à 45 %. La collectivité a recensé quelque 63 associations ; certaines sont agréées par le ministère des sports, d'autres ne le sont pas mais la collectivité intervient de manière significative. Depuis 2012, nous avons mis en place un schéma de référence pour le développement durable de différentes formes de pratiques culturelles, artistiques, sportives ou de jeunesse. Dans le budget alloué par la collectivité sur ces cinq ou six dernières années, les crédits d'intervention, sous forme de subventions, sont passés de 600 000 à 950 000 euros. Ce financement est principalement orienté vers la jeunesse. Cette politique nous a permis d'asseoir le rôle majeur de la collectivité dans le développement du tissu associatif. La mise en oeuvre de la politique sportive participe d'un « pôle de développement attractif » qui intègre environ le tiers de l'ensemble des agents de la collectivité. Ces structures sont la patinoire, le centre culturel et sportif et la maison des loisirs, véritables poumons sociaux pour le territoire. Actuellement, la collectivité emploie vingt-deux éducateurs sportifs diplômés d'État dont onze à temps plein. Huit ont le statut de fonctionnaire et trois sont sous contrat de droit privé dont nous assumons 100 % de la rémunération. Les onze autres éducateurs sont couverts par différentes enveloppes de la collectivité attribuées sous forme de subventions auprès des opérateurs associatifs. En termes de masse salariale, cela représente près de 605 000 euros accordés par la collectivité qui a la volonté d'accompagner l'ensemble des acteurs associatifs.

Pour valoriser l'excellence sur le territoire, nous avons instauré depuis maintenant trois ans des bourses territoriales d'excellence : deux pour les 12-17 ans et une pour les 18-25 ans. Elles permettent aux lauréats d'obtenir 3 000 euros. Des sportifs de haut niveau, comme Mme Bénédicte Siosse ici présente, bénéficient également d'un nouveau dispositif sous la forme d'une bourse de 4 000 euros qui leur permet de participer à différentes manifestations, d'assurer la promotion du territoire et de démontrer à notre jeunesse qu'il est possible, même dans un territoire ultramarin, d'exceller dans le très haut niveau.

M. Afif Lazrak, secrétaire général de la préfecture. - Pour compléter le panorama, je rappellerai que sur une communauté d'âmes de 6 500 habitants, il y a 51 associations sportives et 9 ligues ou structures considérées comme des comités territoriaux. Nous n'avons pas - et c'est le paradoxe qui doit être pris en compte en termes de particularité pour le pilotage des politiques publiques sportives - d'échelon intermédiaire comme un comité territorial olympique et sportif.

Nous avons institué une mission sport au sein de la direction de la cohésion sociale, du travail, de l'emploi et de la population (DCSTEP), ici représentée par sa directrice, Mme Françoise Chrétien. Le sport est aussi pris en compte dans la politique publique de santé avec l'administration territoriale de santé (ATS), représentée par M. Alain Le Garnec, son directeur. C'est une politique interministérielle.

En termes d'infrastructures, Saint-Pierre-et-Miquelon dispose de deux salles polyvalentes, une à Saint-Pierre, l'autre à Miquelon, une piscine, un dojo, deux salles d'arts martiaux, trois salles de musculation, un trinquet, trois terrains de pétanque, une patinoire, un centre de voiles, un complexe de tennis couvert, trois stades ouverts à Saint-Pierre et un à Miquelon. Les sports de nature sont peu représentés alors que c'est une dimension sociale assez importante. Il y aurait peut-être à travailler sur cet aspect.

Mme Françoise Chrétien, directrice de la cohésion sociale, du travail, de l'emploi et de la population (DCSTEP). - La DCSTEP déploie avec la collectivité territoriale des politiques publiques en matière de sport à travers la commission territoriale du CNDS. Le bilan de 2017 met en exergue l'intervention financière auprès des associations à hauteur de 168 658 euros qui ont permis de soutenir des actions sportives mises en place par les associations dans des domaines variés : le judo, le football, le rugby, les activités équestres,...

Les subventions par association sont en moyenne de 29 022 euros. Sur l'année 2017, nous avons traité 29 dossiers de demande de subvention. Le nombre de demandes devrait être au moins équivalant pour 2018 car nous devons mettre en place, en lien avec toutes les associations qu'elles soient sportives ou non, la fête du sport. Nous sommes mobilisés sur cette orientation du ministère des sports depuis hier soir.

M. Alain Le Garnec, directeur de l'administration territoriale de santé (ATS). - Nous avons ciblé des messages sur des thématiques qui correspondent aux problèmes de l'archipel et aimerions profiter des événements sportifs pour les diffuser. Dans le cadre de mes fonctions précédentes, j'ai eu l'occasion de monter le premier marathon international des Comores et de faire passer un certain nombre de messages relatifs à la santé auprès des jeunes, sur la parité hommes-femmes, sur la lutte contre le VIH, le paludisme, etc. Sur la base de cette expérience probante, j'essaie d'imaginer ici, dans le cadre d'un certain nombre de compétitions sportives ou de manifestations, les connexions qui pourraient être établies entre sport et santé, surtout à destination des jeunes.

M. Dimitri Choî, président de la ligue de pelote basque. - Nous sommes rattachés à la Fédération française de pelote basque qui compte 16 000 licenciés. Nous apprécions particulièrement l'accompagnement des politiques et des institutionnels de l'archipel qui nous suivent dans nos différents projets. Nous avons des difficultés pour recruter un éducateur sportif titulaire des diplômes requis pour entraîner les jeunes sur une période qui va d'avril à septembre. Nous avons quelques partenariats régionaux. Au niveau international, nous travaillons sur un projet sur l'archipel et également sur un projet avec Miquelon, mais le bénévolat est de plus en plus rare et il est difficile de proposer de nouveaux projets à une population de 6 000 habitants.

Mme Christiane Macé, présidente du club de judo Butokuden Dojo. - Notre association a fêté cette année les cinquante-cinq ans de présence du judo sur le territoire. Nous sommes également énormément aidés par nos partenaires que sont le conseil territorial et l'État. Un jeune judoka, Florent Gaudy, est inscrit sur la liste des sportifs de haut niveau du ministère des sports. L'an passé, des sportifs de l'archipel et Florent Gaudy ont fait un stage à l'Institut national du sport du Québec, où s'entraîne l'équipe du Canada. Florent utilise la bourse de 4 000 euros pour effectuer ses déplacements. Nous menons différentes actions au niveau local car nous sommes attachés à faire vivre le judo sur l'archipel. Comme l'a souligné le président de la Fédération française de judo, en comparaison avec la pelote basque, notre sport est dans le top 5 des fédérations, avec près de 600 000 judokas sur le territoire national. Depuis une dizaine d'années, nous avons entre 140 et 150 licenciés sur le territoire. Nous sommes propriétaires de notre dojo. Les aides de l'État et du conseil territorial ne nous permettent pas, en même temps, d'effectuer des réparations sur le bâtiment et d'aider les jeunes à sortir de l'archipel, ce qui est très onéreux. Il y aurait peut-être quelque chose à faire de ce côté-là pour aider l'association. Nous avons créé cette année une association para-judo et accueillons des personnes handicapées. Pour leur permettre de bénéficier des différentes opportunités, nous avons sollicité le CNDS équipement qui nous a aidés à hauteur de 95 000 euros. Nous avons aménagé et rénové le bâtiment pour avoir dans le même espace un dojo et une salle de renforcement musculaire.

M. Michel Magras, président. - À Wallis-et-Futuna, le sport est une compétence de la collectivité qui a son propre code des sports mais qui est financé à 95 % par l'État. Sauf erreur de ma part, à Saint-Pierre-et-Miquelon, le sport est une compétence de l'État avec une volonté politique forte de la collectivité de s'impliquer dans le développement sportif et il y a une excellente collaboration entre les services. Pourriez-vous nous faire un point sur les infrastructures présentes sur l'archipel, sur l'articulation de leur financement entre l'État et la collectivité ? Quelle est la place du mouvement associatif local ? Quelle est la place du bénévolat ? Pourriez-vous préciser les actions menées en faveur des personnes handicapées ?

M. Bernard Briand. - En ce qui concerne les infrastructures, notre système est un peu hybride. Globalement, les infrastructures sportives appartiennent à la collectivité qui les met à la disposition des associations. Nous avons un centre culturel et sportif qui contient une salle de sports, une piscine, un espace pour le taekwondo à l'étage supérieur. La patinoire, le terrain de tennis, la maison des loisirs à Miquelon - qui en est le poumon social - sont des infrastructures de la collectivité. 65 de ses agents travaillent sur ces différents sites. Comme l'a évoqué Mme Macé, il y a également des infrastructures privées. Les terrains de football appartiennent aux associations footballistiques et sont gérés par elles. Le dojo a également sa propre infrastructure.

M. Patrick Lebailly, premier adjoint au maire de Saint-Pierre. - Contrairement à ce qui se fait en métropole où l'on retrouve principalement des infrastructures municipales, ici le conseil territorial est le principal propriétaire. Nous intervenons juste sur une zone multisports dédiée aux enfants, aux jeunes. À Saint-Pierre-et-Miquelon, quand ce n'est pas le conseil territorial qui en est le propriétaire, l'infrastructure appartient à l'association.

M. Bernard Briand. - Cela veut dire que les associations, comme les collectivités, ont des besoins d'investissement importants. Nos infrastructures sont vieillissantes. La patinoire a quarante ans, la piscine une cinquantaine d'années. Les propriétaires privés disposent également d'infrastructures vieillissantes. Les besoins sont supérieurs aux aides apportées par le CNDS.

M. Stéphane Artano. - Les cours de tennis couverts représentent une dépense de 1,7 million d'euros. La collectivité a rénové la patinoire pour un montant de 2,5 millions d'euros. Nous avons dépensé plus de 4 millions pour la rénovation d'une structure vieille de quarante ans !

On a un coefficient démultiplicateur en termes d'investissement public qui vient compliquer l'équation financière quand on veut mener à bien des investissements. Le judo a été une des premières associations à être propriétaire de son infrastructure, mais c'était à l'époque un choix philosophique et ses membres sont très attachés à cette propriété. Par la suite, d'autres associations comme la foulée des îles ont fait construire leur infrastructure avec le soutien de l'État et de la collectivité. De plus en plus d'associations ont porté en direct des projets d'investissement pour ne pas être confrontées aux problématiques sur lesquelles nous avions butées. C'est un phénomène qui crispe un peu les élus. Mais nous intervenons par la suite pour soutenir les clubs quand l'infrastructure est montée. Il nous faut responsabiliser les acteurs pour éviter de basculer dans une mise à disposition totale et complète, gérée par une collectivité.

M. Michel Magras, président. - Le privé intervient-il au titre de sponsor ?

M. Stéphane Artano. - Le privé intervient essentiellement au titre du mécénat quand il y a, par exemple, des déplacements, de grands événements ou des manifestations.

M. Patrick Lebailly. - Au cours des soixante dernières années, deux phases se sont succédé dans l'investissement sportif. Lors de la première phase, les associations cherchaient à être propriétaires de leur installation ; depuis les années 1980, elles sollicitent l'aide de l'État et de la collectivité afin de réaliser leur projet. Il est vrai qu'à Saint-Pierre-et-Miquelon il n'est pas facile de trouver des terrains et que la collectivité territoriale est le premier propriétaire foncier de l'archipel.

Mme Gisèle Jourda, rapporteure. - S'il y en a, quels sont les programmes en faveur du sport scolaire ? Quels projets avez-vous développé en matière de sport et de santé ? Pourriez-vous nous donner quelques précisions sur le financement des sorties mis en place par certaines associations qui, comme le judo, associent à leurs déplacements des personnes en situation de handicap ?

M. Bernard Briand. - La collectivité met à disposition de l'ensemble des établissements scolaires ses cinq maîtres-nageurs et deux éducateurs à la patinoire. Ils interviennent sous couvert de la responsabilité du professeur des écoles en charge de la discipline. Cette structuration est très différence de celle de la métropole où des collectivités mettent à disposition des écoles primaires et élémentaires des éducateurs qui animent diverses activités.

M. Hervé Huet, président de la ligue de football de Saint-Pierre-et-Miquelon. - Depuis cinq ou six ans, la ligue intervient dans les écoles primaires. Pendant la période hivernale, nous disposons d'un éducateur qui intervient du CP/CE1 jusqu'au CM2. Sur Miquelon, nous prévoyons de mettre en place en septembre 2019 une section sportive scolaire qui sera ouverte aux collégiens et lycéens.

M. Patrick Lebailly. - La mairie de Saint-Pierre est propriétaire d'une école municipale de voile et nous avons sept permanents sur place. Cette école est mise à disposition des établissements scolaires de début mai jusqu'au 30 juin, puis de septembre à mi-octobre. Les enfants peuvent avoir des cours de voile dès le primaire.

Mme Christiane Macé. - Nous avons trois sections sportives de judo : une dans le collège privé, et deux au sein du collège/lycée Émile Letournel. Depuis 1995, nous disposons également d'une école du sport qui accueille sur toute l'année scolaire, pour six séances de judo, les enfants de la petite section de maternelle jusqu'au CM2. Cette première formation est poursuivie au niveau collège-lycée par des cycles d'éducation physique et sportive.

M. Michel Abraham, président de la ligue de taekwondo de Saint-Pierre-et-Miquelon. - J'ai fondé ce club en 1984 et il se porte très bien, avec environ 200 membres. Nous intervenons également en milieu scolaire et sommes en pourparlers pour mettre en place une section sportive scolaire. Actuellement, nous sommes locataires d'un local du centre culturel et sportif et nous pratiquons dans des conditions qui ne sont pas les plus adaptées en termes d'hygiène et de sécurité. Il y a quelques années, la fédération nous avait proposé de monter un dojo fédéral, en apportant une aide financière et humaine. Ce projet n'a pas encore pu être concrétisé.

Mme Bénédicte Siosse, ici présente, fait partie de l'équipe de France. Dans le passé, 4 autres athlètes de taekwondo en ont également fait partie. C'est une bonne chose pour les jeunes de notre archipel.

M. Michel Magras, président. - Comme dans d'autres collectivités, les infrastructures territoriales sont mises à disposition des établissements scolaires pendant la journée, et le soir à celle des associations et des clubs. Le responsable du taekwondo vient d'évoquer la relation verticale avec la métropole. J'aimerais que vous nous précisiez comment sont réalisés la détection et le suivi des jeunes athlètes. Quand les jeunes partent-ils, que deviennent-ils ensuite ? Y a-t-il à ce niveau des difficultés que vous souhaiteriez nous faire connaître ?

Si vous bénéficiez du CNDS, avez-vous également accès aux Fonds de continuité territoriale formation et déplacement et au Fonds d'échange à but éducatif, culturel ou sportif (FEBECS) ?

M. Éric Seguin, chef du pôle jeunesse, sport, cohésion sociale, vie associative et culture au sein de la DCSTEP. - Le FEBECS est applicable sur l'archipel, dans des proportions qui ont considérablement diminué en quelques années. Nous sommes passés de 80 000 - 90 000 euros, qui permettaient de soutenir la mobilité de jeunes pour des motivations sportives, à 8 400 euros pour l'exercice 2017. Cette somme ne permet pas aux jeunes d'exprimer leurs talents en métropole.

M. Alain Le Garnec. - J'ai trop peu d'ancienneté sur le territoire pour vous indiquer ce qui a pu être réalisé par le passé en matière de sport-santé et je vous parlerai plutôt de nos projets. Nous avons sensibilisé la direction générale de l'offre de soins à nos projets en matière de prévention, avec des thèmes très ciblés. Cette démarche a été couronnée de succès et nous avons obtenu une augmentation de notre budget de prévention que nous prévoyons d'utiliser de deux manières. Comme nous nous situons sur un territoire extrêmement structuré, avec des partenaires très actifs, nous envisageons de nous greffer sur un certain nombre de manifestations et de nous mettre d'accord avec les organisateurs sur les modalités de diffusion de messages de santé auprès des différents participants. La seconde utilisation correspond à un objectif particulier qui est de ramener des gens vers une pratique sportive qu'ils ont peut-être oubliée, voire de toucher des personnes qui ont été affectées par des maladies et pour lesquelles le sport pourrait constituer une réponse thérapeutique. Lors des Assises de l'outre-mer, le comité de santé s'est réuni et des femmes qui avaient suivi des traitements thérapeutiques lourds - physiques ou psychiques - nous ont parlé de cet accompagnement à la guérison que constitue le sport.

M. Éric Seguin. - Depuis plusieurs années, à travers la DCSTEP, l'État lance des appels à projet sport-santé qui ne sont malheureusement pas conçus en inter-ministérialité. Le dernier appel à projet a été lancé à la fin de l'été 2017 et a eu très peu d'écho puisque seuls deux organismes se sont positionnés, essentiellement pour des besoins matériels très peu onéreux, ce qui signifie que le concept même de cet appel n'était pas suffisamment précis ou lancé selon un calendrier un peu trop tardif pour permettre aux opérateurs de construire un projet plus élaboré. Avec les collègues de l'ATS, nous sommes en train de revoir le sujet en termes de calendrier et de contenu.

Mme Françoise Chrétien. - Depuis deux ans, nous avons décliné les politiques nationales du ministère des sports qui incluaient le sport-santé et notamment l'aspect sport et handicap. Des associations ont été mobilisées et ont répondu favorablement à nos appels. L'axe sport-santé, voire même bien-être, va être développé au cours de l'année 2018 et sera inclus dans les futurs appels à projets, en prenant en compte le schéma territorial de santé et le schéma territorial du sport. Il y a une prise de conscience de la nécessité d'effectuer un travail partenarial très étroit avec les associations et les institutions.

M. Michel Magras, président. - Y-a-t-il une participation de Saint-Pierre-et-Miquelon au sein de l'Union nationale du sport scolaire (UNSS) ?

M. Bernard Briand. - De manière épisodique, à l'occasion de deux ou trois déplacements, tant au titre de l'UNSS que de l'UGSEL (Union générale sportive de l'enseignement libre), pour des judokas inscrits dans la section sportive scolaire.

Mme Christiane Macé. - En 2010, Axel Apestéguy a été champion de France cadet dans la catégorie des moins de 80 kg. Deux plus tard, nous avons obtenu trois troisièmes places. Cette année, faute de financement, nous n'avons pas pu participer au championnat.

En ce qui concerne la détection et le suivi, Florent Gaudy est cette année en pôle France. Pascal Caron, venu sur notre archipel l'année dernière en qualité de conseiller technique fédéral, est reparti avec 3 judokas qui sont désormais au pôle espoir de Caen. Nous sommes en relation avec leurs entraîneurs. Cette année, un judoka se destine à intégrer un pôle espoir dans la région lyonnaise. Les responsables techniques sont en relation téléphonique ou par visioconférence avec nous et nous tiennent informés du suivi scolaire et sportif de nos jeunes.

Mme Bénédicte Siosse, athlète de haut niveau. - Je pratique le taekwondo à un haut niveau. Je suis licenciée dans un club de l'archipel et je m'entraîne depuis 5 ans dans un club performance à Grenoble. J'ai été détectée en 2010 par le directeur technique national (DTN) qui était venu à Saint-Pierre-et-Miquelon pour les 25 ans du club. Après un stage de 10 jours au CREPS PACA, je suis partie sur une coupe du monde francophone et j'ai intégré cinq mois plus tard l'équipe de France de taekwondo, à Aix-en-Provence. J'y suis restée trois ans avant de décider de partir car j'étais souvent blessée. J'ai été trois fois 2e du championnat de France. Je cherche à me qualifier pour les championnats d'Europe senior.

M. Michel Magras, président. - Pourriez-vous nous donner quelques précisions sur le financement de vos activités et la poursuite de votre formation professionnelle ? Pourriez-vous nous parler de vos difficultés à vivre loin de Saint-Pierre-et-Miquelon ?

Mme Bénédicte Siosse. - En 2016-2017, la collectivité m'avait aidée à hauteur de 4 000 euros, destinés à financer mes déplacements, notamment internationaux. Mon opération des ligaments croisés ne m'ayant pas permis de pratiquer mon sport, cette somme a été remise pour cette année et j'en remercie la collectivité. Le club et la ligue me permettent également de me déplacer. Je reviens deux fois par an à Saint-Pierre-et-Miquelon, tous les étés et lors de la période hivernale. Je suis en deuxième année de master STAPS en entraînement et optimisation de la performance sportive et je souhaite obtenir un diplôme d'État de la jeunesse, de l'éducation populaire et du sport (DEJEPS) afin d'être en mesure d'entraîner sur Saint-Pierre-et-Miquelon.

M. Michel Magras, président. - Chez nous, pour suivre les espoirs, que ce soit en tennis, en surf ou dans une autre discipline nautique, les parents partent souvent pour un certain temps avec leurs enfants et abandonnent temporairement leur vie professionnelle.

Mme Lana Tetuanui, rapporteure. - Je voudrais m'adresser en priorité à mon collègue Stéphane Artano pour lui dire que nous tous, ultramarins, rencontrons les mêmes problèmes structurels. Comment trouver le point de convergence pour que les ultramarins fassent valoir auprès de l'État leurs intérêts et obtiennent d'être traités sur un pied d'égalité, sans toutefois méconnaître les différences de statuts ? En Polynésie française, la compétence en matière de sport a été entièrement transférée à la collectivité et nos communes investissent aussi dans les infrastructures.

M. Stéphane Artano. - Il serait intéressant que les ultramarins se réunissent pour en discuter, peut-être à l'issue des travaux de la délégation sénatoriale aux outre-mer. Si cette problématique avait été suffisamment mise en valeur, un dispositif aurait peut-être pu être envisagé dans le cadre de la loi Égalité réelle. Il y aura certainement un train de réformes à la suite des assises de l'outre-mer et il conviendrait d'affecter les moyens de manière équitable. À l'origine, tout est une question de moyens. La ministre l'avait évoqué lors de son audition, la diminution des moyens nationaux se répercute sur l'ensemble des territoires. À Saint-Pierre-et-Miquelon, la collectivité est très investie, ce qui lui a permis de disposer d'un niveau d'infrastructures exceptionnel et d'accompagner les sportifs. Nous avons un nombre très élevé de sportifs de haut niveau pour une population de 6 000 habitants. Mais cela engage une grande partie des finances publiques de la collectivité. Quand l'État donne, la collectivité donne également beaucoup. C'est un choix politique assumé car le sport est un facteur de cohésion sociale, avec un impact immédiat sur le taux de délinquance. Au travers des différentes activités, nos jeunes sont tenus. Pendant l'été, l'école municipale a imaginé des activités sportives itinérantes, à la carte.

M. Michel Magras, président. - Nos interlocuteurs de Nouvelle-Calédonie avaient également souligné l'impact d'intégration sociale du sport.

Mme Lana Tetuanui, rapporteure. - La collectivité de la Polynésie française consacre également beaucoup de moyens au développement du sport et j'ai découvert récemment l'existence du FEBECS. Dans l'intérêt de notre jeunesse, il faut explorer toutes les possibilités d'aide financière et veiller à une allocation équitable.

M. Michel Magras, président. - Celui qui demande la compétence doit pouvoir la financer. Je comprends la démarche de Lana Tetuanui qui lie transfert des compétences et transfert des moyens. Nous verrons comment cette idée pourra être reprise dans nos préconisations.

Mme Ludivine Quédinet, judoka - Je suis une élue, représentante du mouvement sportif associatif au sein du CNDS et présidente d'un club de football de 250 adhérents. À Saint-Pierre-et-Miquelon, le tissu sportif est dense et motivé. Les bénévoles sont très investis, avec des contraintes particulières. Par exemple, pour les déplacements sportifs, ils doivent prendre sur leurs congés pour accompagner les sportifs. Nous sommes propriétaires d'un complexe sportif vieillissant, mis en place en 1953, et nous devons procéder à des travaux régulièrement. Nous sommes soutenus par l'État, la collectivité territoriale, le CNDS et, de manière plus ponctuelle, par la Fédération française de football (FFF). Pour ce qui concerne le fonctionnement, nous sommes également aidés par le CNDS, la collectivité, la mairie de Saint-Pierre et la FFF. L'État intervient sur des aides liées à la jeunesse et au FEBECS, même si ces dernières sont en constante diminution.

Par rapport aux clubs de métropole, il faut souligner que nous devons en même temps allier sport de masse et sport de bon niveau, ce qui n'est pas simple. Autre difficulté : compte tenu de nos particularités climatiques, notre pratique, nécessairement saisonnière, ne se déroule pas pendant la période scolaire mais pendant la période estivale. Comme nous sommes propriétaires de nos infrastructures, nous avons besoin de beaucoup d'emplois pour les gérer. Nous percevons des subventions de l'État pour embaucher des éducateurs mais elles sont insuffisantes et la diminution du taux de prise en charge des contrats aidés ne nous aide pas. Il va être très compliqué de trouver une solution.

Au sein de l'association, nous veillons à la qualité du lien social. Les aides apportées par le CNDS et la collectivité ont souvent pour objectif de mettre en place des actions en ce sens. Par exemple, nous avons organisé des tournois mixtes intergénérationnels. Sur l'Île aux Marins, nous avons créé une école de football qui emmène les enfants en vacances tout en les faisant participer à des stages sportifs.

M. Michel Magras, président. - Je voudrais revenir sur l'organisation verticale du mouvement associatif. J'ai noté que vous n'avez pas, à Saint-Pierre-et-Miquelon, de CTOS. J'imagine que, selon les disciplines sportives, vous ne pouvez pas avoir de ligues ou de fédérations. Vous gardez donc une relation avec les fédérations nationales françaises et la participation des sportifs se trouve intégrée dans le système national.

Les territoires français du Pacifique sont intégrés dans un grand environnement régional et participent aux Mini-jeux du Pacifique ; de même les îles françaises peuvent participer à l'organisation Caraïbe des sports en adhérant aux associations de la Caraïbe. En ce qui vous concerne, pour les manifestations événementielles, êtes-vous intégré dans votre environnement régional, notamment dans la sphère canadienne ?

M. Patrick Lebailly. - Pour participer à une compétition au Canada, nos sportifs doivent obtenir une licence canadienne. Nous sommes donc contraints à un double paiement des cotisations ou des adhésions pour obtenir les licences.

M. Michel Magras, président. - Cela se fait-il dans le cadre d'une contractualisation ?

M. Patrick Lebailly. - Non, c'est un accord entre les clubs. Il n'y a pas d'accord entre la Fédération française de hockey sur glace et la fédération correspondante du Canada. Nous souhaiterions un accord entre les fédérations françaises et les fédérations canadiennes pour résoudre les problèmes d'assurances.

M. Michel Magras, président. - Quelles suggestions pourrions-nous émettre dans notre rapport ?

M. Bernard Briand. - Au-delà du coût, se pose aussi la question des responsabilités. Les fédérations française et canadienne de hockey pourraient contractualiser ; elles appartiennent à la même fédération internationale. Il faudrait pouvoir être assuré dès lors qu'il y a une affiliation à une fédération. Cela permettrait notamment au président bénévole de moins engager sa responsabilité.

M. Michel Magras, président. - Dans le statut de Saint-Pierre-et-Miquelon, ne faudrait-il pas prévoir une disposition qui permettrait aux sportifs de l'archipel de se présenter sous la bannière de la France ?

M. Éric Seguin. - Certaines fédérations internationales n'autorisent pas la double affiliation. C'est le cas de la boxe. La question pourrait être examinée sous un autre prisme. Pour quel motif le fait de n'être affilié qu'à la fédération française ferait-il obstacle à la participation à des compétitions internationales régionales ? Quand la fédération internationale de la discipline le permet, il faudrait pouvoir disputer des compétitions régionales sans double affiliation.

M. Michel Magras, président. - Les résultats sportifs de Saint-Pierre-et-Miquelon sont aussi des résultats français.

Mme Gisèle Jourda, rapporteure. - Nous avons la chance d'entendre deux jeunes femmes, l'une qui a pris la voie de la filière d'excellence sportive, l'autre qui est très active au sein de son club. Aux niveaux des associations sportives et de celui des licenciés, quelle est la place du sport féminin à Saint-Pierre-et-Miquelon ? Pourriez-vous nous donner quelques précisions sur la fête du sport de 2018 ?

M. Éric Seguin. - La fête du sport est un dispositif national, piloté par le CNDS. Elle aura lieu du 21 au 23 septembre. Le CNDS demande à chacun des territoires de se mobiliser dans l'esprit olympique de Paris 2024. C'est un événement qui a pour vocation de se pérenniser dans le temps, à l'instar de la fête de la musique.

Mme Gisèle Jourda, rapporteure. - Profiterez-vous de cet événement pour mettre en avant certaines de vos particularités ?

Mme Françoise Chrétien. - Hier, lors de notre première réunion, nous avons intégré dans l'organisation de la fête du sport une association qui regroupe des représentantes des continents africain, asiatique et de Polynésie. Cette initiative sera déployée sur Miquelon et à Saint-Pierre.

M. Michel Magras, président. - À Saint-Barthélemy, nous avions un dispositif plus lourd d'aide aux déplacements, de gratifications personnelles. Nous avions envisagé de copier votre bourse d'excellence, particulièrement intéressante. Pourriez-vous nous donner des exemples concrets ?

M. Bernard Briand. - En réponse à la sénatrice de l'Aude, je préciserai tout d'abord que sur l'archipel nos pourcentages de licenciés sont identiques aux statistiques nationales : 39 % de femmes et 61 % d'hommes.

En ce qui concerne les bourses territoriales d'excellence, des appels à projet sont lancés sur l'ensemble des réseaux locaux et sur SPM 1ère. Le projet est validé en amont par l'Office territorial de la jeunesse, des sports, de la culture et des loisirs (OTJSCL), constitué de représentants des élus des trois collectivités et du mouvement associatif et sportif. Ces derniers, majoritaires, sont au nombre de 6 sur un total de 10 personnes. Les dossiers sont transmis à la commission. Le vote a lieu à bulletin secret. Il y a une bourse pour la culture (12-25 ans) et deux bourses pour le sport (12-17 et 18-25 ans) avec une enveloppe globale de 10 000 euros et un montant plafond d'un peu plus de 3 000 euros par bourse. Ces bourses sont distinctes de celles évoquées précédemment par Mme Siosse en faveur des athlètes reconnus par le ministère des sports.

M. Michel Magras, président. - Cette seconde bourse est-elle pluriannuelle, en fonction du projet personnel ? Les documents relatifs à la bourse d'excellence sont-ils accessibles ?

M. Bernard Briand. - Elle est pluriannuelle à partir du moment où l'athlète est sur une liste reconnue par le ministère des sports. Tous les ans, il peut obtenir 4 000 euros. Nous vous ferons parvenir les documents relatifs à la bourse d'excellence.

M. Michel Abraham, président du comité régional de taekwondo. - Je suis délégué de la Fédération française de taekwondo pour les outre-mer et je vois donc ce qui se passe dans les diverses collectivités. À La Réunion, l'aide aux sportifs de haut niveau dépend du préfet. Il n'y a pas d'équivalent à Saint-Pierre-et-Miquelon. La Réunion propose également une aide à la performance, annuelle, qui permet d'avoir des billets d'avion pour la métropole ou d'acheter du matériel. Quand un sportif monte sur un podium, une somme qui varie entre 160 et 2 300 euros lui est versée. Une somme forfaitaire de 400 euros est versée aux jeunes athlètes de 12 à 18 ans qui participent aux championnats de France et à leurs coaches. Depuis le 28 avril 2011, les ligues de Martinique et de Guadeloupe de taekwondo ont obtenu l'autorisation de leur fédération de participer aux championnats du monde et à la coupe du monde. À La Réunion et à Saint-Pierre-et-Miquelon, nous ne le pouvons pas ! Nous avons participé trois fois à la coupe du monde des pays francophones. Nous souhaiterions bénéficier, comme certains départements, de la double affiliation. L'harmonisation de toutes les aides serait une bonne idée.

Mme Christiane Macé. - Les problématiques du judo ne sont pas les mêmes. Les championnats d'Europe auront lieu à Glasgow en juin. La Fédération française de judo nous a aidés pour notre inscription. Ludivine Quédinet a terminé 3e du championnat de France de judo il y a deux ans et, lors de ses études, elle a été vice-championne de France universitaire.

M. Michel Magras, président. - Les situations des départements d'outre-mer et des collectivités d'outre-mer sont différentes. Il est difficile de bénéficier des mêmes avantages. Il faut également tenir compte de la démographie. La Réunion comprend 850 000 personnes. La Guadeloupe et la Martinique relèvent également du droit commun. Nos collectivités ayant demandé une part d'autonomie ne peuvent pas demander de bénéficier exactement des mêmes avantages. Si l'on se base sur le principe de l'égalité réelle, il importe de savoir si les moyens qui nous ont été transférés nous permettent la même générosité.

M. Bernard Briand. - Vous avez évoqué une verticalité entre les fédérations et les associations, parfois avec l'entremise d'une ligue ou d'un comité. Pour la vitalité du tissu associatif, il faut que les fédérations prennent leurs dispositions pour permettre aux cadres fédéraux de venir former les bénévoles, les éducateurs et les licenciés. Chaque fédération passe une convention avec le ministère des sports. Il faudrait que celle-ci permettent aux cadres fédéraux mis à disposition de se déplacer en outre-mer.

M. Michel Abraham. - Il est compliqué d'accueillir un cadre technique. Nous avons demandé un cadre à notre fédération de taekwondo et on nous a opposé des restrictions budgétaires.

M. Bernard Briand. - La présence d'un cadre pendant une semaine, que ce soit en taekwondo ou en football, dynamise à chaque fois l'association. C'est ce qui se passe par exemple pour le judo.

Mme Christiane Macé. - Les jeux de la francophonie seront organisés en 2021 au Canada, très près de chez nous. Il y aura une seule délégation française, essentiellement métropolitaine, alors que plusieurs provinces canadiennes seront représentées. Les sportifs canadiens seront représentés à travers trois entités : le Canada, la province du Québec et la province du Nouveau-Brunswick. La France d'outre-mer ne sera pas représentée en tant que telle.

M. Michel Magras, président. - Les guadeloupéens participent de plus en plus aux compétitions de la CONCACAF, en tant que représentants de la Guadeloupe. C'est l'hymne national qui accueille leurs bons résultats. Nos wallisiens nous disaient leur plaisir d'entendre la Marseillaise quand ils montent sur le podium.

Je vous remercie tous pour votre participation.